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Le lundi, c'est Matuidi

Une mine de Matudi et une meilleure mine pour l'équipe de France : en battant la Serbie, les Bleus ont rectifié leur trajectoire vers l'Euro et retrouvé des idées – ainsi que quelques joueurs – sur le terrain.

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Sept victoires, deux nuls, trois défaites : le mois de septembre de l'équipe de France rehausse son bilan de l'après-Coupe du monde, même si elle a disputé les deux tiers de ces douze matches à domicile. Il dissipe surtout l'inquiétude née des revers du premier semestre 2015, et relance une dynamique perdue à la fin de l'année dernière.

 

 

Au prestige relatif du succès de Lisbonne, on préférera l'impression laissée par la première période à Bordeaux, avec plusieurs individualités brillantes et une expression collective enfin satisfaisante. Le trio Matuidi-Schneiderlin-Pogba, qui n'avait plus été aligné depuis le France-Équateur de la Coupe du monde (Deschamps ayant en revanche souvent titularisé Cabaye à la place de Schneiderlin), a efficacement ancré la formation tricolore dans un 4-3-3 qui a aussi mis en valeur Griezmann et Valbuena à l'animation (lire la nalyse).

 

Le premier quart d'heure, ponctué d'un but au milieu d'une série d'occasions, a vite donné le ton, et si Giroud avait été plus heureux sur les siennes, la correction aurait été en vue. Faute de quoi, après une parade de Lloris pour mettre en échec Gudelj (18e), un but quasiment accidentel de Mitrovic (39e) a laissé les Serbes dans la course. D'autant que si les Bleus enquillaient encore les occasions après la pause (Griezmann avec un tir sur le poteau, 52e, Valbuena avec une frappe enroulée, 59e), le passage de l'heure de jeu sonnait le réveil des visiteurs avec quelques crochets de Tosic mal conclus (63e et 87e) ou une intervention de Lloris devant Skuletic (84e).

 

Alors que Giroud n'a pas réussi à convertir sa demi-douzaine d'occasions (jamais honteusement, faut-il préciser), Benzema, en lui succédant à la 62e minute, ne s'en est pas procuré… Le jeu n'appartint plus qu'à Valbuena et Griezmann en cette fin d'un match que Matuidi avait de toute façon définitivement marqué de son empreinte, mettant d'accord aussi bien les milieux que les attaquants.

 

 

 

La nalyse : Matuidi pour l'histoire, Griezmann et Schneiderlin pour le jeu

Quarante-cinq minutes et puis plus grand chose. De cette victoire, on préférera retenir la première période, animée par des Bleus pleins d’idées et emmenés par un Blaise Matuidi tireur d’élite. La sortie du milieu parisien à la pause coïncida avec une baisse de rythme dans le jeu français, mais il n’avait pourtant pas été l’homme le plus important dans la construction tricolore. Morgan Schneiderlin, par sa capacité à jouer très vite vers l’avant, à casser les lignes, des deux pieds et dès la récupération (comme il le fit sur le premier but, envoyant Bacary Sagna sur le flanc droit), et Antoine Griezmann, par son sens du jeu et ses déplacements toujours aussi casse-gueule pour l’adversaire, furent particulièrement brillants offensivement.

 

 

 

 

Disposée en 4-3-3 mais avec quatre milieux (Schneiderlin, Matuidi, Pogba, Valbuena) et deux attaquants (Giroud et Griezmann), la formation de Didier Deschamps prit rapidement le contrôle du ballon en première période. Elle défendit même en avançant, poussée par la hauteur de Pogba sans ballon. Tandis que Valbuena et Griezmann défendaient sur les ailes, le Turinois, accompagné par les envies de pressing de Schneiderlin, forçait les Serbes à reculer, obligation que seul Nemanja Matic parvint à négocier, aidé par son insensée protection de balle.

 

Les ailes, c’est là où la plupart des occasions tricolores virent le jour. Giroud dans l’axe, Griezmann happé par l’intérieur du jeu et Valbuena présent pour combiner, les couloirs furent libérés pour les latéraux français, notamment Trémoulinas, auteur de huit centres, dont la moitié réussis. Au bout se trouvait souvent Giroud, disponible et vainqueur de ses duels mais pas du ballon: six tirs, un seul cadré et beaucoup de gestes de frustration après s’être raté. Mollassonne lors du second acte, quelque peu réveillée par l’entrée tonique d’Anthony Martial, l’équipe de France eut plus de difficultés après l’arrivée sur le terrain d’Adem Ljajic et Filip Kostic, sans pour autant s’exposer déraisonnablement. Bien protégé par Raphaël Varane, le but d’Hugo Lloris fit face à peu de danger malgré une possession serbe de plus en plus haute.

 

L’absence d’enjeu incite toujours à la retenue mais ce succès des Bleus, pour le premier match de leur histoire dans le nouveau stade de Bordeaux, accélère certaines réflexions: Schneiderlin doit être titulaire devant la défense et Griezmann peut être aussi bon avec la France qu’avec l’Atlético. Et tant pis s’il ne marque pas en sélection. De toute façon, il y a Blaise Matuidi. (Raphaël Cosmidis)

 

 

 

 

 

Les observations en vrac

L'impact de la frappe de Matuidi a disloqué une quinzaine de sièges en tribune.

 

Après tant d'années, force est de conclure que les concurrents de Sagna et Évra n'ont jamais sérieusement convoité leurs places.

 

C'est bien, aussi, quand Pogba est plus discret mais qu'il reste bon.

 

Matuidi marque désormais sur des volées et de la tête, il ne reste plus qu'à le laisser tirer les coups francs.

 

On a cru un instant que même le but serbe était de Matuidi.

 

Le principal dribble de Pogba consiste à attendre le défenseur puis à pousser le ballon devant lui. Et ça marche très bien.

 

Ne dites pas "C'est Petar Skuletic", mais "T’aurais dû rouler un trois-feuilles".

 

La victoire est d’autant plus probante que les Bleus ont dû se passer de Patrice Évra.

 

 

 


Vu du forum

=>> le Bleu - 20h49
Cinquante-et-unième sélection de Sagna. Encore une et il rejoint Tigana.

 

=>> Gouffran direct - 21h21
Heureusement que Giroud est là pour laisser respirer la défense serbe.

 

=>> Pascal Amateur - 21h42
Et encore, on a évité un duo Giroud-Pignol, qui se serait bien fait descendre.

 

=>> Tricky - 22h25
"Depuis qu'il est à Manchester, [Schneiderlin] a pris des épaules." Soit en 55 jours. En fait, je ne vais pas me faire chier à regarder des matches de Southampton non plus ; vu que toi, téléspectateur de TF1, pas plus, ça devrait passer.

 

=>> Gazier - 23h34
Mettre des buts pareils devant un public habitué à ceux de Diabaté, c'est pas humain.

 

=>> Mevatlav Ekraspeck - 00h53
C'est sympa de ressortir de la cave la frappe d'Hamada Jambay de temps en temps. Mais si ce bon Blaise pouvait la rendre au musée...

 

 

Les titres auxquels vous avez échappé

Serbie en coqs
Serbie sur un plateau


Crédit : Le titre est de Toto le Zéro.

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