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AINSI VA JMA

Mauvais sort

L'équipe de France réussit son match mais se plante un couteau dans le dos • Les observations en vrac • La seule vraie bonne raison de virer DomenechQui succédera à Genghini? • La bannette de TF1 • Vu du forum
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Deux phénomènes aux conséquences conjointes catastrophiques marquent cette campagne qualificative de l'équipe de France: son manque d'efficacité offensive en dépit d'un nombre d'occasions toujours significatif; et, inversement, l'infernal taux de réussite de ses adversaires depuis un an, auxquels un tir non cadré peut donc suffire.
Aux lendemains d'un match maîtrisé comme rarement depuis un an (il y eut France-Serbie), terriblement frustrant par le résultat, on est tenté de chercher des explications dans les petites insuffisances, faute de lacunes flagrantes. Ainsi, en attaque: des accélérations pas assez décisives, un manque de brio dans le dernier geste, des placements déficients sur les situations de but... On peut aussi estimer que si le dispositif défensif est globalement solide, avec un premier rideau très efficace pour limiter le nombre des incursions adverses, il a tendance à craquer ponctuellement, de façon fatale, quand celles-ci se développent. Notamment au niveau d'une charnière si souvent remaniée où – d'Abidal à Escudé en passant par Mexès – les candidats à un statut de titulaire semblent faire des efforts pour devenir inéligibles.

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Un rien de talent
Il faut également souligner que, comme souvent à l'occasion des contre-performances françaises, les individualités formant le quatuor offensif sont restés sensiblement en deça de leur potentiel individuel. Les méformes chroniques, l'absence durable de Ribéry ou le déficit d'affinités peuvent expliquer la concrétisation toujours différée de cet amalgame, alors que le sélectionneur a opté pour une totale continuité dans son schéma en 4-2-3-1 au cours de l'année écoulée (notons aussi que le onze de départ était – à Malouda près – celui des Féroé).

On en arrive au constat qu'en dépit de phases de jeu collectives parfaitement exécutées, il a manqué les gestes individuels pour les transformer au tableau d'affichage. Gignac a droit à l'indulgence en raison d'une position ingrate et d'un vécu encore mince avec les Tricolores, et Gourcuff apparaît indispensable même lorsqu'il n'exprime pas tout son talent... mais les performances de Henry et Anelka nourrissent encore une certaine irritation, tant ils ne semblent pas justifier pleinement leur statut, leur expérience et la confiance du sélectionneur – qu'il leur accorde au détriment de solutions qui seraient peut-être plus rentables.


Justice in extremis ?
Il s'agit enfin de regretter le caractère désordonné de la domination française dès après l'ouverture du score, avec l'amorce d'une perte de cohérence et d'équilibre que l'égalisation n'a pas arrangé et à laquelle que les changements n'ont pas remédié. Le jeu est devenu plus sporadique, avec des occasions en salves... mais paradoxalement tout aussi nombreuses: il y avait la place de marquer au cours des trente dernières minutes. Hélas, la toute fin de match a été le moment d'un délitement net, avec un manque de jugeote dans l'exploitation des dernières situations.

Mais cette série de bémols n'aurait jamais dû suffire à l'obtention d'un match nul par les Roumains. Les chiffres de la possession de balle (à hauteur de 70% pour les Tricolores) indiquent un nouvel abandon de jeu de la part des adversaires des Bleus, ces derniers ayant montré une cohérence tactique et développé une qualité d'expression dont l'absence de récompense constitue une de ces injustices propres au football. On va chercher partout, et surtout dans la besace du sélectionneur, les raisons de cet échec. Espérons plutôt qu'une certaine logique sportive finisse par rendre justice – in extremis – à l'équipe de France.



