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Alex Anderson

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La place de l'étoile

Invité : When Saturday Comes – Les clubs multiplient les étoiles sur leurs maillots pour célébrer leurs titres, chacun à sa façon. Inventaire.

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Un nouvel article de When Saturday Comes traduit sur les Cahiers du football, issu du numéro de décembre. Titre original: Star struck.


* * * 

 

Suivant à la télévision le final de la Premier League, la saison dernière, je me suis étonné que Manchester City arbore trois étoiles sur son maillot alors que le club était encore à la poursuite de son troisième titre national. Il s'avéra que ces étoiles sont purement décoratives, et figurent moins au-dessus de l'écusson qu'elles n'en font partie intégrante. Depuis, je n'ai plus aucune certitude quant à la signification de quelque étoile que ce soit sur un maillot.

 

À l'Euro 2012, l'Angleterre en portait une pour son unique victoire en Coupe du monde, le Danemark avait abandonné celle qui commémorait son triomphe à l'Euro 1992 et le trio des Allemands pouvait figurer leurs trois succès dans chacune des deux compétitions majeures qu'ils ont remportées. L'équipe olympique de l'Uruguay n'a pas porté cet été les quatre étoiles usuelles de la sélection – deux d'entre elles représentant leurs médailles d'or de 1924 et 1928. Saint-Étienne, la seule équipe à avoir gagné dix fois le championnat de France, fait surplomber son écusson d'une étoile, mais le dos de son maillot en comporte une autre. Pourquoi?

 

 



 


Chiffres astronomiques

Devant Champions League Goals sur Sky, je n'ai pas réussi à comprendre comment une seule Coupe de l'UEFA pouvait valoir trois étoiles à Galatasaray. Laissé sans explication par Jamie et Jeff, j'ai été contraint de consulter Wikipedia et les annuels du football. Constatant au passage que Fenerbahce comptait deux étoiles à l'intérieur de son blason et trois autres en surplomb, il devint clair que les clubs turcs respectent un quota de cinq titres par étoile.
 

Lorsque Ipswich et Huddersfield se séparèrent sur le score de 2-2 cette saison, The Football Show mit en évidence un 3-3 stellaire: les Terriers commémorent leurs trois victoires de rang dans les années 20 en championnat, tandis que leurs hôtes marquent là leurs succès de 1962 en League, de 1978 en FA Cup et de 1981 en Coupe de L'UEFA. La taille et la disposition des symboles est identique, et on ne peut en déduire aucune logique dans la mesure où Huddersfield ignore sa propre FA Cup 1922. Faudra-t-il qu'Ipswich remporte sa première League Cup ou Ligue des champions pour ajouter une quatrième étoile?
 

J'ai toujours supposé que cette autocélébration avait été inventée par la Juventus, seul club italien présentant deux étoiles. Dans un pays où l'emblème d'un titre de champion n'est pas un trophée mais un petit bouclier – le scudetto – brodé sur le maillot des joueurs, il semble légitime que chaque dizaine de titres vous donne droit à une stella. Je ignore à quel moment le reste du monde a pris ce pli. Peut-être faut-il y voir, pour le Royaume-Uni, l'influence de la couverture de la Serie A par Channel 4. Pour leur part, les Rangers se sont accordés cinq astres pour les cinquante titres atteints en 2002/03, mais je ne me souviens pas qu'ils en aient un jour porté quatre. À cette époque, le Celtic en était à 39 et n'affichait qu'une seule étoile, symbolisant son seul trophée majeur que les Rangers ne détiennent pas: la coupe d'Europe des clubs champions.
 


Message aux supporters

Le Bayern de Munich en épingle quatre pour ses quatre C1 de 1974-1976 et 2001. Est-ce que les supporters allemands s'imaginent que les Rangers ont été champions d'Europe à cinq reprises? Les Italiens pensent-ils que le Celtic a été moins de vingt fois champions d'Écosse? Et puis, il y a la paire d'Aberdeen, qui la racine carrée de ses quatre titres de champion, mais désigne plutôt la Coupe des vainqueurs de coupe 1983 et la Supercoupe glanée dans la foulée. Les Dons sont les seuls à récompenser d'une étoile ce Charity Shield continental, mais puisqu'il n'y a pas de règle, pourquoi ne pas se faire plaisir? Peut-être les étoiles sont-elles l'élément décoratif par lesquels les clubs s'adressent seulement aux supporters en disant simplement: "Voilà ce qui est important pour nous". Après tout, les titres olympiques de l'Uruguay datent d'avant l'invention de la Coupe du monde, à une époque où le tournoi olympique de football en tenait lieu.
 

L'UEFA, toujours encline à lutter contre la dérégulation, a pris une première initiative à l'égard de cette profusion d'étoiles avec son patch "anciens vainqueurs multiples", porté sur la manche en Ligue des champions par le Real, l'Ajax ou l'AC Milan: il figure le trophée, surmonté entre ses anses d'un chiffre qu'il suffit désormais de changer.
 

En septembre, Chelsea, champion en titre mais dépourvu d'étoile, rencontra un club dont le maillot comportait quelques mots brodés sous son blason: 30 sul campo (30 sur le terrain). Dépouillée de ses 28e et 29e titres après le scandale du Calciopoli, la Juventus refuse de porter deux étoiles en estimant que son scudetto de l'an passé l'autorise à en porter une troisième.
 

 

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