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Le transfert du décor

Les Bleus remportent le Gomel Trophy

Biélorussie-France – Quel avenir peut-on lire dans les tripes d'un match insensé et d'une victoire encore inespérée à l'heure de jeu? • La nalyseVu du forum.

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Voilà: en football, il faut toujours y croire, même quand on n'a plus aucune raison. C'est pourtant sa supériorité que l'équipe de France a imposée à la Biélorussie, serait-ce sans maîtrise et dans le désordre le plus complet – celui de ses doutes, de ses insuffisances, de son incohérence tactique – et sans autre euphorie que celle des fous rires. Quatre buts après des siècles de disette dûment minutés par des journalistes transformés en compteurs, un discours galvanisant de Patrice Évra à la mi-temps, un but même pas vengeur de Samir Nasri, un autre sur un corner à la rémoise, deux cagades d'Hugo Lloris et autant de son homologue... Partir chercher un sens à ce match, c'est se risquer à évoquer les effets de la radioactivité de Tchernobyl sur le comportement des footballeurs.
 

 



 

Il faut donc toujours y croire, ou au moins, ne jamais désespérer complètement. Et puis repenser à ce que peut avoir d'irrationnel un parcours en phase éliminatoire, à ces Bleus champions du monde qui ont dû leur titre de champion d'Europe à un passage par le chas d'une aiguille en Andorre, à ces calvaires répétés sur le chemin de la finale mondiale de 2006. Il n'est évidemment pas question de rêver à de pareils aboutissements, compte tenu de la pauvreté des certitudes de cette équipe-là (et du souvenir d'un barrage épique contre l'Irlande en 2009), mais on a échappé au pire: la curée de la France-du-foot et de la France-pas-du-foot, provisoirement déprogrammée. Là, on ne subira que le pessimisme atavique de nos congénères, justifié il est vrai par les aveuglantes limites de notre sélection nationale. Mais donc, il nous restera de l'espoir. Une petite dose, qui nous permettra de tenir encore un peu, à nous autres junkies.
 

De l'espoir, parce que cette démonstration a conduit à des conclusions déroutantes: l'équipe de France peut marquer beaucoup de buts et savoir plier un match, elle compte des joueurs qui peuvent relever la tête et faire la différence, elle peut bien jouer, par moments, et même faire la différence sur de superbes actions collectives. Si jamais elle met de l'ordre dans ses idées et un peu de confiance dans son jeu, qui sait quelles autres aventures rocambolesques peuvent lui arriver?
 

 


 

 

La nalyse : des Bleus ribérycentrés

[Par Philippe Gargov – Les Dé-Managers] La France est venue, la France a vu, la France a vaincu, mais pas encore ses propres démons. Car sur ce match, la France est franchement loin d'avoir rassuré, et de s'être rassurée par la même occasion. Offensivement, défensivement, difficile de tirer des leçons d'un match aux contours si étranges. Mais il est deux faits saillants qui confirment les craintes que l'on pouvait avoir: la France n'est pas entrée dans l'histoire du football moderne.
 

Tirer le mauvais numéro
Défensivement, d'abord. Le second but biélorusse est venu démontrer l'impuissance tactique des Bleus face à l'un des postes emblématiques des années 2010: le faux numéro 9. Dans le rôle-titre, Alexander Hleb, trente-deux ans et tout son talent pour conserver la balle le temps qu'un ou deux coéquipiers s'extirpent du marquage hexagonal. Didier Deschamps l'avait pourtant signalé à la mi-temps. Le discours d'Evra était-il à ce point flamboyant que les milieux français en ont oublié de penser à défendre?
 

Contrairement à la défense sur un 9 traditionnel, les milieux français sont en effet les premiers concernés. C'est toute la difficulté pour les défenseurs sur un tel positionnement, ce fameux "entre les lignes" qui est venu contrarier la rigidité française souhaitée par Deschamps. Il ne s'agit pas pour autant de demander à Matuidi ou Pogba de se plier à un marquage individuel qui nuirait à leur apport offensif. Mais d'anticiper les mouvements des adversaires, à défaut de pouvoir retirer le ballon des pieds de Hleb, afin d'éviter qu'ils se retrouvent suffisamment seuls pour armer leurs frappes (voir le second but). La France s'en est finalement bien sortie, grâce à un sursaut offensif après ce but-gag. Mais saura-t-elle en tirer des leçons quant à ses lacunes tactiques, et à la nécessaire souplesse des lignes qu'implique le football actuel?
 

Ribéry, leader unique
Offensivement, maintenant. Avec quatre buts, la France a largement débloqué le ketchup. Mais Giroud n'a presque rien eu à se mettre sous la dent, témoignant de l'incapacité des Bleus à alimenter la surface en ballons. On peut d'abord l'expliquer par la tendance – légitime – qu'a Ribéry à polariser le jeu de l'équipe de France. Or, Ribéry n'est pas centreur. Non pas qu'il ne soit pas altruiste – au contraire, il a parfois offert des ballons qu'il aurait tout aussi bien garder pour lui. Le problème se situe plutôt de l'autre côté: ses coéquipiers tendent à se reposer sur son talent, lui passant le ballon même lorsqu'une situation plus simple semble à leur portée (comme cette transversale de Valbuena sur un contre français au détriment d'autres solutions plus évidentes).
 

