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Pierre Martini

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Paris pas si mal barré ?

N'ayant peur ni de ses opinions, ni des paris risqués, et malgré l'éternel stigmate de la "crise", Pierre Martini voit un avenir pour ce PSG…
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La crise en héritage Dans les réactions à la fiche du PSG, un post signé Snoopy a brillamment analysé le syndrome dont ne peut se départir le PSG, la "crise" constituant son unique héritage (lire ici). Là où d'autres clubs peuvent se prévaloir, dans les moments difficiles ou en phase de reconstruction, d'une "école" (Nantes), d'un public (Lens, Marseille), d'une gestion rationnelle (Lyon) ou d'une figure tutélaire (Auxerre), le Paris Saint-Germain ne peut répéter que son propre modèle, celui du gâchis. Il faut rappeler une nouvelle fois que lors de la période considérée comme dorée (celle de la présidence de Denisot), le club a connu des moments de profond marasme. Cette "crise" consubstantielle au club n'est donc pas seulement un gimmick journalistique, même s'il est systématiquement accolé au nom du PSG dans des circonstances pourtant assez différentes (à la traditionnelle dépression hivernale répond cette saison un "simple" mauvais départ). Mais elle devient une grille de lecture apposée systématiquement et sans nuance, comme l'indique le match contre Toulouse, un match assez "normal" pouvant susciter des interprétations divergentes. Karim Nedjari, dans Le Parisien, a par exemple choisi de stigmatiser l'indigence du jeu parisien. Il évoque la "faiblesse technique", "l'absence d'un projet de jeu", un "spectacle consternant" et une "bouillie de match"... Si l'on peut penser que pour ce journaliste et pour son journal, il s'agit d'une ligne éditoriale obligée, plusieurs micro-comptoirs réalisés ces jours-ci par nos soins et au péril de notre foie ont confirmé cette tendance à "dramatiser" la situation, qu'il s'agisse de la déplorer ou de s'en moquer. La propension de nos propres brèves à tourner en dérision n'importe quel élément d'actualité lié au PSG relève d'ailleurs du même principe. Une récolte différée Pourtant, une lecture différente de ce PSG-TFC et des rencontres qui ont précédé, peut amener sans hérésie à un sentiment en nette contradiction avec ces interprétations. On ne prétendra pas que cette lecture est plus pertinente, ni qu'elle ne résulte pas d'un doute assez clairement exprimé par le passé envers les capacités de Luis Fernandez (voir Le PSG peut-il survivre à Vivendi et à Fernandez? ou Fernandez, incompréhensible ou incompris?). Mais il semble que, compte tenu d'un contexte où les difficultés sont inévitables en raison de "l'héritage" évoqué plus haut, les motifs d'espoir ne sont pas nuls pour les supporters parisiens. Bien sûr, la fragilisation d'une défense si impressionnante en 2002/2003, les atermoiements concernant le recrutement d'un milieu de terrain capable de distribuer les ballons, la communication misérabiliste d'Halilhodzic (voir Passeport Vahid) et les résultats eux-mêmes sont autant de signes objectivement alarmants. Cependant, comparativement aux deux saisons précédentes où l'absence totale de continuité tactique a été frappante au sein d'une équipe qui semblait évoluer sans la moindre intelligence de jeu, on peut avoir l'impression que l'équipe parisienne, malgré des limites encore manifestes aujourd'hui, a retrouvé un début de cohérence. Sans créditer la théorie du traumatisme chère au coach, la pression inhérente à ce début de saison laborieux suffit à expliquer que les joueurs sont loin de pouvoir exprimer leur potentiel. Il est par exemple illogique que M'Bami, que tout le monde a trouvé excellent lors de la Coupe des confédérations avec le Cameroun, soit subitement considéré comme un tâcheron. Les progrès du PSG sont en effet conditionnés à des éléments qui n'ont rien de si improbable: le passage éventuel de Déhu en défense en défense centrale (à condition que lui-même réalise qu'il est meilleur à ce poste), l'éclosion d'un Boskovic déjà intéressant dimanche soir, le retour de Letizi à son niveau, le maintien d'Heinze au sien, la bonne intégration de Sorin, la progression de Mendy… Dès lors que l'équipe ne repose plus sur lui comme cela semblait être le cas avec Fenandez, Fiorèse s'avère même un joueur intéressant. Le banc lui-même n'est pas négligeable avec des joueurs comme Ogbeche, Cubilier, Benachour ou Hugo Leal et une bonne surprise n'est pas à exclure du côté de Reinaldo. Encore un peu d'huile dans les rouages, et Pauleta pourrait retrouver de quoi justifier sa réputation de buteur… Si le groupe retrouve un peu de confiance et parvient à consolider progressivement des acquis encore fragiles, il devrait revenir doucement sur une trajectoire plus favorable, bénéficiant paradoxalement d'une entame qui l'a rapidement exclu du groupe des favoris. Car c'est justement là que se situe la principale gageure de la saison: pour redevenir un club normal, regagner l'estime de ses supporters et alléger l'atmosphère autour de lui, le PSG doit probablement commencer par une cure de modestie. Dans cette perspective, partir de loin n'est peut-être pas une si mauvaise chose. Depuis le cataclysme Biétry, le Paris Saint-Germain s'est lui-même condamné par son incapacité à faire suivre une saison de reconstruction par une saison de confirmation. Francis Graille et Vahid Halilhodzic ont commencé à redonner une lisibilité à la gestion du club. Ils savent que faute d'une entrée en matière aussi favorable que celle du duo Bouchet-Perrin à Marseille lors de l'exercice précédent, les vrais enjeux se situent à l'horizon 2004/2005. La reconquête d'un minimum de dignité et de cohérence sportive n'est-il pas un objectif suffisant pour la saison en cours?
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