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La Gazette : 17e journée

Moscou pas trop la nuit

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Jeudi, il a fallu qu’on pète à Moscou pour honorer notre première place de la poule UFA. C’est pas la mort sans rigoler? Tu pars le mardi, tu joues le jeudi, tu rentres le vendredi, t’as même pas le temps de faire du break qu’y te faut rejouer le week-end en ligue orange. L’UFA, comme ça te flingue la semaine!

Avant de partir, on a prévenu les joueurs. «Couvrez-vous bien, ça risque de cailler!» En urss, les températures dépassent rarement le zéro, ce qui leur fait un point commun avec le compteur de nos attaquants. Pour faire son intéressant, Beye a voulu savoir «Cailler euh, comme à Strasbourgue?» Je lui ai fait «T’es pas fini ou quoi? Mais à côté de Moscou, Strasbourgue c’est une station balnéaire! À ton avis, où c’est que les Russes passent leur vacance d’été?» Il a opiné. En fait, c’était un piège: en urss y a pas de vacances et encore moins d’été, faut pas pousser.

On est donc partis en bus, pas le choix, Robert Louis-Dreyfus avait mis notre avion au mont-de-piété. Il espérait en tirer assez pour recruter Cissé mais avec la misère qu’ils lui ont filé, le seul Cissé qu’y pourra s’acheter, c’est Alliou ou Edouard à la rigueur, mais sûrement pas Djibril! Faut voir comment ça l’a désappointé. Pire qu’un crayon. On dirait pas comme ça mais Robert Louis-Dreyfus, il a un petit cœur qui bat sous son chéquier. Il est reparti en disant «Si vous avez besoin, vous savez où me trouver». On lui a répondu que non justement. Il a fait «Tant mieux».

Acariesse est pas venu mais il a bien voulu nous indiquer le chemin. «Tu prends par la Suisse, tu suis tout le long la frontière entre l’Allemagne et l’Autriche, si y a besoin, tu fais une pause pipi en République tchèque, et puis après tu vas arriver à un carrefour entre la Slovaquie, la Pologne, l’Ukraine et le Belarusse, surtout tu prends tout droit. Quand l’essence aura gelé dans le réservoir, c’est bon signe, ça veut dire que t’es arrivé. Après pour ce qui est de Moscou même, suffit de demander.C’est pas compliqué non plus». Tu parles, avec lui, c’est jamais compliqué.

Au moment de faire l’appel, y a eu anguille. Ouais elle était sous la roche, comment tu sais? Bref. Quand j’ai appelé le nom de Barthez, c’est quelqu’un d’autre qu’a répondu à sa place. Je m’en suis rendu compte parce qu’y avait pas d’agressivité dans le ton de sa voix. Crois-le ou pas mais Quenelle, notre troisième goal qui sert à rien, avait rien trouvé de mieux à faire que de se raser tous les poils de dessous les aisselles pour se les coller autour de la bouche avec de la colle cléopâtre.

Je lui ai fait «Non mais tu crois que je t’ai pas reconnu, couillon de la lune!» Quenelle a répondu que c’était pas son idée mais celle de Fabien qui était pas chaud pour se les geler et qui aurait dit, vu que c’est M6 qui filme, l’image sera floue et personne s’apercevra de rien. À la limite si t’es pas bon, on aura qu’à dire que c’était toi. Pas de bol, c’est la télé russe qui filmait le match. Du coup, Fabien a bien été obligé de se donner la peine. Il était furieux, pire qu’au naturel: «Si je choppe la crève, vous serez bien embêtés!» Heureusement Carasso s’est proposé pour la chopper à sa place. En échange, Fabien a promis de parler de lui à Roger Lemerre. C’est sympa, il était pas obligé.

Remarque c’est tant mieux que Barthez soit venu. Une fois arrivé à Moscou (me demande pas comment) y avait une grande statue de lui sur la place rousse. Un truc immense fait en mako moulage, avec Fabien qui pointe un défenseur du doigt, sûrement cet imbécile de Déhu. Je me suis dit «Purée, on a beau dire, ces Russes y savent rendre hommage». Barthez était fier comme un barbapapa. Mais lamouchi a tout cassé en expliquant qu’en fait, c’était pas fabien mais John Lenine, un chanteur qui aurait gagné la soviet academy ou je sais pas quoi.

Tu sais comment on appelle une chambre froide en urss? Une chambre. Une fois au stade, le premier truc que le président du céesska m’a montré, c’est son frigo. Et puis il écartait le bras comme ça en hochant la tête genre après vous. Je me suis dit, oh il m’a pris pour un réparateur de chez Darty ou quoi? Mais en fait, c’était pas un frigo, c’était les vestiaires. On l’a compris parce qu’une fois à l’intérieur, quand on a refermé la porte, la lumière est restée allumée.

