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La Gazette, numéro 77

Lyon-Lens en différé

Lyon a rattrapé le titre majeur derrière lequel il courait depuis des années, après une Coupe de Ligue l'an passé qui fait aujourd'hui figure d'échauffement. Retour sur la "finale" du championnnat. En bonus et pour rire, les "10 raisons pour lesquelles l'OL ne mérite pas son titre"…
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Le match
C'est donc un scénario idéal à plus d'un titre qui a attribué le titre à l'Olympique lyonnais lors de la dernière journée du championnat, devant son public et face à l'équipe qui était encore en tête au moment de se présenter à Gerland.
Rétrospectivement, il est facile de déceler dans les déclarations d'avant-match des Lensois les traces d'une certaine résignation, ou a posteriori dans la sportivité légendaire de leurs supporters. En deux coups de tonnerre et un petit quart d'heure, ils ont en effet semblé perdre immédiatement le bras de fer. Marquage approximatif et absences de Warmuz, ils n'étaient pas au niveau d'engagement et de concentration de leurs adversaires. En revenant au score sans trop tarder et grâce à une demi-heure probante durant laquelle les Lyonnais reculèrent et ne réussirent plus à conserver la maîtrise du ballon, les Nordistes entretenaient l'indécision, Bak donnant même un tour encore plus symbolique à l'affrontement.
Au retour des vestiaires, les pronostics étaient donc encore partagés. Mais c'est la capacité des hommes de Santini à concrétiser leurs moments forts qui fit une nouvelle fois rapidement la différence. Laigle, profitant d'une belle préparation de Juninho, de nouvelles largesses de la défense lensoise et d'un brin de chance, enfonçait le clou, auquel les Sang et or raccrochèrent leurs espoirs. Car ensuite, les Blancs ne laissèrent pas filer la confiance et le sentiment d'atteindre au but. Le tour était joué et Gerland pouvait exploser.

Les gars
Difficile de sortir tel ou tel joueur lyonnais d'un lot d'exception samedi soir, à moins de commencer par les buteurs eux-mêmes. Sidney Govou parachève une deuxième saison au plus haut niveau qui l'a même vu progresser. S'il n'est pas tout à fait sur la même trajectoire que Cissé, il suit un parcours idéal, qui a toutes chances de rester synchrone avec celui du club qui lui a fait confiance.
Patrick Violeau est le symbole des valeurs de combativité de l'OL, de la continuité qui y est assurée. Son improbable reprise de volée est donc une sympathique reconnaissance, qui semble l'avoir beaucoup ému. Pierre Laigle, de par son statut d'ancien Lensois et le fait que Santini l'ait préféré à Carrière, marque également la rencontre de son empreinte avec un but qui couronne une performance irréprochable. C'est bien le bloc lyonnais qui a gagné, mettant en valeur la victoire tactique de Santini, mais aussi la régularité de son gardien… Anderson n'aura pas fait parler la foudre cette fois-ci, mais sa technique de rêve a régalé les spectateurs et renforcé la confiance de son équipe

Côté lensois, il faut constater à l'inverse que les individualités n'ont pas fait la différence, à l'image de Moreira ou Pedron manquant d'opportunisme devant Coupet, ou de Diouf privé de moments de vérité. La fébrilité et les erreurs fatales des premières minutes soulignent la défaillance de l'arrière-garde, celle de Wallemme, capitaine malheureux, étant plus manifeste. Ismaël est à créditer d'un gros match, inélégamment ponctué de fautes grossières, tandis que Blanchard ou Sibierski ont manqué d'influence sur les débats, en retrait de leurs prestations habituelles… Mais ce n'est que logique compte tenu de la force démontrée par leurs adversaires.

Lens presque vainqueur
Pour Joël Muller, le verdict est particulièrent cruel, tant cette perte du titre à l'ultime journée est la répétition de son expérience messine de 1998. Son bilan, pour une première année au RCL, reste cependant exceptionnel. Son club a joué le titre durant toute la saison (inutile de rappeler que ce privilège n'a absolument pas concerné quelques grosses écuries nationales), il est qualifié pour la Ligue des champions et l'on sait quelle importance économique ce viatique a pour nos dirigeants.
Cette saison a vu aussi l'inauguration de l'impérial centre de La Gaillette, ensemble ultra-moderne qui prouve les ambitions de Martel mais qui impose de tenir le cap sur le plan sportif. De ce point de vue, les objectifs sont atteints et l'avenir est dégagé.


Observations
Titre de L'Equipe dimanche : "La Consécration", qui a déjà servi 137 fois depuis la création du journal (voir Leçon 6).
Les supporters stéphanois communiquent : "Ça fait 10-1 pour nous".
Santini n'avait pas titularisé Carrière pour le punir de sa non-sélection en équipe de France?
Une coupe de la Ligue et un championnat de France en deux ans, attention à ne pas blaser les Lyonnais.


Les 10 raisons pour lesquelles l'OL ne mérite pas son titre

Parce qu'avec la victoire à 2 points et le goal-average particulier, Lens aurait été champion.
Parce selon Franck Lebœuf la pelouse était impraticable.
Parce Pauleta n'était pas hors-jeu samedi dernier.
Parce qu'Edmilson a marqué "Jesus" sur son t-shirt, ce qui justifie l'annulation du match pour propagande religieuse dans l'enceinte sportive.
Parce qu'aucun Lyonnais n'a eu d'Oscar du football.
Parce qu'ils vont encore être éliminés par une équipe syldave l'an prochain en coupe d'Europe.
Parce qu'ils vont encore piquer les meilleurs joueurs des autres équipes.
Parce qu'ils ont viré Tony Vairelles en début de saison.
Parce que les Cahiers du football vont subir un afflux de supporters lyonnais de mauvaise foi.
Parce que c'est dégueulasse pour Joël Muller

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