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Chloé L. et Paul Arrivé

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La boîte à chants

Le Grenoble Foot 38 : Isère active

Il n’y a pas si longtemps, le GF38 faisait partie du paysage du foot français. Stade des Alpes, Index, Nassim Akrour… Autant de noms qui ont marqué le passage de Grenoble en Ligue 1. Aujourd’hui en errance en CFA, le club prépare son retour. 

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Encore raté. Pour la deuxième année consécutive, Grenoble a manqué la montée en National et devra passer une saison de plus au moins en CFA. Toujours en course lors de la dernière journée, il y a un peu plus d’une semaine, il fallait un miracle au GF38. Il n’y en a pas eu. Marseille Consolat décroche la timbale, Rodez termine deuxième, devant les Grenoblois. La route est longue, pour revenir aux sommets.
 

Car ces sommets, Grenoble les a touchés du doigt il y a quelques années. En 2004 les Japonais d’Index Corporation à sa tête, le club est ambitieux. Trop. Son président, Kazutoshi Watanabe, vise la qualification en Ligue des champions dans les dix ans, le créateur d'Olive et Tom dessine les mascottes, un nouveau stade est en construction. Grenoble roule vers la gloire.

 


 

Grenoble, de haut en bas

En 2008-2009, le club revient en Ligue 1 et termine à une remarquable 13e place. Du jamais vu dans l’histoire du GF38. Mais la suite est moins glorieuse. La deuxième saison dans l’élite est catastrophique : avec seulement 5 victoires pour 25 défaites, le club termine dernier. Avant d’entamer son année en Ligue 2, Grenoble perd alors ses meilleurs éléments (Feghouli, Akrour, Romao…). Une saignée dont le club ne se remettra pas, pointant à la 20e place pendant quasiment toute la saison. Lâché par Index, accablé par les dettes, il dépose le bilan. Le Stade des Alpes, inauguré en 2008, devient dès lors un vestige du passé professionnel du GF38.
 

L’équipe évite la DH et redémarre en CFA2, Olivier Saragaglia à sa tête. Le GF démarre à Corte avec douze joueurs dont trois gardiens, gagne le match et survole la saison. Cette reconstruction dans la difficulté et le soutien des quelques centaines de supporters fidèles au Stade des Alpes relancent le club. Mais en CFA, les affaires se compliquent. Grenoble termine troisième, en partie à cause de plusieurs retraits de points à la suite des incidents contre Villefranche ou la réserve du PSG.
 

Cette saison encore, le GF38 a laissé filer une montée qui lui tendait les bras. Malgré le retour de Nassim Akrour aux affaires (12 buts, à trente-neuf ans), Grenoble fait preuve d’une parfaite irrégularité, laissant filer des points à domicile face à Mont-de-Marsan ou Tarbes (0-1 et 1-1), pourtant à la lutte pour le maintien, Rodez (0-1), un concurrent direct, ou encore la B de Monaco (2-3). Plusieurs fois, les Grenoblois ont "leur destin en main". Mais à chaque fois ils le lâchent, incapables d’assumer leur statut de favori. Grenoble repassera la saison prochaine par la case CFA.
 


Derrière le rideau

Mais tout ne se joue pas sur le terrain à Grenoble. En coulisses, le club fait honneur à sa réputation quasi-légendaire d’institution bordélique à plusieurs niveaux. Le Stade des Alpes, d’abord, qui cristallise beaucoup de critiques dans la vie politique grenobloise (avant même sa construction par exemple, des manifestants s’étaient fabriqués des cabanes dans les arbres du parc Paul Mistral, où il devait être installé, pour protester contre l’arrachage de leurs nouveaux lieux de résidence), va faire l’objet d’une passation de pouvoir l’an prochain. Le GF38 ne remplissant qu’à peine une tribune sur quatre, la nouvelle municipalité (écologiste) a tranché : le Stade Lesdiguières ne sera pas rénové, c’est donc le rugby (le FCG évolue en Top 14) qui occupera le Stade des Alpes, et le GF et les Red Kaos (les Ultras grenoblois, toujours très actifs au niveau national, qui "fêtaient" leurs vingt ans cette saison) retourneront occuper la tribune Finet.
 

Une décision qui peut se comprendre d’un point de vue économique, car il faut bien remplir le stade, mais qui ne manque pas d’ironie lorsque l’on se souvient qu’il avait été construit pour le football, justement pour éviter l’embouteillage avec le rugby qui récupérait seul Lesdiguières. Un beau bazar. De plus, il ne s’agit là que de repousser le problème du stade. À court terme, il ne fait quasiment aucun doute que le GF38 reviendra au moins en Ligue 2. Comment gérer la situation qui se profile, avec deux équipes de haut niveau de deux sports différents et un seul stade viable, sachant que ce dernier a été transféré du foot au rugby dans un premier temps? Un casse-tête.
 


Retour programmé

Il serait plus simple d’avoir tort et que les Grenoblois continuent de végéter au quatrième niveau national. Mais cela parait improbable aujourd’hui. En effet, une étape importante a été récemment franchie vers le retour aux sommets du GF38, et ce malgré la non-montée en National: la probable implication de Patrick Trotignon (ex-président d’Évian Thonon-Gaillard) dans le club avec des investisseurs locaux, et le dépôt d’une SASP (Société anonyme sportive professionnelle) dont les contours commencent à se dessiner.
 

Grenoble va ainsi être géré comme un club professionnel, et devrait disposer d’un budget avoisinant les trois millions d’euros pour la saison qui se profile. Si beaucoup de questions se posent encore autour de l’organigramme, de l’entraîneur ou de l’effectif, l’objectif est simple : revenir au plus vite vers ces fameux sommets.
 

À l’issue d’une saison ratée, l’avenir du club isérois semble pourtant enfin s’éclaircir. Il va retrouver une structure décente et devrait, à court terme, rejoindre les divisions supérieures. Le National dans un premier temps. Un niveau que le GF n’a paradoxalement pas connu depuis près de quinze ans.
 

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