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Cher Fabrice

Le Feuilleton de la L1, épisode XVII

Soyons objectifs : sans le Feuilleton, la Ligue1 serait le championnat le plus chiant du monde.
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Rolland Courbis est déjà parvenu à faire douter ceux qui voyaient Ajaccio en L2, voilà que son équipe fait déjouer l'OL comme jamais cette saison, et incite Paul Le Guen à déclarer que "ceux qui nous ont vu jouer ce soir oublieront qu'on est déjà champion de France". L'artifice argumentaire n'a tenu que jusqu'au match contre le Sparta Prague, mais c'est toujours ça de pris pour le suspens. Cette 17e journée a aussi été l'occasion pour certains de se refaire la cerise (pas celle sur le gâteau), comme Nice, Lens ou Istres qui remporte sa première victoire. Mais c'est du côté du quatrième vainqueur du week-end qu'il faut chercher le scénario le plus rocambolesque: l'OM de Troussier, sans Lizarazu, Luyindula ni Pedretti, remporte les trois points à Caen dans un match à controverses arbitrales. La qualité de jeu aléatoire des Marseillais empêche de conclure déjà à un redressement durable, mais l'accès à la troisième place fait office de sortie de crise…

Dès sa prise de fonction, Philippe Troussier s'est attaché à apprendre les gestes élémentaires du bowling aux joueurs exclus du groupe.
L’arbitrage favorise la bêtise ? La nuit porte conseil, dit le proverbe. Si c’est le cas, les rêves de Patrick Remy, l’entraîneur caennais, ont dû être bercés par la douce voix de Rolland Courbis ou de Vahid Halilhodzic dans la nuit de samedi à dimanche. Alors que l’on s’était endormis avec des paroles pleines de sagesse du coach normand, relativisant au micro de Canal+ plusieurs décisions de l’arbitre défavorables à son équipe lors du match face à Marseille, on a retrouvé un homme métamorphosé les jours suivants dans la presse : "L’OM a gagné grâce à l’arbitrage. On s’est fait voler. C’est inacceptable" indiquait-il dans France Football, avant d’ajouter qu’il n’avait pas voulu parler trop à chaud après la rencontre: "Je voulais voir les images. Ce que j’ai fait dans la nuit de samedi à dimanche. On peut dire qu’elles sont éloquentes". Et de conclure : "Les gros sont toujours favorisés". Quelques jours plus tôt, c’est pourtant le discours totalement inverse que défendaient le staff et les joueurs parisiens, furieux d’avoir vu Edouard Cissé exclu face aux Niçois, avant que ces derniers bénéficient d’un penalty jugé généreux par les hommes de la capitale. Ces derniers stigmatisaient ainsi un arbitrage favorisant les petites cylindrées au détriment des grosses. Conclusion : l'arbitrage favorise, les gros, les petits, et parfois les moyens. Mais à la fin de la saison, tout s'équilibre. Sauf les déclarations des entraîneurs.

Ce n'est pas avec ce genre d'images que les rumeurs d'infiltration de l'OM par le milieu marseillais vont s'éteindre.
L'inspiration C'est vrai, sans la bourde énorme de Ouaddou, Chevanton n'aurait pas marqué le deuxième but de Monaco contre Rennes. Mais auparavant, il aura fallu que l'attaquant uruguayen parte dans un sprint à trente mètres du défenseur rennais, alors que celui-ci héritait d'un ballon apparemment sans difficulté, avec tout le temps nécessaire pour le remettre en retrait ou sur les côtés. C'est ce qu'on appelle du flair, probablement, ou "l'instinct du buteur", pour donner dans les clichés. Pendant ce temps, les coéquipiers de Pauleta lui balancent des dizaines de ballons aériens par match, et le Portugais, évitant soigneusement le duel, se place derrière le défenseur en espérant une erreur qui n'arrive jamais. Ça, on ne sait pas comment ça s'appelle. Les observations en vrac > L’arbitre Bruno Coué, de retour à l’arbitrage après un grave accident de voiture, a été interviewé par Christophe Pignol. La semaine prochaine : l’interview de Jean-Pierre Adams par le gendarme Nivel. > Le défenseur caennais exclu du match face à l’OM s’est cassé un os de la main en frappant la porte de son vestiaire et sera arrêté plusieurs semaines. Ah ben oui, le foot rend con. > Landreau, Isaksson, Ouaddou : brillant hommage des handicapés psychomoteurs de la Ligue 1 au Téléthon. > Jérémy Janot porte un maillot à pois rouges "en hommage à Richard Virenque", parce que "des amis le lui ont demandé". Si ses amis lui demandent de faire des piqûres de vitamines, espérons qu'il ait un peu plus de jugeotte.

