auteur
Salif T. Sacha

Du même auteur

> article suivant

Drôle de fair-play

> article suivant

Sous la Coupe de Memphis

> article précédent

Décompte à rebours

> article précédent

Aulas et Martel, vedettes à Davos

Pourquoi l'OM va perdre à Bolton

Notre envoyé spécial s'est rendu à Highbury ce week-end pour observer l'adversaire de l'OM, ce soir en coupe UEFA. Prenant tous les risques, il nous explique à l'avance les raisons de la défaite marseillaise…
Partager

À la lecture de la composition d'équipe, il est bien difficile de contenir un gloussement: ô joie, le grand Bruno est bien titulaire! Imaginer le N'Gotty pataud qui a quitté Marseille essayer de contenir sa majesté Thierry Henry en son domaine est jubilatoire: ça va être une boucherie.
Bolton, vu de ce côté de la Manche, c'est un fourre-tout incohérent, plus proche d'un cimetière pour ex-gloires défaillantes de Ligue 1 alléchées par l'odeur du dernier contrat juteux, que du club mythique rodé aux joutes continentales. C’est un de ces nombreux clubs anglais qu’on serait bien en peine de situer sur une carte, et dont la réputation de mouroir ferait soutenir mordicus à n’importe quel fan que c’est sous ses couleurs que Dugarry a terminé sa carrière. Un club qui tombera vite dans l’oubli, à l’image de son homonyme Michael. Et pourtant…



Un vrai gardien de but
L'organisation de Sam Allardyce, un 4-4-2 des plus classique, dégage une impression de solidité que confirment ses performances depuis le début de la saison: meilleure défense du Royaume de Sa Majesté derrière les deux coffres-forts de Mourinho et Benitez. Aux côtés d'un N'Gotty rayonnant dans le secteur aérien, Tal Ben Haïm fait montre d'une belle autorité malgré son jeune âge, et les latéraux, notamment l'explosif Ricardo Gardner à gauche, se prêtent aux phases offensives avec un certain talent. Cette défense surpuissante se déplace cependant à la vitesse de son libéro, ce qui devrait laisser quelques opportunités aux perforations d'Oruma et Ribéry. Mamadou Niang devra néanmoins se montrer efficace dans la finition car, mauvaise surprise, cette équipe anglaise là est dotée d'un vrai gardien de but: Jasskelainen. Noté 9/10 par la presse londonienne ce dimanche, il a multiplié les prouesses face à la détermination grandissante des Gunners, ne cédant que sur une volée à bout portant de Gilberto à la 94è minute de jeu.


Bolton a son Ribéry
Au milieu, c'est du teigneux à l'ancienne: Nolan et Faye pressent sans relâche, et peuvent faire virer au rouge un Ribéry à n'importe quel moment du match, distillant un tacle savant directement ressorti des seventies. La maîtrise du renard Kevin Nolan sera d'ailleurs l'un des enjeux de la rencontre, ce dernier étant dans tous les bons coups de l'équipe dont il est le "striker" le plus régulier cette saison. Et si Nakata devient de plus en plus impuissant à la création, il regarde le plus souvent Okocha distiller ses merveilles de transversales depuis le banc de touche. À la retombée, c'est la catastrophe: Bolton a son Ribéry! Vif, technique, très actif. On frémit à l'idée de voir le feu follet Jansen lâché au cœur de la défense olympienne. Par bonheur, Allardyce lui préfère "El Diouf" et Davies, rivalisant de transparence à chaque sortie. Cette ligne d'attaque stérile constitue la seule vraie faiblesse de Bolton. Trop peu de répit pour un OM qui devra subir les percées déterminées de toute une équipe qui, elle, ne se pose pas la moindre question.

On croyait bien rigoler et c'est finalement les genoux tremblants que l'on quitte Highbury. Bolton est taillé pour faire sombrer l’OM au Reebok Stadium, alliant un savant mélange de vice, de technique et d’impact physique. Marseille devra cesser de jouer sur son potentiel et montrer enfin ce qu’elle a dans le ventre pour s'offrir l'espoir d'un match retour à enjeu, car il est une évidence: le Bolton qui a joué samedi contre Arsenal est largement supérieur à l’OM qui fait pâle figure en L1 ces dernières semaines.
Prévoyez des éponges pour Jean Fernandez: ça va être beaucoup plus compliqué que prévu.

Partager

> sur le même thème

Good tripes

Les coupes européennes


Jérôme Latta
2018-11-05

Super Ligue, la fin du super bluff ?

Le chantage des clubs riches auprès de l'UEFA repose depuis vingt ans sur la menace d'une ligue privée. Le projet d'une "European Super League", révélé par les Football Leaks, semble plus concret que jamais. 


Jérôme Latta
2018-09-18

Compétitions partout, football nulle part

Une Balle dans le pied – Ligue des nations, troisième coupe d'Europe: le football multiplie les compétitions, sur un modèle inégalitaire. Au service des profits, pas de l'intérêt général. 


BIG
2018-05-27

Kiev, un soir de printemps (2018, UEFA Productions)

La finale de la Ligue des champions appelle plus qu'un compte-rendu: une critique de cinéma sur cette "épopée perverse dans les steppes ukrainiennes".  


>> tous les épisodes du thème "Les coupes européennes"

Sur le fil

Il ne fallait pas croire qu’un match de foot féminin échapperait au plan pipe sur les patrons de Canal+ en tribune.

RT @DamienDole: N'empêche, je veux bien entendre tous les trolls que vous voulez sur la nouvelle tifoseria parisienne et le @Co_Ultras_Pari…

La Revue de stress ne coupe pas les cheveux en quatre. Le meilleur et le pire de la semaine: https://t.co/PlgGHKzL9q https://t.co/GLJa6jdsTf

Les Cahiers sur Twitter

Les brèves

Chapecoense 2

"Foot - L1 : Inattendu sommet." (lequipe.fr)

Futur taulier

"Neymar risque jusqu'à 6 ans de prison." (ouest-france.fr)

Ruddy Bukkake

"Arbitrage : ‘J'en ai pris plein la tronche’." (lequipe.fr)

Droit au mur

“OM : Une attaque sans tête.” (lequipe.fr)

Mou Walk

"Le car de MU encore bloqué, Mourinho finit à pied." (lequipe.fr)