auteurs
Toni Turek et Christophe Zemmour

> article précédent

Neuer, premier rempart

> article précédent

L'Ibère a été long

Le Mario de l'an 12

Matchbox : Allemagne-Italie 1-2 – Le Super-Mario était italien: trahie par sa défense et terrassée par Balotelli, l’Allemagne n’a pas été en mesure d’aller chercher sa revanche contre les Espagnols.

Partager

Stadion Narodowy, Varsovie - 55.540 spectateurs.
Arbitre : Stéphane Lannoy (FRA).
Buts : Özil (90e+2 s.p.) pour l’Allemagne; Balotelli (20e, 36e) pour l’Italie.

 

Allemagne : Neuer - Boateng (Müller, 71e), Hummels, Badstuber, Lahm (cap.) - Schweinsteiger, Khedira - Kroos, Özil, Podolski (Reus, 46e) - Gomez (Klose, 46e). Sélectionneur: Joachim Löw (ALL).
Italie : Buffon - Balzaretti, Barzagli, Bonucci, Chiellini - Pirlo - Marchisio, De Rossi, Montolivo (Thiago Motta, 64e) - Cassano (Diamanti, 58e), Balotelli (Di Natale, 70e). Sélectionneur: Cesare Prandelli (ITA).

 

 

 

La nalyse

Dans cette seconde demi-finale de l’Euro 2012 où le jeu et les joueurs ont mis quelques minutes à se poser – notamment Buffon qui a retrouvé petit à petit de la maîtrise dans ses interventions, l’Italie a décroché son billet pour la finale de dimanche grâce à une prestation accomplie qui a réglé une grande partie de ses problèmes d’efficacité offensive. Avec un Pirlo toujours aussi précis et précieux sans toucher autant le ballon que d’habitude, un Montolivo généreux et inspiré (passe décisive sur le second but de Balotelli à la 36e), et une ligne d’attaque Cassano-Balotelli tranchante, les Azzurri ont converti leurs premières occasions après avoir subi quelques vagues allemandes.

 

 

Les joueurs de la Nationalmannschaft ont eu leur meilleure période après l’ouverture du score, frappant de loin et centrant, faute de pouvoir déséquilibrer la défense par du mouvement ou l’exploitation de la profondeur. Déficiente dans le marquage et la concentration, l’arrière-garde allemande a été plusieurs fois inquiétée... et inquiétante, Hummels et Boateng se montrant bien naïfs devant Cassano sur le centre qui donne le premier but à Balotelli (26e). Les Italiens ont évolué habilement en contre-attaques placées et en mouvements collectifs à trois ou quatre, exécutés rapidement (67e, 75e, 83e). Ils ont aussi su défendre sans faute et avec lucidité, contraignant souvent leurs adversaires à essayer de loin (49e) ou sur coup franc (62e), les rares incursions ayant été endiguées par l’intervention des défenseurs (56e, 85e). Imprécise, impuissante et proche du 0-3 avec une formation complètement désorganisée sur la fin de match, l’Allemagne a réduit l’écart grâce à un penalty d’Özil. La Nazionale acquiert ainsi sa qualification en finale, pour un remake de son très agréable premier match face au tenant du titre.

 

 

 

Les observations en vrac

Vu leur forme physique avec une prolongation dans les jambes et deux jours de récupération en moins, les Italiens doivent être dopés en plus d'être corrompus.

 

Pour se restaurer durant le match, Löw a trouvé la parade à la pénurie de mucosités nasales: les restes au bout de ses ongles.

 

C’est dingue de ne pas pouvoir empêcher de parler de" jeu à l’Italienne” dès que l'Italie ouvre le score...

 

Cool cette règle de Platini pour les cartons jaunes, comme ça les buteurs peuvent exhiber leur torse sans grand risque.

 

Les Italiens pourront eux aussi bénir cette règle, qui leur épargne d’avoir quatre suspendus pour la finale.

 

Cette fois, Balotelli a réussi à remettre son maillot.

 

Les temps changent : maintenant on aime une Italie brillante et une Allemagne de losers.

 

Voir la défense allemande enclencher le mode auto-destruction, ça a dû ravir les Bleus de la génération Platini.

 

Les joueurs du Bayern de Munich peuvent souffler: ils ont évité une quatrième finale perdue d’affilée.

 

Christian Jeanpierre après les hymnes : "On est rarement déçu lors des Allemagne-Italie". Sauf quand on est allemand, en fait.

