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Le Feuilleton de la Ligue 1

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Les Cahiers, numéro 24

La Gazette : 30e journée

Plus régulière que le Stade rennais, la Gazette repasse la L1 sans faux pli, et avec le vrai, l'unique classement en relief. Au programme: Santini le maudit, une stat à la con, la télé-réalité nancéenne ou encore le regain de forme des buteurs...
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De Lyon (1er) à Rennes (8e), toutes les équipes de tête ont pris trois points, sauf Lille et Paris. Les Nordistes voient donc Auxerre recoller, après un nul concédé (ou obtenu?) à Nantes, et les Parisiens se laissent dépasser par des Rennais revigorés par leurs quatre victoires de rang...
Un peu plus loin, Nancy devance d'une tête un trio composé de Monaco, Nice et Saint-Étienne. Quatre équipes au bilan étonnamment symétrique (voir plus bas).
Derrière Nantes – qui glane un point face à Lille à la Beaujoire –, c'est le surplace pour les "avant-derniers" qui précèdent les reléguables, avec trois défaites en déplacement enregistrées par Toulouse, Sochaux et Troyes. Mais Strasbourg, Metz et Ajaccio n'en profitent pas, eux aussi mis en échec...


classement_30j


Les résultats de la 30e journée
Lyon-Metz : 4-0
Monaco-Sochaux : 4-1
Rennes-Ajaccio : 3-0
Auxerre-Nice : 2-0
Marseille-Saint-Étienne : 2-0
Bordeaux-Toulouse : 2-0
Lens-Troyes : 1-0
Nancy-Paris SG : 1-1
Nantes-Lille : 1-1
Strasbourg-Le Mans : 1-2



La stat à la con
Rennes, Nancy, Monaco, Nice et Saint-Étienne ont la particularité de compter autant de victoires que de défaites. Ces deux dernières équipes présentent toutes deux un bilan parfaitement équilibré de 10 victoires, 10 nuls et 10 défaites, tandis qu'inversement, les Rennais semblent abhorrer les matches nuls, qu'ils n'ont connus qu'à deux reprises cette saison. Évidemment, ces bilans sont ceux d'équipes qui ne peuvent pas espérer mieux qu'une place dans le milieu de tableau. Chez celles qui les devancent, c'est logiquement la colonne victoire qui est la mieux remplie, à l'exception du RC Lens avec ses 15 nuls pour 10 victoires. Il vaut donc mieux gagner le plus de matches possibles, et c'est à ce genre de conclusions spectaculaires que sert la science statistique.



S le maudit
s_mauditPour la première fois depuis son titre de champion de France lyonnais en 2002, Jacques Santini est sur le point d'atteindre ses objectifs à la tête d'une équipe de football. Un destin qui devrait être ordinaire pour les entraîneurs de Ligue 1 si les places d'honneur étaient aussi nombreuses que les présidents ambitieux.
L'homme n'a vécu cette situation qu'en de trop rares circonstances pour bouder sa satisfaction. Un parcours chaotique récent avec les Spurs et les Bleus (qui lui accordait encore le crédit de sa victoire en Coupe des Confédérations 2003, au soir de la défaite en quart de finale de l'Euro portugais?), mais également dans un passé plus lointain de Toulouse à Sochaux en passant par Saint-Étienne et Lille... Surtout, une bien maigre poignée de ses collègues seront en mesure d'être félicités par leurs présidents en fin de saison. Pour une bonne part, ils seront même plutôt "remerciés"…

Ce week-end, Santini et ses hommes se sont replacés à un petit point de la troisième place. Au cours de ses vingt-cinq années de règne technique, Guy Roux a atteint quatre fois cet accessit (84, 91, 94 et 2002), ne faisant mieux qu'à une seule reprise lors du probant doublé de 96. Santini serait donc en droit d'estimer sa contribution réussie au terme de la saison si d'aventure il soufflait le podium au LOSC. Meilleure formation à domicile de ces trente premières journées, premier au classement fair-play de la L1: en définitive, quel que soit son classement final, Auxerre réalise une saison à l'image de son entraîneur – sérieuse.
La rumeur, relayée par Le Parisien, annonce pourtant l'arrivée d'Alain Perrin pour la saison prochaine. Même si l'on imagine que le profil de Santini est de nature à intéresser d'autres formations du championnat, l'éventualité d'une telle issue a de quoi renforcer la légende d'un ancien joueur respecté, devenu avec les ans un entraîneur maudit…



Nancy boys
correa_130Canal+ avait réussi une de ses premières révolutions télévisuelles en envoyant Charles Biétry (et un caméraman) dans les vestiaires après les matches, obligeant les joueurs à garder un peu de contenance (et leur serviette autour de la taille) pendant quelques minutes – cette réserve n'incluant pas, de nos jours, l'obscène chant "Président, président" qui réclame la prime de match. Il avait fallu plusieurs années à la chaîne cryptée pour aller plus loin. Non pas dans la douche, ni dans les narines de Zidane à la manière des gros plans de TF1, mais avec des tournages élargis à l'avant-match et à la mi-temps. Robert Nouzaret fut le premier à s'y prêter au début du siècle, alors qu'il entraînait une AS Saint-Étienne où tout allait bien (c'était avant le contrôle des passeports).

