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Christophe Kuchly, Julien Momont et Raphaël Cosmidis

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Jack the ripper

Prix NBA de la Ligue 1 2015/16 : le vote

Deuxième édition de notre adaptation des récompenses NBA à la Ligue 1. L'occasion de désigner le MVP de notre championnat, mais aussi de valoriser des joueurs de l'ombre.

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En NBA, c’est plié, on sait depuis longtemps qui sera sacré MVP de la saison régulière. Un indice: c’est le même fou furieux que l’an dernier, il tourne des pubs avec Barack Obama et l’état de sa cheville suscite autant d’inquiétude chez ses fans qu'un contrôle fiscal chez Lionel Messi (non, on déconne). Alors qu’en Ligue 1, il y a encore débat, vous allez voir.

 

Quoiqu'il en soit, regarder le championnat de France sous le prisme des récompenses du basket américain permet de mettre en lumière des joueurs qui seront exclus des traditionnelles cérémonies de fin de saison alors qu'ils nous ont beaucoup plu. Si le basket, surtout aux États-Unis, est le plus individualiste des sports collectifs, il n’oublie pas de distinguer les seconds rôles, les travailleurs de l’ombre, les petits nouveaux. Alors, pourquoi pas nous?

 

Précision dictatoriale: le vote, qui se terminera vendredi 29 avril à 23h59, heure de Saint-Jean-de-Cuculles, pour ne pas empiéter sur le lancement de l’élection du Ballon d’Eau Fraîche 2015/16 (yay!), sera pondéré par un jury interne à la rédaction des Cahiers du football (oui, il y a encore une rédaction des Cahiers du football, on résiste). Après le vote des deux corps électoraux, chaque joueur recevra de cinq à un point en fonction de ce classement. Les points seront additionnés, et en cas d'égalité, celui qui aura reçu le plus de votes du public primera. Cette méthode évitera au passage que les lobbys de supporters influent trop sur le vote. Merci de votre compréhension. Comme l’an dernier, vous pouvez évidemment nous insulter en commentaire si nos choix ne vous conviennent pas.

 

 

Most valuable player

Tenant du titre: Alexandre Lacazette

Nommés: H. Ben Arfa (Nice), L. Diarra (Marseille), A. Di Maria (Paris), Z. Ibrahimovic (Paris), A. Lacazette (Lyon)

 

Désigner un MVP, le “most valuable player” c’est prendre en compte un aspect très important: l’impact du joueur sur son équipe. Forcément, celui-ci est moindre dans un sport qui se joue à onze qu’à cinq, mais il y a tout de même des formations qui souffrent plus quand un de leurs cadres est absent. Pour composer la liste, on est obligé, comme en NBA, de considérer en premier lieu le bilan de l’équipe. Même si ce n’est pas que de leur faute, les garçons qui brillent dans des formations de bas de tableau sont entourés de deux préjugés: d’abord qu’ils ont peut-être une part de responsabilité dans les mauvais résultats, ensuite qu’ils sortent du lot parce qu’ils sont entourés de partenaires médiocres.

 

 

Il y a pourtant un joueur dont la présence s’impose: Lassana Diarra. Le milieu de terrain marseillais allie l’esthétique du geste à l’efficacité et, vu son poste, ne peut pas être tenu responsable de nombre des maux de l’OM. D’autant que, sans lui, le jeu marseillais est encore moins cohérent. Pas étonnant que Didier Deschamps l’ait rapidement rappelé et que sa présence à l’Euro semble indispensable, même si les problèmes physiques dont il souffre depuis quelques semaines nuancent un peu le bilan d’une saison mieux commencée que finie.

 

Les autres jouent le haut de tableau. Zlatan Ibrahimovic, le premier à dépasser les trente buts en Ligue 1 depuis quarante ans, semble par séquences beaucoup trop fort pour la France (et certes souvent pas assez fort pour l’Europe), capable de tromper les défenses les plus regroupées sur une inspiration. Comme son partenaire Angel Di Maria, il est passé à côté de son quart de finale de Ligue des champions mais est une classe au-dessus à l’échelle domestique. L’Argentin, qui tourne en “double double” (dix buts, douze passes décisives), fut le plus régulier des autres Parisiens.

 

Le revenant Hatem Ben Arfa, jamais autant en verve dans l’efficacité, est sur le podium des meilleurs buteurs – une rareté pour un joueur qui n’est pas numéro 9 – et contribue avec fracas au changement de statut de l’OGC Nice, machine bien réglée dont il est l’élément imprévisible. Alexandre Lacazette enfin, s’il a commencé piano, termine la saison en trombe, portant des Lyonnais longtemps moribonds vers la Ligue des champions.

