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Sans cérémonie

Le Feuilleton de la L1, épisode XXXVII

Cela lui pendait au nez : la L1 devient tragique. Heureusement, la poilade est le mot d'excuse du désespoir.
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Les deux principaux changements de cette journée se trouvent aux deux extrémités du classement : à la faveur d'une nette victoire contre Strasbourg, le Stade rennais subtilise la place de l'OM dans la course à l'UEFA, en leur reprenant trois points d'un coup. Du coup, ils se sont payé un tour d'honneur digne d'un vainqueur de championnat. Juste derrière, les Verts peuvent encore espérer dépasser les Provençaux lors de la dernière journée et même finir miraculeusement à la 4e place (ce qui constituerait leur meilleur classement de la saison) en cas de scénario (très) favorable. En queue de peloton, dans la lutte pour le maintien, les écarts restent identiques à ce qu'ils étaient la semaine précédente : cinq équipes se tiennent toujours en trois points, de la 15e à la 19e place, les deux dernières condamnant les formations qui les occuperont la semaine prochaine à jouer au niveau inférieur dès le mois d'août. Mais les noms des clubs qui les occupent ont évolué: Bordeaux et Nantes perdent respectivement deux et trois places, alors que Bastia, Caen et Ajaccio en gagne chacun une, les Normands sortant de la zone rouge à laquelle nous les avions pourtant condamnés il y a quelques semaines.

On ne rigole plus Étrange constat : rarement notre moisson de déclarations d'après-match a été aussi maigre (voir ci-dessous). Est-ce le résultat d'une perte d'intérêt de la part d'une bonne partie des équipes, déjà en vacances (le TFC étant pour sa part carrément en arrêt de travail)? L'effet d'une déprime qui atteint l'ensemble du foot français avec la perspective d'une relégation pour le monument nantais? Le sérieux mortel qui douche les clubs encore à la lutte pour le Graal européen? La peur de dire une connerie alors que l'heure est grave? Quoi qu'il en soit, rarement autant d'équipes auront été concernées, à la veille de l'ultime journée, par le risque de figurer dans les trois dernières places. Et compte tenu de ce scénario, même les Girondins seraient bien avisés de ne pas prendre à la légère le risque d'une énorme déconvenue.

Cruel revers de l'histoire : près de trente ans après leurs homologues stéphanois, ce sont les supporters nantais qui se tapent la tête contre des poteaux carrés.
Paranoïa aiguë Interrogé par Canal+, Michel Padovani, entraîneur du Sporting Club de Bastia, s'est étonné des résultats de la soirée qui empêchent le club de se sauver définitivement à une journée de la fin de la compétition, malgré une nette victoire contre les Lensois. Il est vrai que dans le même temps, Ajaccio, Metz, Nice ou Caen, tous adversaires directs des Corses dans la course au maintien, ont également eu l'outrecuidance de l'emporter, avec les tripes en ce qui concerne les deux derniers, malmenés par leurs adversaires du soir. Padovani a préféré y voir une sorte d'arrangement tacite entre ces clubs, sans, évidemment, jamais le dire explicitement, histoire de laisser planer un doute sur la bonne moralité des Toulousains et des Parisiens... Il faut dire que d'habitude, on entend plutôt les dirigeants des clubs en difficulté réciter un couplet sur le honteux avantage arbitral accoré aux "gros" du championnat. Mais un soir de défaite nantaise et de match nul bordelais — des résultats qui mettent les deux historiques du championnat à portée de Ligue 2 — l'argument n'était cette fois pas recevable.

Les Marseillais ont remis un plateau en argent aux Lyonnais avant le match. À la fin du temps réglementaire, il y avait la tête de Troussier dessus.
Les tripotages du destin "Avoir son destin entre ses mains". L'expression pourrait faire l'objet d'un "Mots du foot" dans le magazine, tant elle revient en vogue à chaque fin de championnat. Et avec l'embouteillage en queue du peloton de cette saison, on l'a entendu dans la bouche de la plupart des entraîneurs concernés. Au mode négatif comme au mode affirmatif, selon la position au-dessus ou en dessous de la ligne de flottaison provisoire... Il vaut donc mieux l'avoir entre les mains qu'entre ceux de ses concurrents directs, qui risquent d'en faire mauvais usage. Par ailleurs, il y a quelque paradoxe, s'agissant de football, à ce que ce soit entre ses mains qu'il faille garder son destin. En même temps, l'avoir entre ses pieds, ce serait prendre un petit pont.