Accrochée au plafond, la caméra de vidéosurveillance restituait le speech du coach en léger différé, au risque de renseigner l'équipe adverse (mais tout le monde savait que Nouzaret jouait le hors-jeu, de toute façon). Tout ça pour dire que Canal trouve de temps en temps des clients pour se prêter au jeu, et ce fut le cas le week-end dernier avec l'AS Nancy-Lorraine de Pablo Correa. Nous pûmes donc voir le technicien lorrain expliquer à ses ouailles que le PSG était une équipe blessée, et que le mieux était de l'achever d'une balle derrière la nuque d'Alonzo. Et Guy Roux put fourbir ses compliments sur un étranger qui parle si bien notre langue. Correa doit avoir des diplômes français, sinon l'abbé ne serait pas si réjoui. L'immigration choisie, déjà.

L'histoire resterait parfaitement anecdotique si nous n'avions pas trouvé dans les pages de L'Équipe un reportage "côté cuisine", le journaliste ayant passé deux jours en immersion au sein du club. À ce stade, ce n'est plus un hasard, c'est une opération de communication. Attendons-nous à découvrir, dans Femme Actuelle, les confidences de mesdames Moracchini et Fisher.
La démarche est cependant très légitime, pour une ASNL qui fait figure de brillant promu, avec une cohérence collective remarquable et une vraie ambition dans le jeu, mais reste désespérément anonyme avec son équipe sans vedette. Ce qui fait souvent de meilleures équipes que certains effectifs qui ont de la (grande) gueule. Conclusion : nous n'avons pas été invités à humer l'odeur des vestiaires lorrains, mais que l'équipe au chardon soit ici louée à sa juste valeur!



Fin de série
merchFCM1Il aura fallu que le patron tape du poing sur la table pour que le FC Metz, subitement rebelle à se voir administrer une sanction qu’on lui promet pourtant depuis des mois – la descente en Ligue 2 –, ne rentre dans le rang. Depuis début février, les Grenats se voyaient pourtant une belle tête de vainqueur, avec leur série de cinq matches sans s’incliner, qui plus est face à quelques-uns des cadors (ou présumés tels) de la compétition : nuls à Auxerre et Bordeaux, victoire contre l’OM et Monaco à Saint-Symphorien.
Mais l’OL, qui restait sur le souvenir d’un cuisant revers à Gerland contre Rennes, n’a cette fois pas laissé le moindre espoir aux hommes de Joël Muller. Ces derniers peuvent toutefois encore espérer un ultime miracle, à deux mois du terme du championnat : les Troyens, en chute libre après un début de saison plutôt prometteur en termes de qualité de jeu, ne comptent que cinq points d’avance sur les Lorrains, avec un calendrier sensiblement identique. Et un affrontement direct prévu pour début avril…



(Léger) retour de flamme
merchSR1Si l’on prétend souvent que les fins de championnat sont propices aux calculs d’épicier, l’expérience tendrait plutôt à prouver qu’elles sont au contraire assez favorables à l’offensive. Après avoir été le grand animateur du début de la compétition avec défense moins digne que celle de la CFA2 de l’OM, le Stade rennais se démarque cette fois par une attaque particulièrement en verve: les Bretons viennent de marquer treize but en quatre rencontres, malgré (grâce à?) l’absence de leur goleador suisse. En trois rencontres, ils ont ainsi réussi à faire mentir l’une de nos précédentes chronique qui affirmait, avant le début de cette bonne série, qu’ils ne parvenaient plus "à compenser leurs errements défensifs par la réussite offensive qui avait fait leur force l’an passé".

Dans le même temps, les Girondins, raillés jusqu’il y a peu pour leur atonie chronique, semblent décidés à soigner leur image. Quinzième attaque de L1 à l’issue de la 22e journée (voir gazette 21-22), Laslandes et ses coéquipiers ont progressivement remonté la pente pour s’afficher septième meilleure section offensive de France, devant l’OM ou des Manceaux loués pour leur collectif bien huilé. Les tarifs girondins ont doublé cet hiver, passant du traditionnel 1-0 de début de saison pour de spectaculaires matches remportés par deux buts d’écart. Histoire de faire un dauphin un peu plus crédible en fin d’exercice?

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