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Pierre Martini

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Le prix des buts

La statistique est un peu absurde, mais elle souligne le caractère aléatoire des investissements sur le marché des transferts. Combien a coûté chaque but des attaquants arrivés cet été, parfois avec fracas? L'occasion de s'interroger sur les politiques de recrutement...
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La statistique est un peu absurde, disions-nous, et prématurée car pour avoir un sens réel, elle devrait être établie sur l'ensemble de la saison, voire rapportée à toutes les saisons que les joueurs en question disputeront (déduction faite de leur éventuelle valeur à la revente de leur contrat). On aurait alors une idée plus juste de l'amortissement de ces investissements à risque. Mais puisque la trêve estivale a été marquée par un retour des clubs français sur le marché des transferts —grâce à l'encaissement des nouveaux droits de télévision et à des mises de fonds importantes de la part de certains investisseurs (Canal+ et Pinault en premier lieu)— il était amusant de comparer à mi-saison le rendement des néo-buteurs de la D1.

Le prix du but
1. Beck (Lille): 10 MF — 11m. — 4buts — 2,5 MF/but
2. Bonilla (Toulouse): 25 MF — 15 m. — 6 buts — 4,2 MF/but
3. Marlet (Lyon): 38 MF — 11m. — 6 buts — 6,33 MF/but
4. Moldovan (Nantes): 35 MF — 9 m. — 5 buts — 7 MF/but
5. Fuertes (Lens): 40 MF — 10 m. —5 buts — 8 MF/but
6. Pauleta (Bordeaux): 80 MF — 11m. — 9 buts — 8,9 MF/but
7. Adriano (Marseille): 20 MF — 11 m. — 2 buts — 10 MF/but
8. Ljuboja (Strasbourg): 25 MF — 10 m. — 2 buts — 12,5 MF/but
9. Nonda (Monaco): 140 MF — 15 m. — 7 buts — 20 MF/but
10. Fadiga (Auxerre): 20 MF — 10 m. — 1 but — 20 MF/but
11. Marcelinho (Marseille): 50 MF — 10 m. — 2 buts — 25 MF/but
12. Turdo (Rennes): 80 MF — 10 m. — 3 buts — 26,7 MF/but
13. Anelka (Paris): 218 MF — 10 m. — 6 buts — 36,3 MF/but
14. Lucas (Rennes): 140 MF — 11m. — 1 but — 140 MF/but

Plus juste sportivement pour ces recrues qui ne sont pas responsables du montant de leur transfert, mais plus de leur rendement sur le terrain, voilà le ratio du nombre de buts par match.

1. Pauleta: 0,82 but/match
2. Anelka: 0,6 but/match
3. Moldovan: 0,55 but/match
4. Marlet: 0,54 but/match
5. Fuertes: 0,5 but/match
6. Nonda: 0,46 but/match
7. Bonilla: 0,4 but/match
8. Beck: 0,36 but/match
9. Turdo: 0,3 but/match
10. Marcelinho: 0,2 but/match
11. Ljuboja: 0,2 but/match
12. Adriano: 0,18 but/match
13. Fadiga: 0,1 but/match
14. Lucas: 0,1but/match

Les deux tableaux donnent quelques indications instructives.
Comme un clin d'œil, la palme du "but le moins cher" revient donc à Mikkel Beck, lequel joue certes dans une équipe qui ne marque pas beaucoup et n'a pas de gros moyens financiers. Mais avec quatre buts, il faut vraiment que le Danois n'ait pas coûté cher (10MF) pour se retrouver en tête, la remarque valant aussi pour Bonilla (25MF). On est d'ailleurs frappé par le bilan assez faible du panel, seul Pauleta paraissant dans le rythme d'un éventuel meilleur buteur. La position médiane de Nonda et ses 7 buts signalent une difficile première moitié d'exercice, avec un bilan honorable sans plus, qui ne le fait pas échapper aux critiques à Monaco.
Les recrues ont figuré souvent sur la feuille de match (à l'exception de Fabiano, qui n'a disputé que deux matches et inscrit aucun but), mais pas tant que ça. Il paraît évident qu'on ne fait pas venir un attaquant pour le laisser sur le banc, du moins pas au début. Pourtant, à l'exception de Nonda et Bonilla, qui ont disputé 15 des 17 matches possibles, aucun ne sort de la fourchette de 9 à 11 rencontres. Quelques arrivées tardives, les blessures et la nécessité d'une rotation des effectifs expliquent en partie cette présence partielle sur les pelouses. Les attaquants déjà en place dans leur équipe depuis une ou plusieurs saisons assurent un taux de présence plus élevé: pour exemple, Baticle (17), Luyindula, André, Guivarc'h (16), Christian, Rodriguez, Simone (15), Née, Fiorèse, Boutoille (14) ont bénéficié plus significativement de la confiance de leur entraîneur.
Par ailleurs, l'impact du recrutement sur les résultats de l'équipe apparaît dans les très mauvaises positions des embauchés rennais et marseillais. La vague sud-américaine a échoué sur ces rivages-là... La présence inattendue de Pauleta ou celle de Fuertes (à confirmer par la suite), bien placés au classement combiné, montre à l'inverse la nécessité de réussir des coups dans cet exercice très délicat. Autres satisfactions, Marlet et Moldovan, dont la réussite indique qu'une embauche bien réfléchie, avec des risques calculés et une négociation avantageuse, est un pari presque gagné.
Phénomène à part, Anelka n'a pas démérité puisqu'il se retrouve avec un ratio de buts par matches intéressant, échappant, sinon aux blessures, du moins à un fiasco qui lui aurait coûté très cher, ainsi qu'à son club. On sait en outre que les fameux 218 millions de son billet Madrid-Paris ne peuvent être rapportés au seul bénéficie sportif de sa venue, mais aussi aux profits économiques et d'image qu'elle est censée engendrer. Seul Lucas, double lanterne rouge, parvient à se glisser derrière lui, avec un solde calamiteux.

Le vrai bilan des transferts 2000/01 se fera en mai, et pas seulement pour les attaquants. Nul doute que beaucoup des mal classés désignés ici auront le temps de redresser leur situation, leurs actuels devanciers pouvant effectuer un chemin inverse. Ne sous-estimons pas le temps d'adaptation nécessaire à leur intégration, surtout à un poste où la confiance et l'apprentissage du jeu local sont indispensables. Certains d'entre eux n'ont pas non plus la tâche facile, parachutés dans des clubs en plein marasme, où les plus talentueux des buteurs ne pourraient même pas s'exprimer. Des exemples illustres ont suffisamment montré qu'une première saison n'était pas significative, et qu'il fallait se garder d'exécuter trop tôt.
Ce bilan provisoire est cependant assez peu flatteur dans l'ensemble, comme s'il sanctionnait l'absence d'une vrai "culture" du marché des transferts de la part de nos clubs. À l'heure où certains d'entre eux réclament des moyens financiers supplémentaires (et bénéficient déjà d'un afflux d'argent), on peut s'interroger à nouveau sur leurs prétentions en la matière et sur un certain manque de maturité, qui ne surprend pas. Les démarches d'un Pinault ou d'un Louis-Dreyfus montrent les limites d'une confiance trop grande (héritée du monde des affaires) dans le pouvoir du chéquier. La réussite d'une équipe dépend de tant de paramètres, essentiellement sportifs, qui ne se soumettent pas à de telles solutions. Des défis fondamentaux qu'il faut relever avant de penser à bien figurer en matière dans la foire aux joueurs...

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