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Gauthier B.

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Peguy la caution

Premier portrait d'une série sur les trois partants du mercato parisien, avant Hoarau et Nene: Luyindula, ne serait-ce que pour le saluer.

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Lors de ce mercato hivernal, le PSG a vu le départ de trois joueurs: Peguy Luyindula, Guillaume Hoarau et Nene. L’occasion de revenir sur la carrière de ces trois personnages importants du championnat de France ces dernières années, en commençant par le premier cité.
 


Le 19 décembre dernier, Peguy Luyindula a résilié son contrat avec le Paris Saint-Germain dans l’anonymat le plus complet, le site officiel du club parisien n’ayant jamais réellement annoncé son départ. Il faut dire que le joueur avait vu sa carrière être mise entre parenthèses depuis plus d’un an et demi, en raison de différents conflits avec son entraîneur Antoine Kombouaré, puis avec ses dirigeants, Leonardo ou Jean-Claude Blanc. Durant ce laps de temps, il n’aura fait qu’une apparition en pro: dix minutes de jeu en Coupe de la Ligue face à l’OM, en octobre dernier. Et pourtant, ce joueur qui part si discrètement, peut-être aux États-Unis, détenait encore le titre de meilleur buteur de L1 encore en activité.

 


 


D'un Olympique à l'autre

Au moment où il arrive au PSG, en janvier 2007, Luyindula traverse déjà une période compliquée. Sa carrière avait pourtant très bien commencé, suivant une progression linéaire pendant de nombreuses années. Il débute à Niort en D2 à dix-neuf ans, se fait repérer dès la première saison par des clubs de L1, et part passer trois saisons à Strasbourg où il s’affirme comme attaquant polyvalent et remporte sa première Coupe de France. Après la relégation des Alsaciens, il part à Lyon alors en pleine expansion. Joker de luxe la première saison, il devient incontournable ensuite dans le 4-3-3 de Paul Le Guen, et se mue même en principal buteur de son équipe en 2003/04, après le départ de Sonny Anderson. Ses 19 buts toutes compétitions confondues cette saison-là, sa meilleure performance d’un point de vue statistique, lui permettent d’intégrer l’équipe de France.
 

Tout va donc bien pour Luyindula qui, après trois titres de champions en trois ans à l’OL, se met en danger en s'engageant avec Marseille. Selon ses propres termes, il voulait "vivre autre chose". Il vivra effectivement autre chose, puisqu’à Marseille, il arrive en terrain miné: il doit remplacer Didier Drogba et le public, à qui l’on a promis la meilleure équipe de l’OM depuis dix ans, s’attend à voir arriver un renard des surfaces – ce que Luyindula n’a jamais été. Son séjour dans la cité phocéenne est donc compliqué, ses relations avec José Anigo aussi, et à l’été 2005, ses dix buts marqués en championnat ne pèsent pas lourd: il est demandé au joueur de se trouver un autre point de chute. Prêté à Auxerre, il effectue une saison honorable, mais n’est pas conservé par le club bourguignon puisque l’entraîneur qui arrive en 2006 dans l’Yonne est Jean Fernandez, soit précisément celui qui ne voulait plus de Luyindula à l’OM un an plus tôt.
 


Au côté de Pauleta

Après un bref transit par Marseille, Luyindula part pour la première fois de sa carrière à l’étranger, pour un fiasco complet à Levante. Il dispute douze matches sans trouver le chemin des filets et, arrivé en janvier, il résilie son contrat de prêt. Toujours indésirable à l’OM, son salut passera par Paul Le Guen, son ancien entraîneur à Lyon, tout juste nommé à Paris. Le Guen veut s’appuyer sur des joueurs qu’il connaît, et le Breton fait ainsi venir Jérémy Clément et Peguy Luyindula. Pour se relancer, Luyindula accepte même d’avoir une rémunération indexée aux résultats sportifs, nouvelle politique voulue par Alain Cayzac... qui ne sera appliquée que pour ces deux joueurs.
 

L’arrivée de Luyindula à Paris est bénéfique aux Rouge et Bleu. Le sens collectif du joueur et sa capacité à conserver proprement le ballon bonifient de façon évidente le jeu parisien, et il apparaît être un bon complément à Pedro Pauleta. Seul bémol: Luyindula se montre dans un premier temps assez discret face aux cages en se créant très peu d’occasions. Il inscrit cependant trois buts importants pour un PSG englué dans le bas du tableau: une frappe précise face au Mans, un tir croisé après un bel appel à Toulouse, et un plat du pied plein d’assurance face à Nantes et Fabien Barthez.
 

