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Xavier Monnier

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Les cancans de la CAN

Invité : Le Gri-Gri International. Après avoir fait leur fête aux réfugiés soudanais, l’Égypte accueille la grand messe du football, la Coupe d’Afrique des Nations. L’occasion d’un petit état des lieux du football africain.
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Le Gri-Gri International reparaît depuis septembre 2004, après avoir fait plusieurs fois les frais de la répression dans son pays d'origine, le Gabon. Il y est censuré aujourd'hui encore, tout comme au Cameroun et dans les deux Congo. Il est cependant disponible partout en Afrique, sur abonnement ("livré sous pli discret"), et distribué en France, au Sénégal et en Côte d’Ivoire. Le Gri-Gri s'émancipe également sur le Net, où ses archives intégrales sont disponibles.

Dans son n°46, actuellement en kiosques, le Gri-Gri aborde évidemment la Coupe d'Afrique des nations, entre autres joyeusetés sur la Françafrique...


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Preuve que le libéralisme sait se faire populaire, le football a depuis longtemps conquis le continent. Plus récemment c’est le continent qui a conquis le football. Moins cher, présumé plus robuste, le joueur africain est, en sus, toujours jeune – donc plus monnayable –, du moins sur sa carte d’identité. Une véritable aubaine pour les clubs européens. L’argent n’a pas d’odeur et d’autant moins de couleur qu’on en donne peu. Expert en la matière, Guy Roux s’est fendu d’un voyage vers le Congo-Brazzaville début décembre, à l’invitation du Cobra suprême, Denis Sassou Nguesso en personne.
Et les dirigeants ne sont pas des ingrats. Ils œuvrent à traiter de la même façon internationaux africains et européens... en refusant de les libérer pour qu’ils disputent des matches internationaux. Dernière victime: Alledine Yahia. Convoqué de dernière minute avec la Tunisie pour jouer la CAN, le défenseur de Saint-Étienne a été interdit de départ par son club d’éternels perdants.


Artur Jorge pré-licencié
La compétition en elle-même se prépare sous les meilleurs hospices: Roger Milla vient d’être rappelé au chevet d’un Cameroun brinquebalant par le président Popol Biya... pour remotiver les troupes. Éliminés de la Coupe du monde, sujets aux sautes d’humeur de Samuel Eto'o, son attaquant vedette, les Lions indomptables présentent leur bordel habituel avant une grande compétition. Avec une innovation de taille, le pré-licenciement de leur entraîneur, le Portugais Artur Jorge. Le "moustachu" travaille à l’œil depuis août et, selon nos informations, ne sera jamais payé. Le ministère des Sports camerounais ne compte pas sortir le chéquier et souhaite acculer son coach à la démission. La solution de rechange est déjà dans les tuyaux, en la personne de Frédéric Nyanga, un obscur directeur technique.
Mieux, le ministre des Sports compte prochainement dissoudre prochaine sa fédération, ce qui entraînera automatiquement la suspension du pays de toutes les compétitions internationales. Profitons donc de cette CAN, qui pourrait être la dernière avant longtemps pour le Cameroun.


Diouf rescapé
Du côté des autres favoris, tout va bien. Le Président sénégalais Wade a remis en personne le drapeau du pays aux Lions de la Téranga. Avec pour mission de ramener un trophée. À côté de la tête d’Idrissa Seck, une coupe égaierait sa commode. Et lui rappellerait ce que peut être "un Sénégal qui gagne". Le vagabond mouride El Hadj Diouf participera à cette mission. Traîné devant les tribunaux par l’ex-femme de Khalilou Fadiga – son coéquipier – pour coups et blessures, menacé d’un mandat d’arrêt international par le procureur de Dakar et d’une peine de six mois de prison ferme, la fausse blonde de Bolton s’en est tiré... avec une petite condamnation pour voie de fait et 500.000 francs CFA (750 euros) d’amende. Diouf échappe au gnouf et l’honneur du drapeau est sauf.

Elevé au rang de grand espoir du continent, la Côte d’Ivoire vise également la victoire finale. Si les Éléphants mettent le feu au terrain comme les Patriotes savent le faire à Abidjan, il n’est guère de doute sur le futur lauréat. Mais tout le monde n’a pas la chance d’être aidé par un Groupe de travail international, capable en une décision (dissoudre l’Assemblée nationale) d’embraser une foule.

Challenger et pays organisateur, l’Egypte paraît aussi bien placée. Il suffira aux attaquants des Pharaons d’être aussi efficaces que des pandores cairotes en face de réfugiés soudanais.
Quant aux Gabonais, absents du tournoi pour cause d’indigence sportive, leur président a trouvé de quoi les consoler. Ils pourront voir tout ce beau monde à l’œuvre sur la télévision publique. Le généreux mollah Omar va payer "sur ses propres deniers", les droits de retransmissions télévisées de la CAN. À défaut de pain, les Gabonais auront des jeux...

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