> article suivant

Double jeu à la française

> article précédent

Du monde aux Balkans

> article précédent

Élisez le Micro de plomb 2006 !

La Gazette > 2e journée

La Gazette opère en contre pour rendre compte des joies et des peines de notre mal-aimé championnat. On attend la subvention de la Ligue pour cette contribution au rayonnement de son produit phare.
Partager
Si l'on devait s'en tenir aux premières impressions, on dirait que Lille et Bordeaux sont les deux clubs les mieux armés pour ennuyer un tenant lyonnais qui a le bon goût de nous faire croire à ses faiblesses... D'autant qu'avec Diarra et Malouda, il hérite de deux dossiers "transferts" pénibles qui évoquent une inversion des rôles, tant l'OL a coutume de jouer au déstabilisateur auprès de ses rivaux. Ironie du sort, Ribéry reste à Marseille, tandis que Jean-Michel Aulas aura cette fois du mal à dire, à propos du Malien et du Guyanais, qu'on ne retient pas un joueur qui veut partir...
En attendant le 31 août, ce sont donc les Lillois et les Girondins qui affichent de belles promesses en exploitant très vite leurs acquis de la saison passée: il y a quelque avantage, en effet, à montrer d'emblée une belle cohérence tactique – qu'il s'agisse d'obtenir une victoire à Lorient ou de passer une rouste au rival régional (ce qui n'est pas une façon très élégante de récompenser celui-ci de sa prochaine hospitalité).


gourcuff_rose.jpg
Des chemises roses et vertes, un stade qui a l'air d'avoir été construit avec les débris de la ville, Fiorèse titulaire: le FC Lorient n'est pas parti pour donner dans l'esthétique.

Les résultats de la 2e journée
Lille-Lens : 4-0
Nancy-Sedan : 3-1
Marseille-Rennes : 2-0
Troyes-Le Mans : 2-2
Sochaux-Auxerre : 1-1
Nice-Nantes : 1-1
Lyon-Toulouse : 1-1
Valenciennes-Paris-SG : 0-0
Monaco-Saint-Étienne : 1-2
Lorient-Bordeaux : 0-1


Les gestes de la journée
> Les coups francs dans la lucarne d'Ederson et Rossi (Nice-Nantes).
> La passe décisive de Landrin pour Piquionne après un une-deux plein axe qui prouve que tout joueur quittant le PSG peut avoir des traits de génie (Monaco-Saint-Étienne).
> Le triplé des Bangoura (Troyes-Le Mans).
> Les parades de Douchez sur les tentatives de Carew et Juninho (Lyon-Toulouse).
> Le débordement d'Elmander et son centre tellement chouette que la défense lyonnaise l'a regardé passer (Lyon-Toulouse).



La banette

Les ravages de la désinformation en L2
Steve Savidan (C+) : "Il y a neuf chances sur dix pour que le PSG termine dans les cinq premiers".

Le pronostic à risque
Jérémie Bréchet (FF) : "Sochaux peut surprendre". Ça nous étonnerait.

L’entraîneur qui sait qu’il ne peut compter que sur lui-même
Guy Lacombe (F365) : "On n'a jamais été mis en danger sauf sur des erreurs de notre part".

Le match nul obtenu dans un fauteuil
Pablo Correa (L'Équipe) : "On est arrivé à siéger dans la surface de l'adversaire".

La grosse production entre Titanic et MI3
Francis Gillot (L'Équipe) : "À dix contre onze, c'est devenu un naufrage complet et mission impossible".

Le collectionneur de clichés
Christian Gourcuff (AFP) : "Le premier carton rouge, c'est l'événement de la rencontre. (…) A dix contre onze, (…) c'est le tournant du match. (…) nous n'avons pas suffisamment pesé dans les trente derniers mètres. Il faut reprendre la base de notre jeu et montrer davantage de percussion. On a une belle marge de progression".

Les conséquences fâcheuses de l’arrivée de Fiorèse à Lorient
Sylvain Marchal (AFP) : "Personnellement, j'avais des nausées".

Le futur papa
Johan Micoud (AFP) : "C'était un bon test".

La perte des repères
Philippe Brunel (L'Équipe) : "On a d'abord eu du mal à se trouver avant de revenir".

L'asile-de-France
Guy Lacombe (AFP) : "On n'a été en danger que sur des erreurs très parisiennes". Le genre d’erreurs qui conduisent mal et ne répondent pas quand on leur dit bonjour?

