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Jamel Attal

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Les conflits sociaux sont-ils solubles dans le Mondial?

Certains profitent de la compétition pour nier les droits sociaux élémentaires et s’effarouchent de leurs conséquences sur l’image de la France (la leur). Le football, Prozac du peuple?

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Il est maintenant possible de revenir, en même temps que le calme, sur les menaces terrrrribles que les risques de conflits sociaux ont fait peser sur la Coupe du Monde. Bien que les revendications d’un groupe de privilégiés comme les pilotes de ligne ne suscitent pas spontanément la sympathie, il s’agit pourtant de reconnaître aux salariés quels qu’ils soient la possibilité d’exercer leurs droits élémentaires. La rhétorique habituelle de la prise d’otage finit par l’emporter sur tout raisonnement, et ceux qui parlent ainsi masquent leur véritable propos: puisque la possibilité de faire grève n’est que le "privilège" d’une minorité de catégories professionnelles, supprimons-le, excitons les jalousies et réclamons ce nivellement vers le bas.


Le chantage nationalo-affectif des défenseurs de "l’image de la France" est révélateur de l’idée dominante de ce que doit être cette improbable "image". Une grève ou un mouvement social sont par définition considérés comme étant de nature à ternir la belle impression de machine bien huilée que doit donner l’organisation d’une Coupe du monde: celle d’un pays sage et discipliné, bon élève du libéralisme mondialisé, qui permet à une gigantesque pompe à fric, à un faramineux support publicitaire de fonctionner en toute quiétude en mettant à sa disposition un peuple de consommateurs bien disposés.


Quel mal y a-t-il à "profiter" du Mondial pour affirmer des revendications, alors que ce Mondial sert à des dizaines d’entreprises pour réaliser des profits extraordinaires? Pourquoi diable des salariés renonceraient à bénéficier de circonstances favorables pour s’exprimer, alors que les conditions générales du marché du travail sont de façon écrasante favorables aux employeurs de tous ordres?
 

Si toute vie sociale ou politique doit s’interrompre, toute revendication se taire et toute l’attention se focaliser sur une compétition sportive pour anesthésier les masses, en quoi le Mondial a-t-il changé depuis celui de 78 dans le contexte ignoble de la dictature militaire argentine? De quel diktat idéologique se réclame un tel interdit, et quelle est la position de ceux qui en font la promotion?

Notre propre conception de l’image de la France se réjouit de voir notre pays montrer au monde entier qu’ici les conflits sociaux sont encore possibles, que les gens sont capables de se mobiliser et que la dignité du citoyen va au delà des droits du consommateur ou du téléspectateur.

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