auteur
Richard N

 

Pionnier du foot sur le Web avec Kick'n'Rush, historien pour les Cahiers et Footichiste pour son compte.


Du même auteur

> article suivant

Les caresses de Coutinho

> article suivant

2010, Casillas des as

> article précédent

Revue de stress #82

Munaron 1983, le caillou de Bollaert

Un jour un but – Le 23 novembre 1983, le Racing Club de Lens inscrit un but miraculeux à la dernière minute d'un match aller de Coupe UEFA contre Anderlecht. Grâce à un caillou.

Partager

 

Même le but d'Erwin Vandenbergh, inscrit à la 87e minute n'aurait rien changé. Ce Lens-Anderlecht du 23 novembre 1983, huitième de finale aller de la Coupe de l'UEFA, sera jeté dans la corbeille des matches à oublier. L'enthousiasme des hommes de Gérard Houllier s'est heurté à l'expérience d'un monument du foot européen, qui a tranquillement attendu son heure pour porter l'estocade et rendre Bollaert à l'évidence.

 


Source des photos.

 

 

Pièces à conviction

C'est sur ce score de 0-1 que l'on atteint la 90e minute. L'arbitre écossais, Mister Syme, tarde à siffler la fin et les joueurs semblent s'impatienter. Un ultime ballon lensois envoyé dans le camp belge provoque une succession d'actions complètement décousues. Un défenseur d'Anderlecht tente de contrôler mais il est bousculé par un partenaire. Le ballon est récupéré par Philippe Piette, qui se rue vers l'axe, mais son tir est contré par son partenaire Tlokinski, puis un défenseur belge dégage sur un coéquipier. Finalement, Kenneth Brylle prend la décision qui s'impose: on calme le jeu et on assure une belle passe à ras de terre vers le gardien. Le ballon roule sur la pelouse, Morten Olsen le laisse passer entre ses jambes et Jacky Munaron s'apprête à le contrôler tranquillement du pied droit.

 

Mais le gardien belge rate son contrôle. Le ballon s'échappe inexplicablement et franchit la ligne de but. Contre toute attente, Lens a égalisé. C'est la stupeur à Bollaert, qui se réveille soudainement. On voit alors Munaron ramasser quelque chose sur la pelouse puis courir vers l'arbitre pour lui montrer. Mais l'homme en noir ne l'écoute pas. Il valide le but et siffle aussitôt la fin du match. Alors que ses coéquipiers entrent aux vestiaires, Munaron revient dans sa surface et ramasse à peu près tout ce qu'il y trouve: des cailloux, des canettes, des briquets. Il prend la direction des vestiaires les gants chargés de pièces à conviction et manifeste sa colère à tous les micros qui se tendent.

 

 

Pas de réclamation

Dans la tribune située derrière la cage, des heurts entre forces de l'ordre et supporters belges ajoutent un peu de confusion. À la télévision, les images assez violentes alternent avec les ralentis de l'action litigieuse. Les commentateurs parviennent à distinguer un caillou qui vient frapper le ballon au moment où le gardien belge négocie son contrôle. Avec cette égalisation miraculeuse, Le RC Lens reste invaincu en Coupe de l'UEFA. Les plus acharnés voient même ce match nul comme un bon présage: dans les deux tours précédents, les Sang et Or se sont qualifiés après avoir tenu leur adversaire en échec à l'aller. Curieusement d'ailleurs, les Lensois n'ont affronté durant cette aventure que des clubs belges: La Gantoise au premier tour (1-1 à Gand, 2-1 à Bollaert), Antwerp au deuxième (2-2 à Bollaert et 3-2 à Anvers) et enfin Anderlecht, le tenant de cette Coupe de l'UEFA.

 

 

Il semble que la colère de Munaron se soit calmée dès qu'il a quitté la pelouse de Bollaert. Certes, le but qu'il a encaissé est bien l'incidence de l'irruption d'un corps étranger, mais le caillou incriminé provient de toute évidence de la tribune occupée en majorité par des supporters d'Anderlecht. La réclamation se serait sans doute retournée contre le club bruxellois. La morale, finalement, restera sauve. Au match retour au Parc Astrid, Anderlecht parviendra à arracher une courte victoire (1-0), suffisante pour poursuivre son chemin, qui l'emmènera de nouveau jusqu'en finale. Le caillou de Jacky Munaron, s'il demeure le but le plus célèbre de l'histoire européenne du Racing Club de Lens, n'est qu'un simple gag dans celle du RCS Anderlecht.