 

 

 

 

 

 

Le geste

La protection de balle suivie du petit crochet intérieur du droit de Cassano qui élimine Boateng et Hummels, et qui lui permet de se mettre sur son pied gauche, pour placer un ballon que reprend Balotelli de la tête à bout portant.

 

 

 

Les gars bleus

Emprunté en début de match, comme on l’a rarement vu, Buffon rate deux sorties d’emblée (6e et 12e). Mais ses premières interventions réussies et sa détente de grande classe sur la frappe de Khedira (35e) l’ont repositionné en homme fort du match. Il aura fallu un penalty pour le battre (90e+2), et s’est montré inspiré sur le coup franc de Reus, qu’il détourne sur sa barre (62e).

 

Sa charnière Barzagli-Bonucci a été sérieuse et judicieuse dans ses interventions, et ses latéraux Chiellini et Balzaretti ont été remarquables de combativité. Le défenseur de la Juventus a mis quelques minutes pour poser le ballon au sol, et a bien décalé Cassano sur le premier but italien. De son côté, le latéral gauche de Palerme s’est bien adapté à ce poste d’arrière droit, avec de bons choix défensifs (34e, 85e) malgré la faute de main qui amène le penalty allemand (90e+2).

 

 

Moins libre et moins servi que face à l’Angleterre, Pirlo n’a rien perdu de son importance et a su jouer juste avec peu de touches de balle. À sa gauche, De Rossi a beaucoup couru derrière le ballon, et a été récompensé quelques fois sur de jolis tacles (41e, 78e). Il a même participé à certaines attaques en seconde période (75e, 78e). Même s’il a pris un ballon en pleine tronche de la part de Balzaretti (48e), Marchisio a été exemplaire, n’hésitant pas à défendre et à être présent sur les contres (67e, 75e).

 

Montolivo a une influence grandissante dans cette équipe, tentant sa chance après une belle séquence individuelle de protection et de mise en position (18e), abattant sa part de repli et de travail défensif et surtout donnant une passe en parfaite adéquation avec l’appel de Balotelli sur le second but de celui-ci. L’entrée de Thiago Motta a coïncidé avec un rééquilibrage des débats au milieu de terrain, qui a permis à l’Italie de se créer des occasions de troisième but.

 

Cassano a été époustouflant dans ses appels et son travail côté gauche, sa technique et sa vista. Il a souvent cherché Balotelli, et l’a même trouvé pour l’ouverture du score sur une merveille d’inspiration de crochet du droit suivi d’un centre du gauche flottant et précis (20e). Bon dans tous les registres (protection, profondeur, face au but), le n°9 italien a inscrit un doublé de grande classe, avec cette reprise de la tête (20e) et cet appel croisé suivi d’une frappe imparable du droit premier poteau (36e). Di Natale a bien rempli son rôle de contre-attaquant et a raté une belle occasion, tirant dans le petit filet (82e) après avoir été parfaitement lancé par Diamanti – qui a montré de belles choses dans ses services pied gauche (tentative de lob 66e, passe pour Marchisio 67e).

 

 

 

Les gars blancs

Neuer n’a pas réalisé d’exploit. Il s’est montré vigilant, mais il a été laissé bien trop seul pour sauver la baraque allemande. On l’a même cru contaminé par l’insécurité de sa défense, quand il s’est loupé pour dégager un ballon (73e). Dans une position de libero dans les dernières minutes, il a pu montrer qu’il était bon de la tête, mais il n’y a pas eu de but “à la Palop”. À l’arrivée, il n’aura pas renforcé son emprise sur la place de premier gardien allemand.


La ligne arrière a vécu une soirée de cauchemar. Boateng en a été le point le plus faible (comme d’habitude), son côté droit laissant des boulevards aux Italiens. Fautif sur le premier but, absent sur le second, son apport offensif ne rattrape décidément pas ses lacunes défensives répétées. Remplacé par Müller, bien plus offensif, mais pas plus décisif. Lahm n’est pas exempt de reproches non plus, car c’est lui qui est en cause sur le 0-2 en couvrant Balotelli, sans parvenir ensuite à le rattraper – un loupé spectaculaire de sa part. Son apport offensif et ses centres côté gauche n’ont hélas cette fois pas connu d’heureuse conclusion.