La métaphore un peu lourde
Philippe Bruet (C+) : "Début d'entame de deuxième partie de la rencontre".

L’entraîneur admis en CE1
Ivan Hasek (AFP) : "La différence par rapport à la défaite contre Sochaux, c'est le résultat".

Le lionceau ascendant balance
Philippe Brunel (L'Équipe) : "Ce qui est sûr, c'est que l'on a cette année un entraîneur plus rigoureux qui ne lâchera rien".

Le récidiviste
Alain Perrin (L'Équipe) : "Les joueurs ont eu une bonne débauche d'énergie". Evite quand même d'employer les mots "bonne" et "débauche" dans la même phrase.

Le cumul des mandales
Pierre Dréossi (L'Équipe) : "Sur notre première erreur, ,nous encaissons un but alors qu'il y avait peut-être une faute qui n'a pas été sifflée".


perrin_fernandez3.jpg
Quand deux anciens entraîneurs de l'OM se rencontrent... ils préfèrent parler de football, en fait.


Gardiens : les jeunes poussent

La moyenne d’age des gardiens de buts ayant évolué ce week-end en L1 (27,9 ans) est trompeuse. Elle pourrait laisser croire que les clubs français, comme c’est la tradition, préfèrent attendre patiemment que leurs petits mûrissent avant de les titulariser, alors qu’on assiste en réalité à un renouvellement tranchant d’une génération. Ainsi, les entraîneurs n’hésitent plus à lancer dans le grand bain leur classe biberon et sept des gardiens alignés lors de cette deuxième journée n’avaient pas plus d’un an d’expérience en L1 : Bracigliano, Douchez, Pelé, Carrasso, Stojkovic, Pouplin, et Lloris ont en moyenne 23,5 ans et certains ont pourtant leur place dans le top 5 du championnat. Cette petite révolution laisse ainsi sur le bord de la route certains trentenaires encore verts, mais poussés vers la sortie. Letizi, Porato, Wimbée, Warmuz, Barthez – des valeurs pourtant sûres – ne semblent plus être désirés en L1.
On assiste en fait à un creusement de l’écart entre les plus jeunes et les plus vieux. Lorsque les grands doyens (dans l’ordre, Cool, Ramé, Coupet et Roma) auront pris leur retraite, on s’apercevra que la génération intermédiaire est réduite à la portion congrue, avec les seuls Janot et Landreau au rang des bons gardiens expérimentés mais pas encore trentenaires. Symbole de cette petite révolution, Charles Itandje, quatrième plus jeune gardien de L1 entame à 23 ans sa cinquième saison en tant que titulaire à Lens.


Fiorèse : du plomb dans la tête

Il est de retour ! Après une année passée à faire enfler son portefeuille dans le Golfe Persique, le lauréat 2004 de notre Ballon de Plomb a rejoint le FC Lorient, frais émoulu en Ligue 1. Son retour au bercail constitue d’ores et déjà une réussite : son premier match au Parc, bonifié par deux buts, a précédé une rencontre plutôt maîtrisée face aux Girondins, malgré la défaite finale de son équipe. Toujours disponible, dangereux sur coups de pied arrêtés, doté d’une honnête technique, le Savoyard constitue, avec Ulrich Le Pen, l’un des deux principaux atouts offensifs d’une équipe aux moyens financiers limités. L’air du large semble avoir rasséréné l’ancien attaquant du PSG : revenu dans un club plus anonyme du championnat, il bénéficie également de la confiance d’un entraîneur proposant un vrai projet de jeu. Systématiquement titularisé mais rarement décisif dans la capitale, conspué avant même d’avoir joué au Vélodrome, Fiorèse retrouve à Lorient un contexte plus favorable à son expression que celui dans lequel il évoluait à Paris ou Marseille. Une situation finalement assez similaire à celle qui était la sienne à Guingamp, club voisin dans lequel il avait réussi ses meilleures saisons.


kallon_expulsion.jpg
N'ayant pas pu prouver son attachement au football français, Mohamed Kallon est l'objet d'une procédure de reconduite à la frontière.


