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Salif T. Sacha

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Fautes ! (de langage)

Pour une Ligue 1 à la mode argentine

Faut-il importer chez nous le championnat à deux temps en vigueur dans le pays de Messi? La formule ouverture / clôture trouve un avocat sur ces pages...
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Vu d’ici, la formule du championnat argentin laisse franchement dubitatif. Les matches aller constituent un tournoi d'ouverture indépendant des matches retours qui composent un tournoi totalement autonome dit de clôture. Deux champions sont ainsisacrés chaque année, sans qu’on ne cherche à les départager par une confrontation finale. Quelle crédibilité accorder, alors, à une saison qui livre deux champions, sans que chacun se soit opposé sur sa pelouse et sur celle de l’adversaire dans une même compétition? Pourtant, personne ne songerait à remettre en question la légitimité d’un champion du monde en prétextant qu’il est désigné au terme d’un tournoi organisé sur le principe de l’élimination directe – formule on ne peut plus aléatoire. Mais là n’est pas la question.


Deux quartiers d'orange

La question, nous la poserons sous cet angle: l’instauration d’un tournoi d’ouverture et de clôture, ne serait-elle pas de nature à dépoussiérer notre bonne vieille Ligue 1 bien plus efficacement que tous les classements de l’offensive ou autre championnat des tribunes? La transposition de cette formule de championnat sur la saison de Ligue 1 écoulée apporte son lot d’enseignements.

« Tournoi d’ouverture »
1. Lyon 50 pts
2. Lens 35 pts
3. Sochaux 33 pts
4. Saint-Étienne 31 pts (+8)
5. Lille 31 pts (+8)
6. Marseille 30 pts
…/…
18. Troyes 17 pts
19. Nice 16 pts
20. Sedan 13 pts

Certes, la première phase aurait consacré le parcours exceptionnel de l’Olympique lyonnais, comme notre long championnat finira par le faire quelques semaines avant sa trente-huitième journée. Mais ce que tous avions compris dès la dixième journée lors de la fessée infligée par l’OL à son dauphin du moment au Vélodrome (1-4), c'est-à-dire l’inéluctabilité de la supériorité rhodanienne, la Ligue 1 ne l’aurait pas traîné comme un boulet pendant les trois derniers quarts de la saison. Lyon aurait été champion du tournoi d’ouverture en fin d’année civile – et quel champion! – et les compteurs auraient été remis à zéro pour aborder une deuxième phase palpitante.

« Tournoi de clôture »
1. Marseille 34 pts (+9)
2. Toulouse 34 pts, (+6)
3. Rennes 32 pts
4. Lyon 31 pts (+8)
5. Monaco 31 pts, (+5)
6. Auxerre 31 pts (+4)
…/…
18. Lille 19 pts
19. Saint-Étienne 18 pts
20. Nantes 17 pts


Un final dément

Les observateurs se sont époumonés pendant de longs mois pour se plaindre du manque d’intérêt du championnat. Aucun d’entre eux n’aurait pu tenir ce discours, au-delà du mois de décembre, avec une Ligue 1 à la mode argentine. Chaque journée aurait été assortie d’émotions fortes, dans un championnat au couteau de la première à la dernière journée. La dernière serait même resté gravée dans les mémoires comme aucune n’a éveillé les passions en Ligue 1 depuis le but de Feindouno dans les arrêts de jeu de la dernière journée du championnat 99. Avec Marseille, Toulouse et Rennes comptant le même nombre de points (31), ainsi que Lyon, Monaco et Auxerre en embuscade à trois points seulement, l'ultime soirée du tournoi de clôture 2007 aurait été absolument démente.

Le consensus autour des belles émotions vécues lors de la dernière journée de L1 – pour peu que l’on ne fut pas supporter rennais – ne prêterait-il pas à sourire en comparaison de la folie qui aurait accompagné le dénouement d’un tournoi de clôture, proposant un enjeu ô combien plus savoureux qu’une misérable troisième place au classement général?
La passion de la 38e journée de Ligue 1, décuplée et vécue deux fois par an, n’est-ce pas tentant, à la réflexion? D’ailleurs, les supporters argentins ne puisent-ils pas dans cette formule de championnat une partie de leur inégalable ferveur?


Nantes sauvé ?

Outre la belle dynamique offerte à la compétition, cette formule présenterait l’avantage de tuer dans l’œuf l’incohérence d’un mercato de mi-saison navrant, capable de défigurer les participants d’une compétition au beau milieu de son déroulement... Ses autres effets nocifs persisteraient, mais ils seraient déjà plus acceptables si le mercato était calé entre deux tournois distincts.
Accessoirement, la relégation du FC Nantes en Ligue 2, que tant déplorent aujourd’hui, n’aurait rien eu, avec la formule argentine, de la fatalité à laquelle nous avons assisté tout au long de cette saison interminable. Les relégations se jouent en effet sur trois saisons: un classement de descente prend en compte les résultats des six derniers tournois et les deux derniers de ce classement sont relégués au terme du tournoi de clôture.
Un raté deviendrait dès lors plus supportable pour les clubs qui, paradoxalement, pourraient être encouragés à travailler davantage sur des politiques sportives à long terme avec une compétition resserrée. Quant au niveau général du championnat, il se verrait inévitablement rehaussé par cette limitation de l’aléa sportif, consistant à rétrograder les clubs les moins performants sur une longue période.

Pareille révolution culturelle induirait la mort des matches sans enjeu, des émotions décuplées qui auraient fatalement une influence bénéfique sur le jeu, une clarification des effectifs pendant le déroulement d’une compétition, et un système de relégation plus juste. Qu’est ce qu’on attend, en fait?
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Tabloïd, numéro 4

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