 

 

Soirée ratée aussi pour Badstuber: le défenseur central bavarois a fait preuve d’un étonnant manque d’agressivité sur Balotelli sur le 0-1, et s’est mal entendu avec Lahm sur le 0-2. Finalement, c’est Hummels qui s’est montré le moins mauvais: il a réalisé quelques bonnes interventions (sauf sur l’ouverture du score italienne), et s’est procuré lors d’une montée sur un corner une des meilleures occasions dès le début du match. Au vu de la rencontre, la défense méritait plus un 0-3 qu’un 1-2. La conclusion de ce tournoi, c’est qu’il faut que Löw trouve un autre latéral pour aider du côté opposé à Lahm: faut-il alors lancer Schmelzer à gauche pour basculer de nouveau Lahm à droite?

 

Au milieu, Podolski n’a pas fait grand-chose, ce qui lui a valu d’être remplacé par un Reus qui a eu le mérite de dynamiser un peu le jeu allemand, avec une belle occasion sur coup franc qui a fini sur la transversale de Buffon. Le fait d’être mené au score a désorganisé le milieu allemand, où seuls les Madrilènes Özil et surtout Khedira – sans doute le meilleur Allemand du tournoi – ont tenu, tant bien que mal, leur rang. Le pari de Löw, qui a titularisé sur le côté droit Kroos (pas assez incisif sur coups de pied arrêtés), s’est révélé perdant: Schweinsteiger ne pouvait pas être au four et au moulin, et les larges espaces laissés aux Italiens ont coûté cher.

 

Devant, Gomez n’a guère eu qu’une tête pas assez croisée pour se signaler, avant de devoir laisser sa place à Klose pour la deuxième période. Le vétéran a un peu plus bougé la défense italienne, sans davantage de succès. Peut-être les deux auraient-il pu être alignés ensemble un temps en deuxième période?

 

 

 

Vu du forum

=>> magnus - 20h56
Un hymne italien soutenu par 75 choristes et 128 cordes, vraisemblablement pour ne pas entendre à nouveau Buffon.


=>> Tricky - 21h09
C'est risqué de la part de Prandelli cette compo
Pirlo
Pirlo-Pirlo-Pirlo-Pirlo
Pirlo-Pirlo-Pirlo
Pirlo-Pirlo
Pirlo

 

=>> Mevatlav Ekraspeck - 21h43
Le rapprochement franco-allemand n'est pas un vain mot, puisque nos voisins ont décidé de pousser le principe d'union européenne jusqu'à copier les principes de défense, d'animation et de finition propre aux deux derniers matches de l'équipe de France. Méxès en allemand, ça se dit comment?


=>> Koller et Thil - 21h48
Et dire qu'il y en a pour prétendre que Marion Bartoli a raté son tournoi...


=>> Hydresec - 21h51
Ces gros plans sur les supportrices allemandes qui sanglotent, ça devrait m'émouvoir mais en fait non. Elle est dans les tribunes, Angela ?

 

=>> Zubar t'abat - 22h01
Balotelli super posé.

 


Les titres auxquels vous avez échappé

Les Teutons flingués
Balo tue Löw
A Löw maman, Balo
La choix de Varsovie
Kroos Malheur
 

Partager

> sur le même thème

Dernier carré : les forces de l'axe

> Dossier

L’Euro 2012

L’Euro 2012


Jérôme Latta
2012-10-02

Les clubs riches se payent en Euro

Une Balle dans le pied – L'UEFA indemnise les clubs pour la mise à disposition de leurs internationaux, et gavent les plus riches avec un artifice très peu "fair-play financier".


Jacques Blociszewski
2012-08-31

L'Euro 2012 entre Spidercams et écrans géants

Plus légère et inventive à bon escient, la réalisation TV de l'Euro a réservé de bonnes surprises – non sans confirmer des tendances plus inquiétantes.


Mike Ticher
2012-08-13

Erreurs système

Invité : When Saturday Comes – L'Angleterre ne produira pas de joueurs capables de gagner des tournois internationaux avant d'avoir des entraîneurs dignes de ce nom.


>> tous les épisodes du thème "L’Euro 2012"

Les brèves

Je crois que bon bon

"Laurent Blanc à Lyon, ça ne colle pas pour deux raisons" (foot01.com)

Aucun

"Euro U17 : qui sont les joueurs majeurs de l'équipe de France ?"

Autobiographie

"Ribéry : Des débuts fracassants." (lequipe.fr)

Ô Pep !

"Un pays africain rêve de Bruno Genesio !" (dailymercato.com)

Ruuuuuuuuuuuuuuuuuuud van Nistelrooy

"PSV Eindhoven : Ruud van Nistelrooy prolonge sur le banc des U19." (lequipe.fr)