 

 

 

Partager

> déconnerie

Madar au Maccabi !

> Dossier

Histoire FC

Un jour, un but


Richard N
2018-06-12

Dugarry 1998, mauvaise langue

Un jour un but – Le 12 juin 1998 à Marseille, c’est Christophe Dugarry qui marque le premier but de l’équipe de France lors de sa Coupe du monde.


Christophe Zemmour et Richard N
2018-05-26

Kennedy 1981, la passe de trois

Un jour un but – Le 27 mai 1981 au Parc des Princes, un but de son arrière latéral Alan Kennedy permet au Liverpool FC de conquérir sa troisième Coupe des Clubs champions aux dépens du Real Madrid.


Richard N et Christophe Zemmour
2018-05-15

Boli 1993, la tête à Basile

Un jour un but – Il y a bientôt vingt-cinq ans, l’Olympique de Marseille s’en était allé conquérir la première coupe d’Europe du football français. Un coup de tête de Basile Boli fit chavirer Marseille et basculer l’Hexagone dans le camp des vainqueurs.


>> tous les épisodes de la série "Un jour, un but"

Sur le fil

RT @lemonde_sport: #CM2018 Pourquoi les grandes équipes rencontrent-elles autant de difficultés face aux outsiders ? | La chronique de @je…

RT @laRadioNova: Ce soir, à partir de 18h, c'est une table ronde spéciale #CoupeDuMonde2018 avec Stéphane Beaud, Fred Poulet et @jeromelatt…

"Clément d'Antibes a une capacité à se mettre dans le cadre de la caméra que je n'ai connue que chez Djorkaeff." L… https://t.co/sp0mdaWSl3

Les Cahiers sur Twitter

Le forum

Foot et politique

aujourd'hui à 21h36 - Moravcik dans les prés : Oui l'article citait cet argument comme étant très souvent avancé mais semblait dire qu'il ne... >>


Coupe du monde 2018 : le groupe G

aujourd'hui à 21h32 - José-Mickaël : C'est ce qui m'épate le plus, ce pressing. La plupart du temps les Tunisiens sont scotchés dans... >>


Coupe du monde 2018 : le groupe D

aujourd'hui à 21h25 - Lionel Joserien : Certainement une perception différente de la "hiérarchie" des sports. Je considère que le nombre... >>


World Cup, the road to Doha

aujourd'hui à 21h16 - Metzallica : À vue de nez il y a 20% des buts sur penalty dans ce mondial.C'était le cas dans les précédents... >>


Changer l'arbitrage

aujourd'hui à 21h09 - Lucho Gonzealaise : Oh Mamm Billigaujourd'hui à 17h17Mais du coup pour toi quelle est la différence avec un arbitre... >>


Observatoire du journalisme sportif

aujourd'hui à 21h03 - Lucho Gonzealaise : Pour poursuivre dans ton exemple, Radek, j'ai toujours trouvé que Valbuena était un mec très... >>


Y a pas que le foot à Auteuil !

aujourd'hui à 19h53 - axgtd : Ainsi qu'une contre Federer à Rome 2011, Murray également à Rome (2012) et Djokovic aux... >>


Coupe du monde 2018 : le groupe F

aujourd'hui à 18h22 - lyes : Je vois toujours l'Allemagne et le Mexique passer quand même. Ils semblent très au dessus des... >>


Et PAF, dans la lucarne !

aujourd'hui à 18h13 - Jean-Huileux de Gluten : Je n'ai absolument aucune idée du contenu des comics. L'intrigue y est plus complexe ? >>


Café : "Au petit Marseillais"

aujourd'hui à 17h54 - Lucho Gonzealaise : "permettre à des joueurs peu utilisés chez nous de s'épanouir ailleurs (Bedimo, Sertic, Doria ou... >>


Les brèves

Pepe honni

"Reina, gardien de Naples, dénoncé pour ses liens avec la mafia italienne." (20minutes.fr)

Mendycité

"Mendy : ‘J’ai la dalle’.” (lequipe.fr)

Pas Metz que un club

"Metz : Un groupe amoindri." (lequipe.fr)

DSKudetto

“Maurizio Sarri : ‘On a perdu le titre dans un hôtel’.” (lequipe.fr)

Mousse à mazout

"Sarr : ‘Il ne faut pas nous enflammer’." (sofoot.com)