 

 

 

 

Most improved player

Tenant du titre: Claudio Beauvue

Nommés: N. De Préville (Reims), V. Germain (Nice), R. Ghezzal (Lyon), V. Koziello (Nice), D. Sidibé (Lille)

 

On rappelle rapidement le concept particulier du MIP: il “consacre le joueur qui a le plus travaillé, celui qui a fait le plus grand saut de qualité, celui qui, littéralement, a le plus ‘progressé’, écrivions-nous si brillamment l’an dernier. En général, les plus grandes évolutions se font au début d'une carrière. En NBA, néanmoins, ce prix est parfois attribué à des joueurs dans la force de l’âge.” Claudio Beauvue fut ainsi, à vingt-sept ans, le premier récipiendaire après sa saison 2014/15 prolifique (dix-sept buts) à Guingamp.

 

 

Pour cet exercice, toutefois, tous les prétendants émargent en dessous de vingt-six ans. Commençons avec Djibril Sidibé: sa progression n’est pas la plus fulgurante, elle est juste la suite logique d'une ascension constante depuis son arrivée au LOSC. L’ancien Troyen a gommé ses errements défensifs tout en devenant un atout offensif de plus en plus efficace (quatre buts cette saison), presque plus à gauche en faux pied qu’à droite, ce qui est suffisamment rare pour être signalé.

 

Rachid Ghezzal, joueur de complément qui n’avait pas marqué en pro depuis 2013, est devenu un élément important de l’Olympique lyonnais dans un style très simple mais très actuel: dribble intérieur, accélération et frappe. Un faux pied qui n’est pas encore du niveau d’Arjen Robben mais fait planer une menace constante. Avec six buts dont cinq depuis la nouvelle année, ainsi que sept passes décisives, ses temps de passage sont très intéressants. Vincent Koziello, on a pu l’oublier, avait une petite expérience de la Ligue 1 avant le début de saison, avec sept matches dont trois titularisations. Impossible toutefois de deviner qu’il prendrait une telle ampleur, au point de former avec Seri et Mendy l’un des meilleurs milieux du championnat.

 

Devant lui, Valère Germain s’est épanoui dans un système à deux attaquants fait pour lui, et son efficacité devant le but s’en est sensiblement ressentie (douze buts). Enfin, le Rémois Nicolas De Préville est devenu un titulaire indiscutable cette saison, un nouveau statut bien justifié par deux records en carrière (avec encore trois matches à jouer): six buts et neuf passes décisives (impliqué dans 39% des buts rémois). Si les Champenois descendent, lui devrait bien rester dans l’élite.

 

 

 

 

 

Joueur défensif de l’année

Tenant du titre: Jérémy Toulalan

Nommés: V. Enyeama (Lille), L. Diarra (Marseille), M. Le Marchand (Nice), S. Mandanda (Marseille), T. Silva (Paris)

 

Pas besoin d’expliciter le sens de cette catégorie, qui met forcément en valeur des joueurs à vocation défensive. Après avoir hésité, le jury a inclus Lassana Diarra dans la liste, lui qui est déjà dans celle de MVP, rien n’interdisant une présence multiple en NBA – en plus, cela aide pour une fois un élément non-offensif. La présence de Thiago Silva était incontournable, le Brésilien ayant, comme à son habitude, muselé la grande majorité des attaquants qu’il a eus face à lui. Sans extravagance, avec simplement cette habitude du geste juste et autoritaire. Si peu d’équipes ont su bousculer Paris et que la performance semble plus facile que l’an dernier, il reste le taulier de la charnière, peu importe le partenaire.

 

 

À l’inverse, Steve Mandanda a eu l’occasion de briller chaque semaine tant il a été abandonné par ses partenaires. On pourra arguer qu’en étant sans cesse sollicité, un gardien multiplie ses chances de briller et se met dans le rythme. Le fameux syndrome Bernardoni. C’est sans doute un peu vrai, mais rares sont les portiers qui ont maintenu un tel niveau semaine après semaine, surtout dans un contexte aussi compliqué et sans abandonner leur rôle de capitaine. Vincent Enyeama, lui, a continué ses exploits routiniers (sur sa ligne, au moins), même quand le LOSC était en difficulté sous Hervé Renard et encore quand Frédéric Antonetti est venu redresser la barre. Cela vaut ce que cela vaut, mais le Nigérian est en tête du classement des notes des gardiens de L’Équipe.

