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Curtis Midfield

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Le jeu est enfant de Bohême

Alors qu'un championnat incertain redémarre, c'est le moment de formuler quelques espoirs sur la qualité du jeu à venir et sur la volonté de jouer des équipes, notamment pour troubler la hiérarchie officielle. Que le plus joueur gagne, pour le spectacle et pour une certaine morale...
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Ce qu’il y a de bien avec les sports collectifs et avec le foot en particulier, c’est qu’on est jamais sûr de rien.
Prenez un club qui passe des semaines dans l’élaboration de montages financiers dignes de la Mairie de Paris afin d’attirer ce qui se fait de mieux comme manieur de ballons. Qui recrute un entraîneur avec une réputation en béton et un staff technique qui va de la manucure au préparateur mental. Un club qui avoue certaines ambitions et dont les dirigeants se prennent à rêver de gloire. Un club qui a tout pour réussir, mais qui a oublié l’essentiel : composer une équipe de joueurs solidaires capables de s’accorder pour tirer le meilleur du groupe.
Dès lors, un amalgame qui prend mal, une erreur de préparation, des esprits trop enflés ou déjà ailleurs, un public hostile, le sort qui s’acharne et voilà nos dirigeants réduits à attendre la prochaine saison pour espérer des jours meilleurs.
Ce schéma à peine caricatural s’est appliqué au Marseille de l’an dernier ou au PSG de la saison précédente. Le plus étonnant est que ces deux clubs ont utilisé la même méthode pour s’en sortir. Adoption d’un profil bas sur le plan médiatique, recrutement plus axé sur des valeurs morales que sur des noms et surtout un salut basé entièrement sur le jeu. Seul ce dernier pouvant sauver les âmes perverties par trop d’intérêts financiers des pécheurs aux semelles à crampons. Lui seul étant également capable de leur apporter le pardon et la bénédiction des supporters. Fini les discours obsédés par le classement, bienvenue aux ambitions modestes où la notion principale repose sur la recherche du plaisir. Plaisir des spectateurs, plaisir des joueurs et plaisir du jeu.
Tant de choses si simples, si évidentes que l’on a du mal à expliquer les errances passées (et à venir) si ce n’est justement par l’oubli de ces évidences.
Bien sûr, tout le monde n’est pas égal devant le jeu. Payez-vous Zidane, Figo et autre Blanc et vous aurez sans doute l’assurance de battre régulièrement le F.C Vierzon tant au niveau du score qu’à celui de la manière. Mais si une incartade collective compromet l’envie et la volonté de jouer, le premier Gueugnon européen qui passe vous rappellera à vos chères études de management.

Plus que par leur palmarès les gens se souviennent de certaines équipes mythiques grâce à la qualité du jeu qu’elles produisaient. Quel point commun entre le grand Ajax, le Milan AC des années 90 ou le Barcelone de Cruyff si ce n’est la fluidité de leur jeu et leur capacité à marquer à tout moment. Sans aller aussi haut, si Saint-Etienne ou Sedan ont eu autant de supporters l’an dernier c’est avant tout grâce à leurs prestations spectaculaires et aux risques offensifs pris. Ces deux exemples étant également la preuve parfaite que produire du jeu paie aussi sur le plan comptable puisque ces deux équipes ont fini en haut du classement alors que leurs budgets pouvaient leur faire augurer des jours plus difficiles.
La fin du vingtième siècle aura d’ailleurs coïncidé avec le retour d’une certaine moralité en matière de résultats sportifs. Dans les grandes compétitions internationales, peu d’injustices flagrantes ont été constatées. La ligue des Champions est revenu à un club espagnol, chose logique après les démonstrations effectuées par Barcelone (face à Chelsea), Valence (face au Barça) et le Real (face à Valence).
Et c’est bien la qualité de leur jeu qui a également permis à nos tricolores de doubler la mise pendant l’Euro. Notons de plus que l’équipe de 98 n’aurait sans doute pas suffi pour aller au bout ce coup-ci. Le succès final est bien la rançon du "plus" offensif apporté par un Zidane épanoui et par la jeune garde de la ligne d’attaque. Les victoires obtenues à l’arraché contre le Portugal et l’Italie étant entièrement justifiées par une prise de risques plus importante que l’adversaire et par une production offensive de plus grande qualité.

Mais l’Euro étant bel et bien terminé, et pour en revenir à des préoccupations plus actuelles à l’aube d’un nouveau championnat, il ne nous reste plus à espérer que tout le monde parte dans d'aussi bonnes dispositions, et que la volonté de jouer l'emporte aussi au classement.

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