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Jamel Attal

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Les bonheurs de Sophie

Plutôt idéaliste que mort

Un des messages déposés sur le forum nous a fait quelques reproches sur le thème de la morale idéale que comme tous les autres médias, les Cahiers défendraient aveuglément. En effet, le risque existe bien qu'à force de défendre par principe un jeu exempt de toute tricherie ou violence, on sombre dans un certain angélisme très éloigné de la réalité, et surtout très irréaliste… L'occasion d'un débat.
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L'intéressant message laissé par "Jérôme" le 19 avril, suite à l'affaire OM-Monaco, argumente avec une certaine justesse contre le positivisme ambiant qui voudrait que les rencontres de football se déroulent dans le respect absolu des règles et de l'esprit, oubliant que le jeu n'est pas un sanctuaire préservé des vicissitudes ordinaires.
Pour notre défense, il peut être dit d'abord qu'à la différence de nombre de nos confrères nous appliquons à tous les sujets les mêmes principes critiques, et que les incidents marseillais (comme d'autres que nous avons évoqués) ne nous servent pas de démonstration occasionnelle de civisme. Ceci au moins devrait nous préserver de visions à la manière de David Hamilton ou d'un "meilleur des mondes aux couleurs pastel".
Il ne s'agit effectivement pas d'ignorer la partie cachée (invisible à l'œil télévisuel) des matches, et la dimension psychologique pas toujours très glorieuse de l'affrontement sportif. Fermer pudiquement les yeux sur des gestes ordinaires puis hurler lorsqu'ils deviennent trop visibles n'est pas une démarche très productive. On comprend bien l'attachement qu'a pu avoir notre visiteur pour la virile équipe de Toulon des années 80, et sa défense d'un football à l'image de la vie, dont la valeur découle de cette capacité à représenter simultanément le Vice et la Vertu. La vision du football défendue ici sera évidemment moins tolérante, tant il apparaît que le sport ne peut survivre à une trop grande "corruption", quelle qu'en soit la nature. On doute ainsi que le football ait réellement intérêt à s'inspirer des travers du rugby et du hockey, que le jeu gagne en intérêt lorsqu'il tourne à la bagarre de rue. Dans le même ordre d'idée, on préférera voir l'attaquant filer au but plutôt que fauché par un tacle illicite, un défenseur s'imposer sans les coudes et sur le terrain, pas dans le couloir.
La question est celle des limites imposées à ces comportements, et donc des sanctions qui viennent les rappeler. Dans le cas évoqué, il est clair que ces limites ont été outrepassées largement, même si l'on s'en tient au minima des faits reconnus. Par parenthèse, rien de ce qui a été stigmatisé dans ces pages n'a d'ailleurs approché en gravité les faits rapportés dans L'Equipe magazine du 22 avril.

Mais c'est sur le fond du problème que nous nous séparerons le plus du discours de Jérôme. Il semble en effet condamner définitivement tout idéalisme, et cette condamnation s'accompagne d'un fatalisme auquel nous ne voulons surtout pas nous résigner. Car l'acceptation d'une certaine violence marche souvent main dans la main avec l'acceptation de la fatalité du foot business ou du dopage. Sans souscrire nécessairement et benoîtement à la morale convenue du sport-modèle éducatif et social, on peut gagner en sens critique si on ne baisse pas les bras devant l'inéluctabilité présumée de ces évolutions. On y gagne aussi une capacité accrue de lutter contre les dérives les plus évidentes et au moins de ne pas en être totalement dupe.
Il y a ainsi une nuance entre croire dévotement en la réalisation de l'idéal et tendre résolument vers celui-ci, sans illusion mais avec des principes. Alors le dicton chinois cité par notre visiteur, qui "définit la sagesse comme le renoncement aux idéaux" vaut à nos yeux ce que valent les dictons: pas tripette. Surtout s'il justifie une certaine nostalgie pour… les jeux du cirque des Romains, "qui avaient bien compris ce que doit proposer un spectacle populaire, eux qui offraient des combats entre bêtes sauvages et gladiateurs". Pour cela, il y a déjà le cinéma américain, non? Et tant qu'à remonter à l'Antiquité, pourquoi ne pas s'inspirer plutôt de l'olympisme des Grecs?
Merci en tout cas pour cette contribution, en espérant que d'autres contradictions viendront sur le forum…

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> déconnerie

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La rédaction
2019-10-22

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On ne s'arrête pas là ! Les trois premiers épisodes de la revue des Cahiers veulent leur suite. Pour trois nouveaux numéros et en profiter au meilleur prix, pour obtenir les meilleurs goodies, soucrivez


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