Et oui, il devient difficile de cracher sur l'OL...
Inflation Chaque saison, il est de coutume de considérer une barre fatidique correspondant à l'assurance du maintien, que l'AJA est généralement la première équipe à franchir (L'OL ne joue pas le maintien). Pour un championnat à vingt club, la jurisprudence l'avait jusque-là établie à 40 ou 41 points (l'an passé, Guingamp, 18e comptait 38 points). Pas de bol, en raison de l'énormité de notre ventre mou national, tous les clubs concernés par la descente en L2 (à l'exception d'Istres, il ne faut pas exagérer) ont au moins 40 points... À la manière d'un arbitre de saut en hauteur, il a donc fallu remonter la barre à l'issue de toutes les dernières journées, ce qui a entraîné une surenchère de considérations désolées de la part des entraîneurs, un peu comme si les règles n'étaient plus respectées. Rolland Courbis, expert en comptage de points, a maugréé encore plus que de coutume: "Ce qui gâche un peu mon plaisir, c'est de me dire qu'avec 42 points nous ne sommes toujours pas sauvés. Je pense à toutes ces équipes qui débuteront le prochain championnat et qui sauront que le maintien se jouer désormais à 45 points. Je peux vous dire qu'elles seront nombreuses à trembler" (FF). Ça sonne comme une menace supplémentaire pour la qualité du spectacle et le goût de l'audace en Ligue 1. En même temps, Courbis le sophiste fait mine d'ignorer que le maintien pourrait aussi être acquis avec 42 points cette saison, et à 38 ou 39 points la suivante...

Dans cet état, à peine capable de se cramponner à un réverbère, cet homme aura sans doute du mal à trouver un taxi qui acceptera de le prendre.
Les observations en vrac > Les défenseurs marseillais devraient, au choix, arrêter de jouer à PES ou cesser de se passer en boucles les épisodes d'Olive et Tom. > Deux buts pour un Arabe et un but pour un Noir à Bastia. Bizarrement, aucun supporter corse n'a demandé à ce que le match soit rejoué. > Thebaux, le jeune portier nantais, a marqué un but contre sans camp du dos après que le ballon a frappé le poteau. Comme quoi l'école nantaise fait des émules même chez les gardiens. > Les Lyonnais sont aussi en tête du classement du fair-play. Après, ils s'étonnent d'énerver tout le monde.

Les Marseillais étaient déjà à côté de leurs pompes, maintenant ils mettent carrément les mains dedans.
L'anatomie d'une défaite Habib Bamogo (F365) : "Beaucoup de joueurs n'étaient pas très bien dans leur tête". Et ça s'est vu dans leurs pieds. Le refoulement Laurent Fournier (AFP): "La première période, je ne veux même pas en parler, c'était une honte". L'équipe qui ne sait jouer que le maintien Jacky Duguépéroux (DNA) : "Je voulais voir comment l'équipe allait se comporter sans cette épée de Damoclès sur la tête. Je les ai laissés se débrouiller seuls. J'ai vu qu'on a pris quatre buts". Le toucher rectal Érick Mombaerts (La Dépêche) : "On va mettre le doigt là où ça fait mal. On ne va pas se regarder le nombril".

C'est bon Jérémie, on t'a reconnu.
Le poids du passé Cyril Jeunechamp (AFP) : "Il y a deux mois, on nous tapait dessus en nous disant qu'on n'arrivait pas à gagner à l'extérieur. On passait pour des charlatans". L'équipe Playskool Habib Bamogo (F365) : "Chez nous, l'équipe a pratiquement été remodelée à cent pour cent". La surenchère parisienne Lionel Letizi (psg.fr) : "On prend deux buts d’anthologie, puis un troisième". Le complot interne Pascal Delhommeau (Ouest-France) : "Les résultats nous ont toujours été défavorables jusqu'ici". À commencer par les vôtres.

Le rebouteux lorrain entre en transe, mais les Parisiens étaient maraboutés depuis longtemps.
Le bouc émissaire à rien Jacky Duguépéroux (AFP): "En deuxième mi-temps, on s'est énervé, on a commencé à tout contester. Mais ce n'est pas l'arbitre qui empêche mes joueurs de suivre les milieux offensifs rennais". Le retour du spectre Jacky Duguépéroux (DNA) : "Les vieux démons ont resurgi". Proisy a passé un coup de fil avant le match? L'aile très gauche Jean-Claude Plessis (Est républicain) : "Le foot va mourir de ces débordements". Ce ne sont pourtant pas ceux de Viveros qui peuvent faire du mal.

Pillage des centres de formation : les clubs sont obligés de faire jouer les minimes quand le titulaire est suspendu.
L'interro pas écrite Gaëtan Huard à Ulrich Ramé (C+) : "Vous avez capitalisé une erreur qui risque de vous faire tort énormément". Le faux air Serge Le Dizet (AFP) : "La deuxième mi-temps a assez ressemblé à un match de hand". Mais le score a bien été un score de L1. L'aveu de dopage Laszlo Bölöni (Ouest-France) : "Les joueurs ont dû avaler pas mal d'exigences de la part du staff technique". La baisse des taux d'intérêts Philippe Troussier (om.net) : "Quoi qu’il en soit, on aura été intéressé jusqu’au bout par nos objectifs européens".

Selon, vous cet homme jovial en loden kaki est:
1. Le révérend Moon rendant visite à des adeptes enthousiastes.
2. Le dessinateur Cabu en reportage pour Charlie Hebdo.
3. Emmanuel Cueff, président du Stade rennais qui n'a plus honte de se montrer.
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Le championnat de France


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