Selon vous, de quelle couleur est le pois chiche dans la tête de Jérémy Janot?
Le Top lapalissades 1. Mickaël Landreau (C+) : "Si on avait pu être plus dangereux, on aurait pu les mettre plus en danger". 2. Fabrice Fiorèse (C+) : "Être applaudi c’est toujours mieux que d’être sifflé". 3. Cyril Jeunechamp (Ouest-France) : "Si on avait pu mener au score, le scénario aurait sans doute été différent". 4. Olivier Rouyer (C+) : "C'est pas poteau rentrant, c'est pour ça que ça sort". Le Top contresens 1. Guy Lacombe (L'Équipe) : "Nous avions plus le monopole du jeu que Strasbourg". 2. Étienne Didot (Ouest-France) : "On reste confiant mais forcément un peu inquiet aussi". 3. Philippe Genin (C+) : "Tout cela fait rire Élie Baup, parce que son équipe n’y arrive pas".

Non seulement le stade d'Ajaccio est désormais aux normes de la Ligue, mais il est aussi aux normes antisismiques.
La question con du jour Nathalie Ianetta à Claude Puel (C+) : "Comment prépare-t-on un match face à une équipe en plein doute?" Le désespoir qui fait vivre Jacky Duguépéroux (DNA) : "Maintenant qu'on a laissé deux points ici, on va peut-être inverser la tendance". La régression Frédéric Déhu (om.net) : "Troussier est revenu sur les bases tactiques du début de saison". L'infraction à la législation sur les arrêts de travail Habib Beye (om.net) : "On bosse pour essayer de guérir". Le pervers zoophile sodomite Thierry David (C+) : "John Utaka qui glisse sa tête dans un trou de souris".

Edouardo Costa se prépare pour reprendre le rôle du spermatozoïde dans le remake de "Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais avoir osé le demander" de Woody Allen.
L'entraîneur pléonastique Philippe Troussier (L'Équipe) : "Notre socle de base est solide". L'entraîneur euphémistique Didier Deschamps (C+) : "La série de non-victoires enlève de la confiance aux joueurs". L'euthanasie pour les nuls Loïc Amisse (L'Équipe) : "Nous avons essayé sans bien nous y prendre dans la phase finale". Le noyeur de poissons Pape Diouf (om.net) : "On aurait pu conduire ce match avec un peu plus de sérénité en construisant une victoire qui souffrirait de moins de contestation". L'allusion subliminale aux avantages fiscaux monégasques Paul Le Guen (olweb.fr) : "M%onaco ou Marseille se rapprochent, mais on poursuit notre chemin".

Selon vous, Helder :
1. Baille d'ennui devant l'indigence du jeu du PSG.
2. Est frappé de stupéfaction devant l'indigence du jeu du PSG.
3. S'est assis trop brutalement sur l'aérosol du kiné.
Le commentaire désobligeant (1) Gernot Rohr (L'Équipe) : "Nantes ne s'est pas créé d'occasions, hormis quelques cafouillages". Le commentaire désobligeant (2) Philippe Brunel (psg.fr) : "Nous avons ouvert la marque avant de prendre un but idiot". Vu que c'était le plus beau but du PSG depuis des lustres, c'est pas très charitable. La défense hermétique à tout David Hellebuyck (asse.fr) : "Nous continuons sur notre lancée sans encaisser de points". Le gardien qui se met à la place des spectateurs Fabien Cool (L'Équipe) : "C'est un match que je n'ai pas trouvé passionnant".

Supporter du Stade rennais : une longue expérience de l'humour à froid.
L'entraîneur pas trop exigeant Loïc Amisse (L'Équipe) : "Les joueurs ont répondu à mes exigences. Ce qui a manqué, c'est la percussion, la partie offensive, la préparation". Le coaching multidimensionnel Érick Mombaerts (La Dépêche) : "Notre défense en avançant fonctionne bien, quelles que soient ses configurations. Elle est de plus en plus mobile et dans le sens de la profondeur. Une défense qui est très vite et très haut, ça ouvre des horizons". La stratégie lyonnaise qui fait école Nicolas Puydebois (olweb.fr) : "On a rencontré une équipe d'Ajaccio très entreprenante". La courbisserie de la semaine Rolland Courbis (L'Équipe) : "Si j'avais été entraîneur d'un boxeur, on aurait gagné aux points avec l'avantage dans dix rounds sur douze. Malheureusement, je suis entraîneur d'une équipe de foot".

Les dirigeants de l'OM ne trouvent rien de mieux à faire que de se moquer des complexes de Pedretti.
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