 

Maxime Le Marchand, lui, est l’une des révélations de la saison, récoltée en Ligue 2 par Nice. Un défenseur élégant et solide dans les airs, intelligent et habile dans la relance grâce à un bon pied gauche. Parfait pour une équipe joueuse.

 

 

  

 

 

 

Rookie de l’année

Tenant du titre: Bernardo Silva

Nommés: O. Dembélé (Rennes), M. Le Marchand (Nice), C. N'Doye (Angers), A. Ounas (Bordeaux), Y. Salibur (Guingamp)

 

Puisque le trophée américain récompense les joueurs qui disputent leur première saison dans la Ligue, peu importe leur âge et leur expérience passée, on a décidé de faire pareil en incluant également ceux qui ont une expérience en Ligue 2 – mais pas s’ils ont connu l’élite dans un autre championnat. C’est le cas de Cheikh N’Doye, qui arrivait avec un bon bagage mais a largement dépassé les attentes, à la fois dans le volume à la récupération mais surtout dans la capacité à marquer des buts, certes sur coups de pied arrêtés.

 

 

Symbole d’une équipe angevine bien mieux construite et équilibrée que ses deux compères de montée, il est accompagné par le prodige (et pour une fois, le mot ne semble pas trop fort) Ousmane Dembélé, et le percutant Adam Ounas, dont on avait évoqué le cas dans notre article sur les espoirs de Ligue 1 et qui ont confirmé le bien qu’on pensait d’eux dans les catégories inférieures. On retrouve également le Niçois Maxime Le Marchand, qui a su aisément élever son niveau de jeu de la L2 à la L1, comme Laurent Koscielny avait pu le réussir avant lui. 

 

Le Guingampais Yannis Salibur était lui presque inéligible: ses 41 minutes en cinq matches de la saison dernière auraient pu le faire basculer dans la catégorie MIP. On a néanmoins qu’il partait quand même de zéro cette saison (et on avait déjà un peu pris cette liberté avec Bernardo Silva la saison dernière). L’ancien compère d’Eden Hazard chez les jeunes du LOSC éclot enfin à son tour (sept buts, six passes décisives). Jean Michael Seri et Ricardo Pereira sont eux malheureusement hors concours, car ils avaient déjà plusieurs saisons de première division portugaise derrière eux à leur arrivée en Ligue 1.

 

 

 

 

Sixième homme de l’année

Tenant du titre: Michy Batshuayi

Nommés: K. Grosicki (Rennes), Lucas (Paris), S. Camara (Montpellier), R. Ghezzal (Lyon), J. Siébatcheu (Reims)

 

Kamil Grosicki est le super sub de cette saison 2015/16: personne n’est plus entré en jeu cette saison que l’ailier polonais du Stade rennais (dix-neuf fois). Il est aussi le remplaçant le plus prolifique, avec six buts inscrits en sortie de banc. Seul le Rémois Jordan Siébatcheu est entré aussi souvent (pour six titularisations à peine), et il avait commencé fort avec trois buts et une passe décisive en entrant en jeu sur les cinq premières journées. Mais depuis, il n’a plus été décisif.

 

 

 

Rachid Ghezzal est nominé pour la deuxième fois, lui qui a été décisive à quatre reprises en entrant en jeu cette saison (un but, trois passes décisives), certes lors de trois défaites de l’OL. Mais sa présence se justifie aussi par le fait qu’il a su porter son équipe lorsqu’il est entré dans le XI début 2016, profitant d’une blessure de Mathieu Valbuena. De son côté, le Brésilien Lucas a inscrit trois de ses huit buts en L1 en sortant du banc, lui qui a même fini par gagner sa place de titulaire aux dépens d’Edinson Cavani.

 

Enfin, comment ne pas inclure Souleymane Camara, qui a vécu une large partie de sa carrière dans ce rôle de joker, grâce à sa polyvalence et son état d’esprit irréprochable. Cette saison, le Montpelliérain a certes été plus souvent titulaire (dix-neuf fois) que remplaçant (onze fois), mais il a marqué quatre buts (sur six) et délivré une passe décisive (sur quatre) en entrant en jeu.

 

Auraient également pu être nommés pour leur statut plus que pour leur efficacité: Jérémie Boga (Rennes, six titularisations pour dix-huit entrées en jeu), Adrien Regattin (Toulouse, dix-huit entrées en trente-et-une apparitions) ou Jordan Adéoti (Caen, quinze titularisations, quinze entrées en jeu).

 

 

 

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