L’année qui suit est plus compliquée. Dans un PSG en lutte pour le maintien toute la saison, Luyindula ne tire pas son épingle du jeu, malgré la confiance que lui conserve Paul Le Guen: lors des rencontres à l’extérieur, il est régulièrement aligné en pointe d’un 4-3-3, au détriment de Pauleta. S’il arrive tout de même à marquer quelques buts importants de la tête, le bilan est plutôt négatif, avec des remises qui n’arrivent plus et un apport dans le jeu parisien qui devient de plus en plus difficile à déceler. Seul fait d’armes: il obtient le penalty décisif contre Lens, en finale de Coupe de la Ligue. L’exigeant Parc des Princes lui tient rigueur de son année globalement ratée et lors de la présentation de la nouvelle équipe, à l’été 2008, Luyindula est chahuté par son public.
 


Derniers éclats au Parc

Le joueur s’accroche et, s’il a peu de temps de jeu au départ de la saison 2008/09, il va profiter du turn-over pratiqué par Le Guen pour marquer les esprits. Souvent associé à Kezman en coupe de la Ligue ou en coupe d’Europe, il réalise des performances de haute volée, se montrant décisif quasiment à chaque fois. Le point d’orgue de sa carrière parisienne est d’ailleurs le match face au FC Twente. En difficulté dans son groupe, Paris doit s’imposer sur un score fleuve pour se qualifier. Luyindula inscrit ce soir-là le premier et le quatrième but de sa formation, dans un des derniers moments de folie du Parc des Princes. Les performances de Luyindula sont tellement bonnes qu’en janvier, il arrive à enchaîner plusieurs titularisations en championnat – avec des buts à chaque fois à la clé – à la place de Giuly. Polyvalent, il fait ensuite plusieurs piges en tant que milieu droit ou milieu gauche, pour pallier les suspensions de Sessegnon. En mars, il est convoqué et titularisé à la surprise générale en équipe de France, lors de la double confrontation face à la Lituanie, qualificative pour la Coupe du monde 2010. Domenech expliquera qu’il voulait pour ces matches un joueur offensif capable de naviguer entre l’aile droite et l’axe, et que la blessure de Jimmy Briand l’avait contraint à rappeler Luyindula. Il s’agira des dernières apparitions du joueur en bleu.
 

Pour la saison qui suit, Luyindula est considéré avant tout comme un remplaçant. Les blessures successives de Hoarau et Erding lui permettent toutefois de démarrer de nombreuses rencontres. S’il inscrit six buts en une demi-saison, ses performances sont moins bonnes qu’une année plus tôt. On apprendra ensuite que Luyindula était lui aussi blessé durant cette période, et qu’il avait accepté de jouer pour éviter que l’attaque parisienne ne soit complètement décimée. Une fois Hoarau et Erding opérationnels ensemble, en février 2010, Luyindula peut se faire soigner calmement, mettant fin à une série de 58 matches consécutifs joués en L1.
 


Au conflit

En 2010/11, il n’aura droit qu’à quatre titularisations en L1, mais confirmera sa réputation d’homme de coupe. Dans ces compétitions à élimination directe, il inscrit huit buts, dont plusieurs décisifs en compétition européenne. En janvier, il n’est pas titulaire lors de la demi-finale de Coupe de la Ligue à Montpellier ce qui serait, paraît-il, le début de ses relations conflictuelles avec son entraîneur. Déçu ne pas jouer, Luyindula aurait refusé de rentrer en jeu, et Kombouaré l’aurait pris en grippe à partir de ce moment-là – l'explication étant à prendre avec des pincettes. Luyindula continue toutefois à jouer ensuite, mais se blesse en mars, et n’apparaît plus jusqu’à la fin de saison.
 

Il accomplit le stage de préparation du nouveau PSG qatari, participe aux matches amicaux, avant d’être mis à l’écart du groupe: il est contraint de s’entraîner et de jouer avec l’équipe réserve de la capitale. C’est à partir de ce moment-là que la carrière de Luyindula prend un grand coup. Le joueur sollicite l’UNFP pour le défendre, décrit son calvaire dans la presse, puis attaque ses dirigeants devant les tribunaux. La situation s’apaise tout d’abord avec l’arrivée de Carlo Ancelotti, qui le réintègre à l’entraînement, puis avec une prolongation surprise de contrat que Luyindula obtient en renonçant à ses actions judiciaires.
 

Histoire finalement assez peu reluisante pour toutes les parties et probable fin de carrière française pour le joueur, qui ne doivent pourtant pas faire oublier que Luyindula a été un important animateur du championnat de France lors de la dernière décennie. Qu’au PSG en particulier, il a constitué une bouffée d’air frais dans un club filant vers la relégation et qu’il a été le principal artisan d’une inoubliable soirée européenne pour les supporters. Cela semble peu de chose aujourd’hui, pour ce PSG en passe de remporter de nombreux succès, mais cela devrait être suffisant pour que son départ soit au moins mentionné.
 

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