Seul et unique leader faute d'autre candidat, Ribéry a donc servi de reposoir à ses coéquipiers, au détriment des centres dans la surface. Ce qui pose problème, c'est que seul Ribéry est en mesure de suivre le mouvement dont on lui confie l'impulsion. Ces lacunes, cette fois techniques, sont aggravées par les errances tactiques évoquées plus haut. Ne sachant pas comment défendre sur Hleb, les milieux français se sont retrouvés désorientés, abandonnant leurs zones à des Biélorusses prompts à couper les transmissions... Résultat, un jeu longtemps pauvre en combinaisons, quelques frayeurs sur des ballons bêtement perdus, et des buteurs aphones par manque de porte-voix.
 

On en revient toujours au même constat: cette équipe n'arrive pas à construire son jeu. Mais le peut-elle vraiment? Au vu de ses limites tactiques, on serait tenté de lui conseiller d'abandonner toute velléité de modernité. Même lorsque les Bleus sont en possession du ballon, ils ne savent pas quoi en faire. Alors faut-il jouer long, direct, et balancer devant? Le football moche a prouvé ses vertus dans de nombreuses "petites" équipes que la France a si longtemps dominées. Elle fait maintenant partie de ce cénacle, qu'elle se comporte comme telle.

 


 

 

Le match vu du forum des Cahiers

=>> Marf à 21h06
Ce sont les Bratislaboys qui ont composé les chants de supporters biélorusses ?
 

=>> RabbiJacob à 21h08
L'attaque locale nous fait deux fois de suite la même action et le même hors-jeu. Un héritage de l'éducation sportive soviétique sûrement.
 

=>> Coach Potato à 21h15
No pain, no gain le film! Sans trop spoiler, on sait si ça finit bien?
 

=>> Simone for Nothing à 21h15
Jusque là, Karim fait son match.
 

=>> LMD à 21h15
Les passes à Lloris sous pression, ça me fait des flashbacks de Letizi dans les steppes…
 

=>> Moravcik dans les prés à 21h19
Les journalistes ont le droit de continuer à compter les minutes depuis que Benzema n'a plus marqué ou ils sont obligés de s'arrêter sous le prétexte fallacieux qu'il est sur le banc?
 

=>> Full Metal Caennais à 21h22
Qu'est ce qui est long, dur et que les femmes n'ont pas? Un Biélorussie-France sur TF1.
 

=>> Simone for Nothing à 21h25
Liza explique qu'on n'arrive pas à suffisamment alimenter Giroud. Rien que pour avoir cette phrase avec André-Pierre, je suis déçu qu'il ne soit pas titulaire.
 

=>> Moravcik dans les prés à 21h36
La femme de Coupet dit à son mari que oui, elle sait, d'accord, c'est bon, il l'a déjà dit.
 

=>> impoli gone à 21h39
En fait le problème, c'est pas les gardiens anglais, c'est les gardiens en Angleterre.
 

=>> newuser à 21h49
Bon donc belle mi-temps. Des mouvements, des redoublements de passe, beaucoup de perforations plein axe avec au final assez peu d'occasions franches mais une belle proportion à faire douter l'adversaire. Maintenant, parlons de l'équipe de France.
 

=>> Jean-Manuel Tétris(te) à 22h01
Quelqu'un peut me dire quel est l'article du règlement officiel qui interdit à d'autres joueurs que Ribéry de tenter des dribbles côté français?
 

=>> I want my Mionnet back à 22h08
Frédéric Calenge : "Et oui, ça fait à présent 3 minutes et 49 secondes que l'équipe de France n'a pas marqué le moindre but."
 

=>> bendjaz à 22h17
On me signale que Patrick Montel a vu Hugo Lloris dans un bar PMU avant le match.
 

=>> Simone for Nothing à 22h18
Ça fait désormais 1 minute 30 que Lloris n'a pas pris de but à la con.
 

=>> Simone for Nothing à 22h22
Sébastien Frey me glisse que l'éclairage est particulièrement puissant dans ce stade.
 

=>> Jay-jay Tolosa à 22h24
Ne paniquez pas, TP va encore prendre feu dans le money time!
 

=>> newuser à 22h32
Quatre buts... Ça fait tellement longtemps que j'ai l'impression que c'est une redif.
 

=>> Cleaz à 22h33
Cette équipe de France est minable. Pierre Mènes et autres avaient bien fini leur article tout propre qui dézinguait tout le monde et voila que ces petits cons retournent la situation. Et la Une de l'Equipe? Ils y pensent à la Une de l'Equipe? Faut refaire tout le montage.
 

=>> Di Meco à 22h43
Hugo Lloris vient d'ajouter Frank Ribéry à ses amis. Didier Deschamps aime ça.
 


LIRE AUSSI : "BIÉLORUSSIE-FRANCE : LES GARS"

 

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