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Jules Rimait

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Souviens-toi l'Euro 2000

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Parce qu'ils le méritent et parce qu'on les aime, passons en revue nos champions d'Europe. 22 vignettes de 1 à 22, dans le désordre et dans la joie… (première partie)
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20
David Trezeguet avait marqué contre l'Islande le but qui qualifiait les Bleus à l'Euro, et par une boucle du destin, il a récidivé à la conclusion du tournoi. Son sort était pourtant incertain au début de ce mois de juin, avec l'émergence d'Henry, le retour d'Anelka, la concurrence de Wiltord et Djorkaeff pour le statut de joker… Il a su mettre le couvercle sur son impatience, s'abstenir de lancer ses petites phrases assassines et attendre son heure. Et quelle heure! Les Juventini qui pouvaient l'ignorer encore viennent juste de recevoir sa carte de visite…

21
Pour que Dugarry achève totalement la "rédemption" dont nous vous parlions récemment, il lui aurait fallu réussir un plus grand match en finale, où il a fourni quelques approximations à ses détracteurs mais comme à son habitude combattu sans relâche. Qu'importe, car le Bordelais aura joué sa partition durant cet Euro, au cours duquel il aura en outre battu le record de fractures du nez.

13
Sylvain Wiltord a marqué 6 buts en 18 sélections, ce qui place déjà son ratio à hauteur d'un Djorkaeff. Mais rapportées au temps de jeu effectif, les statistiques du franc-tireur sont incomparables. Avec sa singulière désinvolture, il s'est fondu dans le groupe et dans la bande des jeunes de devant, inscrivant peut-être le but le plus important de la compétition, le plus providentiel en tout cas. Un vrai numéro 13!

3
On n'a presque pas parlé de ce Basque-là, surtout en regard d'un tournoi quasiment parfait: Lizarazu a atteint une telle régularité dans la performance qu'on oublierait de le signaler. Moins offensif qu'au mondial 98, il est resté aussi indispensable. Comme tout symbole, on gardera toujours de lui ces duels aériens gagnés face à des adversaires auxquels il rend bien 20 cm. Viva Liza!

6
Le statut de Djorkaeff a imperceptiblement changé au cours de l'Euro, et sa participation recèle toutes les contradictions du personnage. Roger Lemerre n'en a pas fait le titulaire qu'il pense être, l'excluant même de la demi-finale malgré ses deux buts importantissimes contre les Tchèques et les Espagnols. Deux buts qui ont enfin justifié une réputation de "buteur décisif" de plus en plus galvaudée ces dernières saisons, en dépit des apparences. Malgré les efforts de ses attachés de presse dans la presse (comme Pierre Ménès de L'Equipe), il ne peut faire oublier aussi facilement qu'avant sa faible participation au jeu, comme lors de cette finale. Mais Youri est si fort dans sa tête, et si habile: comme à l'habitude, il aura su se ménager une place de choix sur les photos de la victoire. Sacré Youri, on s'ennuierait sans lui.

10
Zidane vient-il de gagner de gagner son deuxième ballon d'or? Sa finale sera peut-être son moins bon match, contre des Italiens qui le connaissent mieux que quiconque, mais son Euro aura été proche de la perfection, le consacrant aux yeux de tous comme le plus grand joueur du continent. Un coup franc et un penalty pour l'histoire, des responsabilités nouvelles et bien assumées… L'avenir est encore à lui.

5
Qui se souvient que Laurent Blanc fût longtemps considéré par beaucoup comme une chèvre et un éternel loser? Plus personne, surtout pas ceux qui le jugeaient ainsi. Sept années après un tacle sur Kostadinov qui était arrivé une fraction de seconde trop tard, et par un surprenant paradoxe, le libero des Bleus est devenu le symbole de leur classe absolue et son Euro n'a laissé à personne la chance de le trouver "trop lent" ou usé. Quel défenseur central peut prétendre être un tel technicien, et un tel buteur? Qui a sonné la charge à la fin d'une finale presque perdue? Le laissera-t-on vraiment prendre sa retraite internationale?

15
Cette équipe est si forte qu'elle permet même à ses membres fondateurs de ne pas être totalement à leur niveau. Impossible de parler de déception cependant pour Lilian Thuram: moins en vue dans le jeu, sa volonté et son engagement physique sont restés intacts. Pas de miracle cette année, mais une sacrée assurance pour le flanc droit des Bleus. En attendant de s'installer enfin en défense centrale, après quatre années de purgatoire sur le côté?

1
Cette fois, Bernard Lama n'a pas refusé son tour de piste lors du troisième match de poule. Tant mieux pour tous, et d'abord pour celui qui eût le sort un peu cruel (surtout pour pareil ego) d'être un des gardiens historiques de l'équipe de France avant d'être supplanté par la concurrence d'un autre petit génie… Il doit aujourd'hui comprendre qu'il est pour beaucoup dans ce long chemin qui d'un France-Bulgarie à ce France-Italie a conduit notre football au sommet… Alors, pour l'ensemble de ton œuvre, merci Bernard!

2
Vincent Candela promène l'étiquette pas très gratifiante du "remplaçant idéal", mais il a pu montrer lors de France-République tchèque toute l'importance de son rôle: prévenu vingt minutes avant le coup d'envoi, il a parfaitement suppléé Lizarazu dans un match très important. On ne sait pas si le Romain, à qui Gloria Gaynor devrait reverser 15% de ses revenus actuels, fut à nouveau le DJ du groupe, mais on lui souhaite de pouvoir un jour jouer sa propre partition.

18
Cette année, Frank Lebœuf n'aura donc pas bénéficié d'un incroyable coup du sort pour rentrer dans l'histoire, ni marqué les esprits par ses déclarations à l'emporte-pièce. Comme lui-même se considère comme un miraculé du football, passé de la D3 au Stade de France, ne doutons pas qu'il ait su apprécier ses vacances avec les Bleus. Et on gardera cette image: immédiatement après le but final, il se précipita dans les bras de Blanc pour une émouvante accolade...

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