Alors j’ai fait asseoir tous les joueurs dans le bac à légumes. Il faisait tellement froid que dégun avait le courage de se changer. Faut dire que pour l’occasion, on avait sorti les survêts en zibeline. T’aurais dû voir Taillewo, avec la lanière de son sac en travers, il ressemblait à chewbacca. Pour pas se peler, Barthez nous a sorti une chemise à la ouanéguène avec un vilain col pelle à tarte réchappé des années 70. Ferreira a pas pu s’empêcher de crier «Ouah fabien, il a piqué la chemise à Travolta!» Barthez a voulu lui cracher dessus, mais ça a fait un glaçon.

Malgré le froid, Fernandèze est resté stoïque. Il claquait tellement des dents qu’on aurait dit qu’il parlait en morse. Y doit avoir du sang russe dans les veines, ses tactiques sont toujours frileuses. Il a dit «Ce soir, on joue sans risque». Ah, et sans Niang, ça serait pas mieux?

En enfilant sa quatrième paire de chaussette, Nasri a demandé si des fois on pourrait pas faire un bonhomme de neige. Je lui ai répondu que oui, c’était une bonne idée et puis on aurait qu’à le mettre dans les cages aussi, peut-être qu’il en arrêterait plus que Barthez. Fabien a répondu «J’ai entendu hein!» Purée, ça a fait des histoires terribles. Il a crié qu’on lui devait le respect et tout, à cause de son palmarès, que c’est lui qu’avait le plus grand de toute l’équipe. Hé, c’est pas la taille qui compte, lui a répondu Orouma. Barthez a répliqué que c’était ceux qu’en avaient un petit qui disaient ça.

Pour couper court, j’ai envoyé les joueurs reconnaître le terrain, des fois qu’ils se goureraient et iraient jouer sur le parking. Bien sûr, ils ont pas pu s’empêcher de se faire une bataille de boules de neige en ricanant comme des imbéciles. Sauf Mendoza et Rimenez qui se sont fait face sans rire, avec une boule dans chaque main, c’était terrible à voir, on se serait cru dans le bon, la brute et le truand, avec Mendoza dans le rôle de la brute et Rimenez dans celui du truand sauf que bien sûr, aucun des deux n’est vraiment bon.

Puis le match a commencé, tout le public russe arrêtait pas de chanter «Gari gagari gagari gagaya!» Moi, je me suis dit «Mazette, mais c’est qui ce gary gagaya? Comme il doit être terrible ce joueur!» On m’a expliqué que non, en fait c’était un chant populaire de l’urss comme par exemple, quand nous à Marseille on chante «Paris! Paris! Tu sais le reste» C’est ça aussi que j’aime avec l’UFA, ça permet de se culturer.

C’est pas pour dire mais on a gagné 2 à 1. Le deuxième but, si je te dis qui l’a marqué, tu croiras pas. Je te le donne en mime: c’est Niang. Et pour dire Niang en mime faut se prendre la tête entre les mains en regardant le ciel avec les yeux fermés. Je sais pas ce qu’il lui a pris. Le froid peut-être ou je sais pas. Il fait contrôle, frappe enchaînée. Oh! Faut venir au fin fond de la Sibérie pour qu’il claque celui-là? A la fin du match, il a demandé «C’est moi qui a fait ça?» On a quand même attendu la confirmation par le ralenti avant de lui répondre.

L’autre truc, c’est que Barthez a arrêté un péno. Il a tout de suite refusé les louanges. Normal, y a pas d’exploit, c’est Barthez. Sa technique secrète pour arrêter, (je te le dis mais tu le répètes pas à Coupet) c’est la télépathie. Au moment où le tireur prend son élan, Barthez pense très fort «Tire à droite! tire à droite!» Et hop, le joueur tire à droite. Y parait que ça marche à tous les coups, sauf des fois, quand le joueur confond sa droite et sa gauche, c'est-à-dire souvent.

Enfin, pour anecdote, le but qu’on se prend est inscrit par Wagner Love. C’est pas pour dire mais avec un nom comme ça, tu réfléchis à deux fois avant de prendre ta douche avec lui. Nous, dans les vestiaires, on était congelés mais heureux mais surtout congelés. D’ailleurs Ribery a crié «Je sens plus mes pieds!» Je lui ai répondu «Ben t’as du pot, parce que nous on les sent et franchement, on en a les larmes aux yeux !»

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