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Eugène Santa

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Un Rasta de la balle

Octobre 2000-mai 2001 : la parenthèse enchantée du FC Nantes

Le parcours des Nantais lors des deux dernières saisons est tissé de paradoxes et de contradictions. Enquête (avant autopsie?) sur le jeu et les joueurs, afin de mieux comprendre une réussite probablement trop miraculeuse pour durer…
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Si les Nantais n'ont pas été champions par hasard, leur position de lanterne rouge à mi-parcours de l'actuelle compétition n'est pas non plus le fruit du seul mauvais sort… La victoire des hommes de Denoueix au mois de mai dernier ne doit pas faire oublier que depuis deux ans et demi, les Canaris ont le plus souvent été à la peine: de juillet 1999 à décembre 2001 ceux-ci n'ont en fait connu le succès que pendant six mois, de la mi-octobre 2000 — avec une large victoire à Strasbourg — jusqu'au sacre du printemps dernier. Si l'on excepte cette période, le bilan est terrible pour les petits hommes verts et jaunes : sur 61 matches, les Nantais n'en ont remporté que 17, pour 29 défaites (soit près d'un match sur deux). On se trouve donc en présence d'une équipe qui est capable, sur une période de deux ans et demi, de gagner moins de 30% de ses matches pendant deux ans et de remporter la victoire dans 80% des cas les six mois restants.

Un jeu à haut risque
"Malgré la défaite, on a réalisé de belles choses, il a juste manqué que l'on marque les premiers" (Nicolas Laspalles). "On est un peu déçus mais un nul à l'extérieur est une bonne chose. Le jeu a été cohérent" (Nicolas Savinaud). "A 1-1, on a eu deux ou trois occasions de faire le break, mais c'est Paris qui fait la différence" (Nicolas Gillet)… On pourrait croire que ces citations ont été tirées de la presse de ces six derniers mois: il n'en est rien! Toutes datent du début de la saison passée, et constituent un parallèle assez saisissant avec la situation actuelle du club des bords de Loire. Car si l'on en croit les joueurs nantais, mais également les entraîneurs voire de simples spectateurs, cette équipe est loin de pratiquer un jeu stéréotypé et sans esprit. Nous ne sommes pas, avec ce club, en présence du Racing Club de Strasbourg de la saison dernière, ni même du PSG version Luis Fernandez que nous voyons actuellement sur les pelouses de l'hexagone. Alors, qu'est ce qui ne fonctionne pas?
Ce qui semble assez flagrant à Nantes, c'est que le jeu développé est un football à haut risque. En clair, ça passe ou ça casse.
Une première statistique semble démontrer le peu d'arrière-pensées qui habitent les joueurs nantais une fois sur le terrain. Qu'ils aient été dans une bonne ou une mauvaise phase, ceux-ci n'ont enregistré que 16 matches nuls en 85 rencontres sur cette fameuse période de deux ans et demi, ce qui est nettement inférieur à la moyenne habituellement constatée en Première Division. Un tel phénomène implique un quitte ou double dans le contexte de la victoire à trois points, dans lequel une série de succès ou de défaites peut mener aux sommets du championnat ou dans ses tréfonds à quelques semaines d'intervalle.
D'autre part, avec ses élans offensifs, le FC Nantes se crée énormément d'occasions, tout en s'exposant lui-même aux entreprises offensives adverses. Les Canaris marquent donc beaucoup, mais encaissent également un nombre important de buts. Pour preuve, sur les dix premiers matches de la saison dernière, les Nantais en avaient pris 17, soit près de deux par match. Les chiffres actuels sont à peine meilleurs, puisque les jaunes et verts ont vu leurs filets trembler à 25 reprises en 17 rencontres. De ce fait, avec cette prise de risque maximale, la nécessité de marquer le premier, mais aussi de marquer souvent est d'autant plus fondamentale. Dans cette optique, la présence de joueurs dotés d'une excellente qualité de passe et d'une efficacité redoutable devant le but s'avère primordiale pour la réussite du système.

Les bons joueurs au bon moment
Sans un habile buteur, les Canaris se retrouvent donc en situation délicate. C'est sans doute la première raison de leur insuccès de ces deux derniers débuts de saison, comme de celle qui les a vus finir 12e en l'An 2000. Depuis deux ans et demi, les Nantais n'ont eu de véritable attaquant en réussite que lorsque Moldovan est venu poser ses valises en Loire-Atlantique, et lorsque Vahirua a éclaté aux yeux du football professionnel quelques semaines après. Chacune des phases les plus délicates du FCNA peut ainsi s'expliquer, soit par leur absence conjuguée (saison 1999-2000), soit par la blessure du Roumain (milieu de saison l'an passé et début de championnat cette année), soit par la non-titularisation du Tahitien (les deux derniers débuts de saison), sans qu'ils ne soient remplacés.
Il ne faut cependant pas limiter notre analyse aux seuls attaquants. Depuis le début de la saison, nombreux sont ceux qui tentent d'expliquer les difficultés nantaises au regard du départ d'Eric Carrière à Lyon. Sacré meilleur joueur du championnat de France l'an passé, meilleur passeur du club, il est évidemment difficile de prétendre que le transfert du petit meneur de jeu n'est pour rien dans les mauvais résultats du club. Mais il faut avoir la mémoire courte pour ne pas se souvenir que Carrière était déjà présent lors de la saison 1999-2000 qui avait vu son équipe se sauver à la dernière journée, ou encore lors des dix premiers matches de la saison dernière qui s'étaient soldés par une bien peu envieuse 15e place au classement général. En fait, c'est sans doute la présence conjuguée de Stéphane Ziani et d'Eric Carrière qui est à l'origine de l'incroyable réussite de la fin de saison dernière. Car si l'on se réfère au jeu à haut risque des Nantais auquel il est fait référence précédemment, il faut bien convenir que ce schéma de jeu nécessite d'excellents pourvoyeurs en munitions pour arriver à ses fins. Dans ce cadre, mieux vaut deux joueurs de talent qu'un seul. Si l'on examine les compositions d'équipe depuis deux saison et demie, on constate que les deux joueurs n'ont été associés que l'espace d'une année, celle du titre bien évidemment, les ratés initiaux pouvant s'expliquer par la relative méforme d'un Ziani sortant de blessure, ou encore par la nécessaire prise de marque du couple de meneurs de jeu.

Quelles perspectives pour le FCNA actuel ?
Cette analyse ne se veut évidemment pas exhaustive : le coaching de Denoueix, la méforme de certains défenseurs ou l'ambiance dans le groupe expliquent sans doute aussi les difficultés que rencontre le club depuis l'été 99. Elle permet cependant de définir des pistes et de mettre en relief le véritable état de grâce dont a bénéficié le club pendant six mois l'année passée : durant cette période, le système de jeu des Nantais a ainsi été porté au zénith par une série de joueurs hors du commun qui ont tous été dans un état de forme optimal au même moment. Au regard de cette analyse, les supporters du FCNA auront sans doute quelques difficultés à trouver des motifs d'espoir…À moins que Raynald Denoueix ne se décide à réassocier le duo roumano-tahitien en attaque, tout en espérant qu'un Quint, voire un Da Rocha descendu d'un cran, puisse atteindre la même complémentarité qu'Eric Carrière avec Stéphane Ziani. Après tout, les Nantais n'avaient-ils pas réussi, l'an dernier à la même époque, à marquer 11 points de plus lors des matchs retours que lors de la première partie de la compétition?

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