L’envers du championnat > 2e journée

Malgré un historique encore trop courts pour tirer des enseignements définitifs, le classement à l’envers livre son lot habituel de grandes espérances et de petites déceptions.
Toulouse est le grand perdant de la journée: ses concurrents pour le titre n’engrangeront pas tous des points superflus en déplacement chez les deux derniers de la classe du précédent exercice. Mais, après avoir parfaitement débuté à Bordeaux, les hommes d’Elie Baup ont craqué à la 92e minute à Gerland. La bévue de Fabinho dans les arrêts de jeu aura ruiné les espoirs d’un début de championnat en trombe des Toulousains, en dépit d’un calendrier on ne peut plus favorable. Ils perdent provisoirement la tête, et chutent même au pied du podium. Gageons qu’ils ont le temps et le talent nécessaire pour se repositionner plus favorablement dans la course d’ici la fin de la saison.

Ils étaient quatre l’an dernier au même stade de la compétition à pouvoir s’enorgueillir d’un départ sans faute : Sochaux, Nancy, Rennes et l’OM. Aucun d’eux n’avait su tenir la distance sur la durée. Ils ne sont  plus que deux cette saison –Monaco et Rennes – ce qui confirme que le championnat sera plus ouvert en l’absence des promus messins et strasbourgeois. On peut toutefois nourrir les mêmes inquiétudes sur le sort du couple phare de ce début de saison.

Laszlo Bölöni réalise une sorte de doublé en parvenant à exporter le bel esprit de compétiteur rennais sur le rocher. Mais s’il suffisait de confier la gestion sportive d’un club à un ancien Strasbourgeois pour hisser son niveau d’ambition, ça fait longtemps que le PSG aurait eu l’idée de recruter Gilbert Gress pour lui donner un sourire… la ficelle semble un peu grosse pour un effectif monégasque qui ne paraît pas taillé pour l’aventure, bien que cosmopolite au point de ressembler à un listing de recalés à la carte de séjour par Nicolas Sarkozy.

Son successeur à Rennes, Pierre Dréossi, présente un profil de vainqueur potentiel. Le voir officier sur le banc du Stade rennais après avoir longtemps œuvré dans les coulisses offre quelques solides garanties. Mais s’il convient de saluer l’exploit que constitue un deuxième sans-faute inaugural rennais après la débandade de fin de saison dernière, on les ne les imagine malheureusement pas éviter les travers qui, l’an dernier, les avaient empêchés de se stabiliser tout en haut du classement à l’envers. Le mérite revient avant tout à la précision de ses attaquants, qui ont su esquiver les nombreuses opportunités laissées par la défense marseillaise au Vélodrome dimanche dernier. Pourtant, s’ils ne font rien contre leur propension maladive à s’approcher si vite du but adverse, on ne donne pas cher de leur peau sur le long terme….
Partager

> sur le même thème

La Gazette > 1ère journée

Le championnat de France


Jérôme Latta
2019-09-13

La Ligue 1 a-t-elle sa place dans le "Big 5" ?

Une Balle dans le pied – Que diable fait le championnat de France dans le "Big 5 européen? Examinons la légitimité de cette appellation contestée, qui a pourtant la faveur des économistes du sport.


Richard Coudrais
2019-05-31

Platini à Nantes, le rêve de Lagardère

En 1979, le nom de Michel Platini est discrètement évoqué dans les couloirs du Football Club de Nantes. Rien ne s'oppose à un transfert, sinon la frilosité des dirigeants. Le club nantais a-t-il raté un rendez-vous avec son histoire?


Richard N & Christophe Zemmour
2019-05-29

Feindouno 1999, la proie du doute

Un jour, un but – Le 29 mai 1999 au Parc des Princes, les Girondins de Bordeaux conquièrent leur cinquième titre de champion grâce à un but de leur tout jeune espoir, Pascal Feindouno.


>> tous les épisodes du thème "Le championnat de France"

Les brèves

Je crois que bon bon

"Laurent Blanc à Lyon, ça ne colle pas pour deux raisons" (foot01.com)

Aucun

"Euro U17 : qui sont les joueurs majeurs de l'équipe de France ?"

Autobiographie

"Ribéry : Des débuts fracassants." (lequipe.fr)

Ô Pep !

"Un pays africain rêve de Bruno Genesio !" (dailymercato.com)

Ruuuuuuuuuuuuuuuuuuud van Nistelrooy

"PSV Eindhoven : Ruud van Nistelrooy prolonge sur le banc des U19." (lequipe.fr)