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Jean-Manuel Tétris(te)

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Montpellier et l'Élysée, histoires parallèles

Le football montpelliérain et l'élection présidentielle ont toujours eu des destins liés, qui expliquent la victoire conjointe de Montpellier et de François Hollande cette année.

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Le 1er Juin 1974, veille de mon premier anniversaire et seulement quelques jours après l'élection de Valéry Giscard d'Estaing, le Montpellier la Paillade Sport Club Littoral est né. Signe de l'amitié entre la France et Jean-Bedel Bokassa, les crocodiles Nîmois sont en D1. Pourtant, le plus beau diamant originaire de Centrafrique naîtra quinze ans plus tard et sera prénommé Mapou.

 

Le 17 mai 1981, la France fête encore de la victoire de Tonton aux présidentielles, et papa m'emmène pour la première fois à la Mosson. Je vois la Paillade accéder à la D1 en étrillant Avignon 7 à 0. Les Pailladins croisent leurs voisins qui roulent en sens inverse, comme un soir de féria. Mais l'euphorie est de courte durée, et Montpellier redescend en D2. Quelques années plus tard, la première cohabitation entre Nicollin et Mézy permettra au club de retrouver l'élite.

 

 

En mai 1988, François Mitterrand est réélu, le Montpellier Paillade SC termine troisième de la D1, avec la meilleure attaque, résultat exceptionnel pour un promu. Les années qui suivront seront chaotiques: une victoire en Coupe de France, Michel Mézy qui fait du Éric Besson avant l'heure, une défaite aux législatives, de nombreux changements d'entraîneur et de premiers Ministres. Pendant ce temps, dans les coulisses du MPSC comme celles du PS, peu de personne réalisent que deux jeunes pousses issues du centre de formation seront destinées à devenir un jour "Le président".

 

En mai 1995, Mézy revient cohabiter avec le président Nicollin et sauve le MHSC de la relégation. Il ne parvient cependant pas à empêcher la victoire de Jacques Chirac. Un an plus tard, les Héraultais vivent un des pires épisodes de leur histoire face à leurs éternels rivaux. Le jeune Cyril Jeunechamp ne sait pas que seize ans plus tard, il vivra des moments encore plus forts sous le maillot que portaient ce jour-là les joueurs dont il vient de chatouiller les rotules. Corona et tête de veau, Montpellier reste dans le ventre mou, à l'abri d'une dissolution. Pourtant, victime du bug de l'An 2000, Montpellier redescend en D2. Mais la présidentielle, ça se joue en première division et le MHSC remonte immédiatement.

 

Le mois de mai 2002 traumatisera les générations futures: l'Olympique lyonnais entame son septennat et Chirac son quinquennat. Comme de nombreux Français, les Nîmois ont voté National. Les Héraultais s'abstiennent de bien ou mal jouer. Le bilan de la première année eut été catastrophique si le numéro 2 du club, un petit nerveux qui fait du vélo, n'avait promis d'aller pédaler jusque chez Bernadette – celle de Lourdes. Mais le club vieillit et cherche de nouvelles têtes. Et puis il y a l'autre. Il gesticule et parle fort, il occupe des postes à responsabilités depuis des années, il a des amis influents, même si certains d'entre eux nagent en eaux troubles… Alors, pourquoi pas lui?

 

 

En mai 2007, c'est donc Rolland Courbis qui sauve in extremis le MHSC d'une crise d'identité en National. Deux ans plus tard, retour au sein de l'élite. Composée de jeunes loups aux dents longues, d'hommes d'expérience, et de quelques lieutenants fidèles capables de jouer des coudes et effectuer le sale boulot, l'équipe semble efficace. Pourtant, elle est souvent dénigrée pour ses méthodes de voyous. La campagne redémarre, et cette fois, il va falloir ratisser large et ne pas hésiter à passer par les ailes.

 

En mai 2012, la gauche repasse et le MHSC est enfin élu à l'issue d'une fin de campagne très agitée. Utaka et Bedimo, les fers de lance du "Front d'à gauche! À gauche! À gaaauche!", et le fort soutien des centristes Belhanda et Giroud auront permis de devancer leur adversaire, une équipe parisienne que beaucoup ont trouvée pas maladroite. La victoire est dignement fêtée, et laisse entrevoir un bel avenir, même si certains mauvais perdants y voient la victoire de l'anti-parisianisme plutôt que celle des Montpelliérains, prédisant également les pires difficultés à l'international.

 

Il demeure évident que le destin du football montpelliérain a été fortement influencé par les élections présidentielles. À moins qu'il ne s'agisse du contraire. Mais nous pouvons maintenant basculer dans la footpol fiction, et je parierais bien que si Hollande et Allemagne n'éliminent pas la Grèce, et que les hommes du président font leur boulot et sauvent l'Euro, en Mai 2017, Montpellier gagnera la Ligue des champions. Par contre, si c'est Giscard qui est réélu, Nîmes remontera en Ligue 1.
 

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