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Gilles Juan

 

Footballeur du dimanche et philosophe de comptoir. @Gilles_Juan


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L'horreur sans signe avant-coureur

Moi Zlatan, toi PSG

Et si la star arrogante du PSG avait raison, et si sa déclaration disait simplement ce qu'il est lui, et pas le PSG avant ou après lui?

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Monsieur n’aime pas qu’on le siffle, Monsieur estime qu’il n’y avait personne avant lui au PSG, Monsieur n’aime pas nos arbitres français. Ibrahimovic est de retour!
 

Il avait fini par devenir un joueur appréciable, sans doute inconstant si l'on regarde match après match, mais régulier en termes de statistiques dès qu'on prend du recul. Un mec dramatiquement pris en grippe par les arbitres qui veulent faire du zèle en montrant qu’il n’est pas chez lui ici, un joueur qui faisait tout au plus l’objet de polémiques liées à des questions de langage. Il était devenu une star comme notre championnat en connait peu, mais une star désormais fadasse, un guignol, plus efficace mais finalement moins joli que Beckham. Ibrahimovic? Un grand joueur forçant le respect, voire faisant l’unanimité, au moins dans ses rangs. Un super bonhomme qui remplit les stades des adversaires qui le reçoivent. Voilà tout.
 


Le caprice insolent

Mais le voilà redevenu capricieux. Attention, pas du caprice puéril à la Cristiano Ronaldo, qui se soucie d’être le plus regardé, et à qui les gens cèdent parce que sinon il va bouder – non, Ibrahimovic c’est l’authentique caprice insolent, qui se contrefiche d’être flatté, et donc d’amadouer son monde.
 

 



 

Pas le caprice méchant et bête de Jordan Ayew, ni le caprice pleurnicheur de Nene, qui s’enfonçait dans l’égoïsme le plus primaire sur le terrain et oubliait ses partenaires dès qu’il n’était pas content. Ibrahimovic, sûr de ses forces, s’enorgueillit aussi de donner la passe décisive: son narcissisme confine à l’altruisme. Pas même le caprice provocateur et calculateur à la Mourinho, qui a l'intelligence des effets de ses caprices. Ibrahimovic n'a que faire des effets dont il est la cause. Il dit ce qu'il a à dire, point barre.
 

Capricieux, Ibrahimovic, mais pas comme bien des journalistes, qui sont dans l’émotion plus que dans l’analyse (OH MON DIEU LE XV DE FRANCE A PERDU CONTRE L’ITALIE C’EST LA HONTE ILS VONT AVOIR LA CUILLÈRE DE BOIS BOOOUUUUUHHHH), journalistes capricieux parce qu'exigeants vis-à-vis des faits (untel "doit", "n’aurait pas dû" faire ceci ou cela, "Paris a gagné, mais pour la manière, il faudra revenir", etc.) plutôt que vis-à-vis de leur récit des faits. C’est froidement et lucide qu’Ibrahimovic dispense ses bonnes paroles capricieuses.
 


Juste avant Ibrahimovic

Capricieux, Ibrahimovic, mais pas comme les supporters qui veulent tout, et notamment ceux du PSG, qui attendent d’Ibrahimovic qu’il soit à fond tous les matches, alors que jamais il n’a été comme ça, et que sa façon d’être leur a déjà apporté vingt-quatre buts. Les supporters du PSG veulent une équipe de Matuidi? Ils n’ont qu’à commencer par acheter en masse des maillots floqués Matuidi pour que leurs dirigeants tendent l’oreille. Ils peuvent tout à fait préférer Matuidi, et ils n’auraient pas tort d’estimer et d’encourager systématiquement un bonhomme discret, brillant, travailleur, efficace, attaché au club. La nature capricieuse d'Ibrahimovic n'est pas de celles qui iraient le leur reprocher. Mais siffler Ibrahimovic pour ce qu’il est? Ils ont cru quoi, ces capricieux, qu’ils allaient le changer? Qu’ils allaient plier Ibrahimovic à leurs désirs?
 

Contestant la légitimité des sifflets du Parc à son encontre, Ibrahimovic subit aujourd’hui les foudres des supporters et des commentateurs, qui lui parlent de Weah et de Ronaldinho, qui lui parlent aussi de joueurs peu connus mais adulés, même dans la difficulté, vraisemblablement parce qu’ils aimaient le club. Ibrahimovic, lui, en disant "avant", désignait sans doute l’état du club juste avant qu’il daigne y signer: en allant chercher fort loin dans le passé de quoi le faire taire, ses détracteurs ne lui donnent-ils pas raison?
 

Quoi qu'il en soit, en deux phrases, Monsieur Ibrahimovic leur a rappelé (et a rappelé à tous) qui il était, qui ils avaient voulu, pour qui ils bandent depuis septembre: un connard arrogant qui demande beaucoup, qui donne quand il veut, tout à tour comme un footballeur, un karatéka, un raccroc, un génie. Le caprice Ibrahimovic? Dédaigneux et majestueux. Ses quarante buts compteront pour le titre à venir, les supporters exploseront de joie, et puis Ibrahimovic s'en ira comme il est arrivé, avec le sentiment qu'il reste encore des clubs où il se doit de poser l'empreinte de sa pointure 47.
 

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