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Xavier Monnier

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L1 :: La Gazette :: J21

OM / PSG: Paris gagne le derby de la crise

Invité: Bakchich – Même dans la "crise", l’OM et le PSG rivalisent. Cette fois-ci, Paris a gagné: Charles Villeneuve est sur le départ alors que Pape Diouf résiste.
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Depuis le début des années 90 et les origines de leur inimitié finement travaillée, entre le club le plus drôle du monde, affublé du nom de Paris Saint-Germain dans les colonnes des journaux sportifs, et le plus grand club du monde, l’Olympique de Marseille, la concurrence s’avère rude pour occuper le haut du pavé médiatique. Heureusement, compétition rime avec émulation. Et les deux phares du football français ne cessent d’innover. Sportive à l’origine (des matches OM-PSG épiquee de 90 à 93), puis judiciaire au tournant des années 2000 (procès des comptes de l’OM et des transferts du PSG), la cité des lumières et la plus belle ville du monde se battent maintenant sur le terrain de la crise. En ces temps de tempête financière, le timing ne peut qu’être salué. Tout comme l’originalité du procédé.


La révolte des présidents salariés

À Paris comme à Marseille, le président, salarié de l’actionnaire, a rué dans les brancards de son patron. Une méthode incompréhensible à tout homme d’affaires étranger au football. Et force est de constater, qu’au niveau de l’intensité, l’OM, pour la deuxième fois de la saison, s’est incliné. Avec la manière.

A Paris, tout s’est fait à l’écrit. Dans un beau courrier recommandé daté du 16 janvier, le baroudeur Charles Villeneuve exige de Colony Capital des pouvoirs étendus, égratigne le manque d’ambitions, entre autres amabilités…Une remise en cause en bonne et due forme des patrons. Fureur de Sébastien Bazin, le directeur Europe du fonds qui détient plus de 60% du PSG, démission générale du conseil d’administration et rendez-vous le 3 février pour une nouvelle élection… Assortie du débarquement probable de Villeneuve.
Et silence radio jusque-là. Interdiction faite aux administrateurs, personnels administratifs du club et autres conseillers de s’exprimer. "On dirait que leur poser une question sur la situation du club c’est remettre en cause la virginité du pape", peste un confrère débouté.

Mais même la tête sur le billot, l’ami Charly ne rend pas les armes. Voire n’a pas renoncé à se maintenir à la tête du club. "Bah, il a voulu passer en forcer, comme à ses plus belles heures à TF1, clame un ancien collège de la maison Bouygues. En fait, il n’a même pas du se rendre compte qu’il avait franchi la ligne jaune".



Pape Diouf par deux fois abjura


Ancien employé des PTT avant de se faire plume de presse puis agent de joueur, Pape Diouf connaît bien le jaune. Mais le rusé Pape a su s’arrêter avant la limite. Tout en la jouant un poil grand guignol. Par deux fois, le Pape a été rappelé à ses promesses de début de saison par son actionnaire Robert Louis-Dreyfus.Une place parmi les deux premiers du championnat, un titre, une réduction du nombre de joueurs sous contrat pour à terme payer le salaire d’une star. Et par deux fois, le Pape a abjuré sa foi en son patron.

En décembre tout d’abord, quand au grand étonnement de tous, Le 10 Sport publie une interview de RLD le 5 décembre. Au menu, un petit coup de pression sur les dirigeants et un rappel des promesses d’antan. "Si on n’est pas dans les deux premiers, ils en porteront toute la responsabilité.” Réplique de Diouf, l’entrevue est "pipeau"
Sauf que, comme l’a déjà relaté Bakchich, le conseil de surveillance et l’Assemblée générale des actionnaires, tenue le 10 décembre a vu RLD se présenter en séance, pour la première fois depuis cinq ans…et tenir sensiblement le même discours… Façon de rappeler que "le patron est celui qui a le pognon, et en l’occurrence, c’est moi". La pilule n’est passée qu’avec les fêtes…

Malheureux hasard, sitôt les cotillons remis, paraît une nouvelle entrevue de Louis-Dreyfus dans L'Équipe du 14 janvier. Un entretien négocié par le quotidien dès la mi-décembre. Avec la même rengaine et les mêmes rappels à l’ordre pour l’équipe de direction de l’OM, de la part de celui qui amène gentiment le grisbi: réduction de l’effectif, objectifs sportifs à atteindre, etc.



Anigo en juge de paix

Et le Pape, une deuxième fois, abjura. Avec une malice remarquable. Le patron s’exprime dans un journal parisien. Le salarié réplique dans un journal local, La Provence, qui prend grand soin de pointer le 15 janvier “l’axe de travail très parisien au travers duquel l’actionnaire principal écorche soigneusement l’équipe dirigeante en place”. Puis, tapis rouge pour Diouf qui “après avoir longtemps hésité (…) a répondu aux questions de La Provence pour ce qui apparaît comme une injustice”. Du velours. Et le bon président, “pas colosse aux pattes d’argile pour un sou”, de désigner le coupable. “Il y a pour moi derrière cette histoire Vincent Labrune, afin de déstabiliser de président de l’OM pour des desseins non avoués. Cette manière de procéder ne ressemble pas à Robert”.

Beau comme l’antique et effet assuré dans les travées du vélodrome. Une nouvelle fois, RLD n’aurait pas donné d’interview, mais un ennemi du "peuple marseillais", mauvais génie du patron ou apprenti Raspoutine, œuvre dans l’ombre, à le destituer: Vincent Labrune, conseil de RLD, président du conseil de surveillance de l’OM, dont Diouf lui-même avait salué la nomination en janvier 2008…

Atavisme local sans doute, aucun acte ni lettre recommandé n’est venue sanctionner la passe d’armes. Marseille joue à l’oral. Et la bouillabaisse a bien tourné. Nul destitué. Le sanguin directeur sportif du club, José Anigo, s’est même initié au rôle de juge de paix. "S’engueuler, c’est une chose, se fâcher c’en est une autre, a-t-il tout posément lâché à L’Équipe du 20 janvier. L’essentiel, c’est qu’il n’y ait pas de fâcherie”. Quant aux exigences de Louis-Dreyfus: "C’est l’objectif fixé par l’actionnaire. Il en a le droit et je trouve ça totalement justifié".

Anigo apaisé, Diouf stressé, l’OM a changé… À moins que le président marseillais ne décompresse, taraudé par l’enquête préliminaire menée par les flics financiers du Vieux-Port sur les conditions du transfert de Ribéry vers le Bayern Munich à l’été 2007.

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