auteur
Christophe Kuchly


Dé-Manager aussi connu sous le nom de Radek Bejbl. Écrit pour l'AFP et dans La Voix du Nord.


Du même auteur

> déconnerie

It's football time !

> article suivant

PSG, les maux de la fin

> article précédent

Innovation et performance

Le professeur Emery

Bibliothèque – Dans Unai Emery – El Maestro, Romain Molina retrace le parcours de l'entraîneur du Paris Saint-Germain en convoquant ceux qui l'ont côtoyé depuis ses débuts.

Partager

 

L'actualité sportive du club parisien a aidé à mettre ses talents en lumière… puis le boomerang est revenu à toute vitesse. Avant d'être le coach jugé négativement par une partie de la presse et des supporters, Unai Emery était un joueur de seconde zone passé du jour au lendemain sur le banc, et qui a gravi les échelons un par un. Avec plus de réussite que d'échecs.

 

 

L'ascension

Quand on n'est pas un grand nom, il faut généralement commencer au bas de l'échelle. L'aventure du Basque version technicien commence à Lorca, à trente-deux ans. Un club en galère en troisième division, un président qui le verrait bien enfiler les habits d'entraîneur vu l'état de son genou et sa passion pour le jeu. Et une promotion inespérée à la fin de la saison, au bout d'un match épique, alors qu'il avait été nommé avant tout pour assurer le maintien. L'année suivante, il joue la montée en Liga jusqu'aux dernières journées, attirant ainsi l'attention de formations mieux équipées. Il change de club mais pas de division, direction Almeria, termine deuxième de Liga Adelante puis huitième de Liga l'année suivante. Nous sommes en 2008, Unai Emery a trente-sept ans et commence à avoir une belle réputation.

 

 

Quatre saisons, deux montées et deux places inespérées, qui restent encore aujourd'hui les meilleures de l'histoire des deux clubs: les débuts sont idylliques et les gros commencent à le suivre. Il va à Valence, où la vie sportive est beaucoup moins paisible, énormes attentes sportives obligent. En quatre ans, il termine tout de même sixième puis trois fois troisième, sans jamais convaincre complètement des supporters qui voudraient jouer d'égal à égal avec Barcelone et le Real. Viennent ensuite le Spartak, où la planche savonnée par Valeri Karpin et des débuts médiocres précipitent son départ, puis Séville, dont il garnit la vitrine à C3, et donc Paris.

 

 

L'homme

C'est cette histoire que l'ouvrage de Romain Molina raconte en détails. Son caractère peureux de joueur, son perfectionnement en tant qu'entraîneur, sa relation avec les joueurs, les hauts et bas… Chaque moment de son histoire est étayée par de nombreux témoignages, qui permettent de dessiner un portrait robot intéressant. Un fou de son sport, pas au point d'un Marcelo Bielsa mais pas si loin, fin psychologue, qui comme Carlo Ancelotti se soucie sincèrement du bien-être de ses protégés, mais aussi homme à poigne, capable de se confronter physiquement à ses joueurs et surtout ceux dont il est proche. Un entraîneur qui comprend mal qu'on n'aime pas autant le foot que lui, dont les causeries et analyses vidéos interminables laissent forcément les moins intéressés sur le bord de la route, et qui fait participer ses joueurs comme un professeur. D'où ce titre, "El Maestro".

 

Unai Emery, tel qu'il est ici décrit, ressemble au technicien parfait pour qui veut le suivre. Au fil des commentaires élogieux de ses anciens joueurs, parmi lesquels des stars comme Juan Mata, David Silva ou David Villa – le passage sur Valence est cependant bien moins détaillé que les autres – mais aussi des joueurs de bout de banc ou plus compliqués à gérer, on ne peut s'empêcher de prendre partie pour lui. Après tout, si l'un des meilleurs attaquants de ce début de siècle lui tresse tant de louanges, pourquoi la remise en cause de ses capacités à gérer des grands joueurs par le premier observateur (plus ou moins) neutre venu serait-elle si importante? Pourquoi, lui qui a relancé l'hypersensible Ever Banega et fait décoller le fou furieux Felipe Melo, deux des joueurs les plus compliqués à gérer de notre époque, ne pourrait-il pas tenir un vestiaire où se côtoient grands professionnels et gamins immatures?

