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Ian Plenderleith

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La vie après Beckham

Invité : When Saturday Comes – S'il quitte Los Angeles, quel héritage Beckham laissera-t-il au Galaxy et à la MLS, en pleine croissance, cinq ans après son arrivée en Californie?

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Nouvel épisode de notre partenariat avec When Saturday Comes avec un article extrait du numéro de décembre. Titre original : Life After Beckham.


* * *

La Major League Soccer a retenu une leçon essentielle de la part des grandes ligues européennes avec lesquelles elle aimerait rivaliser à terme: l'importance de chanter ses propres louanges. Les affluences augmentent! Le sponsoring et les droits télé augmentent! De nouveaux stades se construisent! Nous augmentons le nombre de clubs chaque saison! De grands noms arrivent de l'étranger! Tels sont les messages officiels, et ils sont tous exacts. Mais, âgée de seize ans seulement, la MLS est encore une ligue adolescente qui doit encore grandir à bien des égards, en particulier à celui de la qualité de son football. Elle peut se croire déjà arrivée, mais le vieux sage qui a connu la faillite de la North American Soccer League recommandera la prudence.

 


Happy ending

Les médias américains sont unanimes pour affirmer que l'événement de la MLS 2011 a été la "fin hollywoodienne" du contrat de cinq ans et 32,5 millions de dollars de David Beckham avec le Los Angeles Galaxy, qui a remporté le championnat dans son propre stade grâce à la courte et poussive victoire obtenue contre le Houston Dynamo (1-0). Les observateurs ont pour la plupart fait abstraction des blessures de Beckham, de l'animosité de ses partenaires, de ses dispenses internationales (incluant un voyage pour le mariage royal) et des constantes menaces de départ précoce ou de prolongation de son prêt au Milan AC. Ils se sont plutôt accordés à dire que les progrès accomplis par la compétition au cours des cinq dernières années justifiaient la décision de lui accorder un contrat aussi lucratif, alors qu'il allait évoluer aux côtés de douzaines de jeunes joueurs gagnant à peine de quoi payer leur loyer.

 

 

Il faudrait donc quelque courage pour affirmer que la MLS a progressé en dépit de Beckham et non grâce à lui. Lui-même a déclaré sur ESPN que son séjour avait été un succès, "particulièrement en dehors du terrain", et il a maintes fois répété que sa mission principale consistait à "faire grandir le football" aux États-Unis. Personne ne niera que son influence au cours de la dernière demie décennie a été déterminante. Simplement, elle l'a été beaucoup moins en raison de ce qu'il a accompli qu'en raison de qui il est. Beckham a été la béquille existentielle la plus chère du monde, même si elle avait été justifiée par de fragiles promesses de rentrées fiscales.

 


Le leadership du Galaxy

La MLS a grandi, mais est-elle meilleure pour autant? En partie. Un fait majeur est l'émergence du Galaxy en tant que force dominante du championnat. Il n'a pas seulement été sacré champion, il a aussi remporté le Supporters' Shield, qui récompense l'équipe la plus performante lors de la saison régulière. Il avait déjà eu ce titre la saison passée, et atteint la finale en 2009. Aucune équipe n'a autant dominé la compétition depuis DC United au cours des premières années – cette domination ayant surtout été le résultat de la réunion accidentelle d'un grand nombre de talents dans un championnat d'une désespérante pauvreté technique.

 

Certains estiment qu'une telle équipe est très exactement ce dont la MLS a besoin. Le turnover des champions est certes très démocratique, mais en MLS, il traduit surtout un médiocre vivier de talents. Le Galaxy n'est pas juste devenu pour ses rivales une équipe à détester absolument, mais une équipe que l'on doit aspirer à battre et à dépasser.
Beckham a indirectement eu l'effet d'un déclencheur lorsque la MLS a changé ses règles il y a cinq ans, autorisant les clubs à signer un "Designated Player" à très haut salaire. Le nombre a, depuis, été porté à trois, et ce sont précisément les "joueurs désignés" de Los Angeles – Beckham, Robbie Keane et Landon Donovan – qui ont été à la manœuvre du but victorieux en finale, et qui ont formé la clé de voûte des forces offensives du Galaxy.

 


Young Americans

Les autres équipes ont deux options. Leurs propriétaires peuvent investir pareillement dans des stars étrangères vieillissantes en espérant que la rentabilité tant financière que sportive sera au rendez-vous, ou continuer à s'en remettre à des entraîneurs suffisamment malins pour composer une équipe avec peu de moyens et en tirer le meilleur. Cette démarche a fonctionné pour les précédents champions de Colorado (2010), Salt Lake (2009) et Columbus (2008), autant d'équipes sans designated player. Mais elle commence à ressembler à une méthode du passé. De ces trois équipes, seul Salt Lake a fait acte de continuité, manquant de peu le titre en Ligue des champions CONCACAF en avril dernier. Mais eux-mêmes ont été largement dominés par le Galaxy en demi-finale.

 

Reste le cas des chers mais physiques et agressifs New York Red Bulls, qui ont recruté Thierry Henry et Rafael Marquez, mais n'ont péniblement accédé aux play-offs que pour tomber face à Los Angeles en demi-finale de conférence [1]. Bruce Arena, le coach du Galaxy, bien que se félicitant d'avoir pu employer Beckham et Keane, a déploré la confiance excessive accordée aux recrues étrangères et l'incapacité de nombreux clubs à faire émerger de jeunes footballeurs américains, en dépit du développement rapide des centres de formation.

 

La défense d'Arena, jeune et 100% américaine, atteste de sa capacité à réussir l'alliage entre les stars et ces talents naissants qui seront cruciaux pour la pérennité de la MLS. Il y aura une vie après Beckham, mais poursuivre la croissance exigera de la substance: la publicité ne suffira pas.

 


[1] Équivalent d'un quart de finale NdT.

 

 

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