Les observations en vrac

• Si la chance et la malchance s'équilibrent au terme d'une phase qualificative, alors les Bleus inscriront 18 buts au cours des trois dernières rencontres.
• Quand Zidane fait un contrôle en porte manteau, on dirait Noureev. Quand Ribéry réussit le même geste on dirait Sim.
• Si les Roumains n'ont eu de cesse de gagner du temps alors qu'un nul les éliminait, c'est parce que leur objectif principal dans le groupe était juste de nous emmerder?
• Quand Wenger fait remarquer à propos de Bendtner que "c'est pas mal quand vous marquez en équipe nationale à cet âge-là", sous-entendrait-il qu'une sélection en équipe nationale aurait un effet bénéfique pour son club?
• C'est vraiment ce pays qui a fait éclore Hagi, Răducioiu, Popescu, et Petrescu?
• En annonçant son inquiétude et en avançant des excuses dans Le Parisien la veille du match, Jean-Pierre Escalettes gagne haut la main le concours 2009 de la plus belle ouverture de parapluie.



La seule vraie bonne raison de virer Domenech

Les astres sont contre lui.



fra_rou_genghini.jpgQui succèdera à Genghini ?

La sortie de Yoann Gourcuff à la 73e minute, remplacé par Karim Benzema, servira à alimenter le procès en incompétence du sélectionneur. Réorganisation tactique ou remplacement d'un élément en difficulté depuis le retour des vestiaires, elle a surtout donné l'occasion de constater un manque significatif: le Bordelais est en effet le seul joueur du groupe à n'avoir aucun vrai "remplaçant" parmi les 23 sélectionnés, Ribéry ayant durablement délaissé le poste de meneur de jeu en bleu et au Bayern. Et il ne pourrait de toute façon pas animer le jeu de la même manière.

La situation renvoie au traumatisant souvenir de 2002. Organisée autour de Zidane, l'équipe déambulait comme un canard sans tête en s'angoissant sur la date de retour du blessé. Sommé d'éviter pareil écueil, Santini avait mis en place un 4-4-2 bancal censé fonctionner sans le Kabyle. Il avait du mal à marcher avec lui.
Presque obligée de confier les clefs au jeune Breton, l'équipe de France sait encore mal se passer de lui. Samir Nasri faisait figure de remplaçant naturel: blessé et exilé sur un côté à Arsenal, l'alternative est risquée, et il faut souhaiter qu'émerge rapidement un Genghini plutôt qu'un Micoud. L'ancien Sochalien avait pallié avec brio les rares absences de Platini, quand l'ancien Cannois n'a jamais réussi à se poser en remplaçant crédible de Zidane.

Image teckning av J.Karlsson / wikipedia


La bannette de TF1

L'œil de Moscou
Jean-Michel Larqué : "Mutu a au dessus de sa tête un petit problème à régler avec Chelsea".

Le lob occipital
Christian Jeanpierre : "Le jeune sélectionneur, Lucescu, âgé de quarante ans, lui a dit: j'ai besoin de ton cerveau derrière".

Les attaquants qui restent muets
Jean-Michel Larqué : "Il faut lui parler, il faut lui parler! Il avait dans son dos Surdu".

La pub pour l'Université d'été du MoDeM
Arsène Wenger : "Ce serait intéressant de compter le nombre de centres qui sont venu de la gauche".

L'équipe qui craque
Arsène Wenger : "Là on a un milieu décousu".

L'association qui offre des rêves réalisables aux enfants
Christian Jeanpierre : "Ce petit garçon gardera sûrement un souvenir merveilleux de ce match car Thierry Henry et Yoann Gourcuff tenteront de marquer".



Vu du Forum
=>> magnus
Décidément, le jeu du "Où est Anelka?" est quand même dur, il a pas le bonnet et le maillot rayé de Charlie.

=>> hydresec1
Avec ce vol annulé pour l'Afrique du Sud, les Français montrent une fois de plus qu'ils sont prêts à tout pour échapper à la taxe carbone.

=>> D'Ornano Pasarán
Après l'initiative visant les aveugles en affichant le nom des joueurs en braille, la FFF vise t-elle maintenant les aveugles manchots en n'affichant plus rien?
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