 

Un début de réponse se trouve peut-être dans le chapitre consacré à son aventure au Spartak. Là-bas, sa méthode, en décalage total avec les habitudes locales, n'avait pas été comprise. Quasiment iconoclaste et cible facile des jeux de pouvoirs à cause d'une maîtrise très incertaine de la langue, il n'avait pas su convaincre. Alors, pas assez bon à l'export? Comme l'auteur, qui trahit son amour de l'Espagne par des descriptions des paysages, des mets et de l'ambiance, Unai Emery est un Basque profondément attaché à sa terre et dont la méthode et le caractère semblent plus adaptés à la culture footballistique hispanique. Ce livre, où il est d'abord question des hommes et notamment de son fidèle adjoint, se conclut ainsi par un chapitre sur Paris. Et notamment ce témoignage d'Igor, le frère, racontant un appel nocturne d'un journaliste de L'Équipe cherchant à savoir si le fait de mimer avec des bouteilles lors de la conférence de presse du jour était un calcul pour faire le buzz. "C'est peut-être son souci, il pense que toute personne est honnête."

 

Partager

Cultures football


Tom Hancock
2018-09-17

Le FC Brickstand, monté de toutes pièces

When Saturday Comes – Après s'être lancé dans l'édification en Lego d'une centaine de stades anglais, Chris Smith a littéralement construit une équipe et un championnat. 


Brice Tollemer
2018-09-12

Roberto Baggio – Tiny Tears

[Songs From A Dressing Room] Un événement de la carrière d’un joueur peut subitement évoquer une chanson écoutée des centaines de fois. Aujourd’hui, Roberto Baggio et les Tindersticks se rencontrent dans nos mémoires.


Antoine Zéo
2018-07-31

Paris, initiation à la vie

Avec Je suis né la même année que PSG, récit intime et enflammé, Grégory Protche mêle sa propre histoire à celle du club auquel il voue un culte païen. 


>> tous les épisodes du thème "Cultures football"

Sur le fil

Au fait, le Classement en relief est de retour ! Dispo pour la L2 et cinq championnats européens:… https://t.co/48Frot0Npp

Les chiffres le confirment: en Ligue des champions, Paris craque trop souvent dans le dernier quart d’heure. "PSG,… https://t.co/OoiaxcVBNm

Jesé de retour à Paris ! https://t.co/8P9X0pLsWL

Les Cahiers sur Twitter

Le forum

Observatoire de la violence dans le football

aujourd'hui à 13h15 - suppdebastille : "Christ en Gourcuffaujourd'hui à 13h01 Je ne vois pas, dans nos société occidentales, un sport... >>


Foot et politique

aujourd'hui à 13h11 - Mevatlav Ekraspeck : J'ai naïvement cru à un troll. Indéfendable sur le fond et sur la forme, je vais néanmoins me... >>


Dans le haut du panier

aujourd'hui à 13h09 - Westham : JHG, laisse ton mail ici histoire que je te renvoie le lien de la ligue cédéfiste. >>


Café : "Au petit Marseillais"

aujourd'hui à 12h59 - 1792 : Je ne pense pas que le système doit la cause du problème, mais l'an dernier c'est avec une... >>


LA GAZETTE : les observations

aujourd'hui à 12h57 - Danishos Dynamitos : 4 buts refusés en trois matches à Geoffroy-Guichard avec la VAR uniquement utilisée contre elle,... >>


Bréviaire

aujourd'hui à 12h54 - Danishos Dynamitos : Retour vers le futur"Et après avoir dévissé sa reprise du gauche (52e), il (Yannis Salibur) a... >>


EAG, les paysans sont de retour

aujourd'hui à 12h50 - Jankulowski Desailly Galasek : la *retraite forcée de Razza >>


Gerland à la détente

aujourd'hui à 12h50 - De Gaulle Volant : KoolJus de Ninoaujourd'huiEt on va peut être attendre avant de taper sur Menphis non?----Oui et... >>


LA GAZETTE : Les gestes / Les antigestes

aujourd'hui à 12h49 - Danishos Dynamitos : Dans les antigestes:Les trois buts du match ASSE-Caen qui nous offrent un tiercé joga mochito:... >>


Et PAF, dans la lucarne !

aujourd'hui à 12h15 - Portnaouac : Parce que je ne parle pas (à cet instant) de la ré-écriture de l'histoire de ce fait divers,... >>


Les brèves

Onanapa

“L'Ajax refuse de laisser partir Onana à l'OM.” (foot01.com)

Monaco 2004

“Ils ont failli rejoindre l'OM.” (lequipe.fr)

Sans-Gênes

"Le PSG offrirait un pont d'or à Ivan Rakitic !" (madeinfoot.com)

José fourrait

"Mourinho, l'amour dure trois ans." (lequipe.fr)

Alcolo décanté

"Wenger en 'cure de désintoxication'." (lequipe.fr)