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Olivier Tomat

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Old Scholes

Nobody likes us, but we REALLY don't care

Un Chelsea pourtant très décomposé a profité d'un coup du sort pour sortir du premier virage devant Liverpool. Tant pis pour la justice.
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Sauf cas extrême dans lequel vous auriez tapissé votre chambre de posters de Ian Rush ou de Franck Lebœuf (c’est dire la probabilité), vous n’avez certainement pas regardé le match. C’est bien connu: les poules existent pour rapporter suffisamment d’argent à votre club afin de faire joujou au mercato, les huitièmes sont là pour se rafraîchir à la découverte des inévitables surprises, les quarts n’ont d’autre justification que d’offrir, dans des oppositions de style pimentées, le football le plus excitant et le plus indécis de l’année (Arsène, we miss you). Les demi-finales, elles, sont des histoires de grands garçons costauds et de confrontations plus serrées qu’un anus de rat nain.
En d’autres termes, depuis, disons, Monaco-Chelsea, des purges interminables qui se résument à trois occasions et cinq mouvements collectifs sur cent quatre-vingts minutes, et une décision savamment construite sur le bonus d’un but à l’extérieur ou aux tirs au but. Comment, dans ces conditions, résister à la tentation de la rediffusion de La Boum 2 sur TMC ?

Impies, vous avez eu tort. De fait, cette demi-finale aller, deuxième volet d’une série de trois affrontements consanguins (le dernier featuring Manchester United à Moscou), s’est avérée d’une facture très honorable, grâce en soit rendue à une intensité dans le jeu, et notamment dans la volonté offensive, presque surprenante de la part des Reds.

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La paire de demis défensifs la plus sous-estimée d’Europe
Paradoxalement, la première demi-heure est complètement à l’avantage des visiteurs, et l'on en est rapidement à se demander comment Carragher, replacé en défense centrale, mis au supplice par Drogba, va pouvoir finir le match. Tout va pourtant rapidement basculer, selon la logique imparable des vases communicants. Petit à petit, Liverpool va monter en puissance, en dépit d’une intermittence pour le moins fâcheuse de son circuit vedette Gerrard-Torres. Le premier semble bien fatigué par les contraintes croissantes du schéma tactique, tandis que le second, en dépit de toujours possibles éclairs de génie, reste très dépendant du premier. Mais Benitez peut compter, d’une part, sur la capacité de la paire de demis défensifs la plus sous-estimée d’Europe (Alonso-Mascherano) à prendre le contrôle de sa zone. D’autre part, sur Dirk Kuyt.


Kuyt déverrouille
Le Néerlandais est un drôle de joueur. Pas forcément un parangon d’élégance, il donne souvent l’impression d’un joueur brouillon – ce que renforce sa capacité à abattre un boulot défensif de titan. Volontaire et limité. Voué à être éternellement discuté, il affiche des statistiques govouesques en Premier League (4 buts cette saison). Mais l’ami Dirk, croisement frisottant et improbable de Gene Hackman et de Tony Vairelles, aime les gros matches (7 buts en C1). Et alors que le simplissime plan défensif des Londoniens (Makelele pour annihiler Gerrard, Carvalho impitoyable sur Torres) fonctionne plutôt bien, les incursions du Néerlandais vers l’avant, en mettant notamment John Terry au supplice, vont largement contribuer à débloquer la situation.


Du sous-sous-Mourinho
De leur côté, les Blues vont très rapidement se déliter. Cette tendance prononcée à la décomposition simultanée d’autant de joueurs talentueux reste un mystère. Grant suscitant un respect proche du néant chez eux, ils donnent l’impression de tenter laborieusement de faire du Mourinho sans Mourinho. C’est-à-dire, immanquablement, du sous-sous-Mourinho.
Drogba disparaît du match au bout de vingt minutes, sans que l’on sache si c’est par fatigue où désintérêt complet, Ballack est d’une lenteur confondante, Malouda est de retour, sans qu’on sache vraiment pourquoi, dans son style incomparable d’inefficacité et Joe Cole est étrangement ignoré la plupart du temps par ses coéquipiers. Collectivement, l’essentiel du plan consiste à balancer devant dans l’attente que Skrtel marche sur son lacet et que Reina s'endorme.

N’empêche. En dépit de la volonté d’enfoncer le clou, le cadavre respire encore, en grande partie du fait de son impeccable gardien de but. Sortie dans les pieds de l’un, parade sur le tir de l’autre, Petr Cech maintient son adversaire à portée. Avec en guise de conclusion le caprice aléatoire d’un dieu du football moqueur: un csc après quatre minutes d’arrêts de jeu. La plupart des spectateurs neutres pourraient considérer ceci comme une injustice, à la fois du point de vue du mérite et de la perspective de voir une équipe au jeu en complète déréliction atteindre la finale. De ces fondements moraux, les Blues s’en moquent. Ce sont eux qui ont pris une belle option.
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