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La Gazette : 27e journée

Claquage temporaire des cordes vocales pour Denis Balbir, retour virtuel de Platini à Nancy, interruption du programme à Paris, bancs non-éjectables... La Gazette gazéifie la Ligue 1 et épingle toutes les équipes sur le classement en relief.
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Un championnat, ce sont des séries qui commencent, qui se poursuivent ou qui s'arrêtent. C'est souvent ainsi, en tout cas, que les commentateurs le décrivent. Par exemple, l'OL a remporté une victoire après trois matches nuls, les Girondins n'ont plus perdu depuis le 10 décembre, Le Mans a aligné six matches sans défaite, Rennes évité sa sixième défaite de rang en battant Lens, Auxerre et Monaco n'ont battu que Rennes depuis un mois, Saint-Étienne a connu trois défaites consécutives à Geoffroy-Guichard (bien loin du record d'invincibilité de Jérémie Janot en début de saison), Marseille n'a plus marqué plus d'un but par match depuis le 27 novembre, Troyes en est à six rencontres d'affilée sans victoire…
Et si ces ersatz de statistiques vous semblent décidément abscons comme la lune, consultez le classement ci-dessous, tout y est plus clair…


classement_27j


Les résultats de la 27e journée
Rennes-Lens : 4-1
Lyon-Nantes : 3-1
Nice-Monaco : 2-0
Sochaux-Auxerre : 1-0
Metz-Marseille : 1-0
Toulouse-Strasbourg : 1-2
Saint-Étienne-Lille : 0-2
Ajaccio-Bordeaux : 0-2
Paris-SG-Le Mans : 0-1
Troyes-Nancy : 0-1



Lutte acharnée pour les strapontins
Lyon, symbole de l'absence de suspens pour l'attribution du titre, et Bordeaux, exemple de la médiocrité générale du spectacle dans ce championnat... Voilà un peu le tableau (légèrement noirci) de la Ligue 1 au bout de 27 journées.
Des sursauts sporadiques donnent encore un semblant d'espoir de maintien à trio de queue durablement placé sous la lumière de la lanterne rouge, mais le principal intérêt sportif ne semble plus résider que dans l'attribution de la troisième place qualificative pour le tour préliminaire de la Ligue des champions; et de la quatrième, avec son ticket pour l'anonyme Coupe de l'UEFA.

En dehors de l'inattendu succès girondin ou de la prévisible stabilité (à ce niveau) du LOSC, les autres grosses écuries – pourtant placées dans la première moitié de tableau – vont se disputer âprement le privilège de n'avoir pas complètement raté leur saison en tâchant de décrocher un de ces deux billets européens. Ça fait du monde sur la corde à linge.



Le tacle au niveau des tympans
balbir_130À la 77e minute du match Metz-Marseille, il s'est produit un phénomène paranormal. Le spectateur a même pu croire a un problème de retransmission, ou à une panne des haut-parleurs de son téléviseur, tant l'événement qui est alors survenu a environ la même probabilité qu'un triplé de Bakayoko ou qu'une saison de Rool sans carton. En effet, durant près de cinquante secondes, Denis Balbir n'a pas dit un mot. Il n'a pas moufté. Pas hurlé. Pas babillé. Pas paraphrasé le déroulement de l'action. Pas essayé d'annoncer le prochain geste du possesseur de la balle avant de dire que non, finalement. Pas tenté de faire passer une vague tentative d'ébauche d'action pour un danger de but imminent sous l'effet du déploiement d'un talent incroyable.

A-t-il été frappé de narcolepsie, succombant au spectacle soporifique de cette rencontre déprimante? A-t-il été victime d'une tentative de strangulation de la part d'un spectateur excédé? Est-il soudain resté coi, s'étant lui-même entendu en train de se livrer à ses tentatives d'animation buccales? Peu importe, au bout de ce bref mais délicieux moment de silence (en dépit de la surprise saisissant le téléspectateur de Canal+, un peu dérouté), le commentateur retrouva sa routine. C'est ainsi qu'à la 88e minute, Sur le but de Babacar Gueye, il put partir dans des vocalises effrénées: "Gueeeeye pour son premier ballon qui a propulsé ce ballon au fond des filets de Fabien Barthez à un moment-clé du match, le sauveur, le Zorro lorrain de Metz c'est lui Gueye qui bat Barthez, etc." (on note la technique consistant à répéter les mêmes mots pour mieux se remplir la bouche).

Son match n'était pourtant pas fini, puisque quelques minutes plus tard, notre commentateur eut encore la possibilité d'accabler Youla, coupable d'avoir raté sa passe sur un contre messin: "Oh c'est pas possible! Oh Youla il a tout gâché! Oh quel scandale! Quel égoïsme incroyable!", tandis que son compère Olivier Rouyer renchérissait (un lynchage, c'est plus marrant à deux, on peut s'exciter mutuellement): "Oh non! Comment on peut rater ça? Comment on peut rater un geste aussi facile?" Là, l'ancien avant-centre de l'AS Nancy-Lorraine peut se féliciter d'avoir été joueur à une époque où n'existaient pas les magnétoscopes, parce que nous aurions pu aisément lui retourner sa question.
Cette pathologie s'appelle la larquéïte, et elle consiste à se défouler sur une victime expiatoire, si possible un attaquant maladroit (un jeune Guinéen à peine arrivé, c'est parfait). Sauf que dans le cas de Jean-Michel Larqué, il s'agit d'un grand art sadique, pas d'une vulgaire improvisation de fin de match.



Mort et résurrection à la nancéenne
merchASNL1 Pablo Correa, entraîneur de Nancy, a déclaré dans L’Est Républicain: "Où s'arrêtera le groupe? Je n'en sais rien, c'est d'ailleurs ce qui constitue notre source de motivation. J'avais pris exemple sur le Norvégien Aamodt qui a gagné le super-G à 34 ans, dans un sport où l'on risque sa vie. Le sport de haut niveau, c'est ça".
On commencera par se féliciter que le football, fut-il de haut niveau, soit un sport où l’on ne risque encore sa vie que de manière relativement marginale. Il y a d’ailleurs fort à parier que depuis le speech de Foe (“Les gamins, même s’il faut mourir sur le terrain, nous devons gagner cette demi-finale”) à la mi-temps du match de Coupe des Confédérations qui lui fût fatal, les exercices de motivation intégrant le risque vital ne passent que moyennement. Le footballeur veut bien laisser ses tripes sur le terrain, voire sa semence si son entraîneur est un presse-agrumes comme José Anigo ou Michel Pavon, mais pas sa vie.

On peut ensuite s’interroger quant à l’opportunité d’une comparaison entre le plus titré des skieurs alpins des Jeux  Olympiques et l’AS Nancy-Lorraine, dont le palmarès ne compte qu’une Coupe de France 1978 et quatre titres de Champion de D2 depuis 1975. Pas si mal, mais gare à l’élongation en tâchant d'imiter cet exemple.
On finit donc par se demander si Pablo Correa – qui nous dévoile ici ses qualités de tribun – n’imite pas aussi magnifiquement le Très Haut, s’il n’a pas racheté à bas prix quelques ex-spectateurs en carton du Stade de la Route de Lorient pour bricoler des murs d'entraînement aux coups francs. En d'autres termes, s'il n'aurait pas remis Platoche à l’entraînement, avec pour objectif un retour du Phénix dans sa maison, à l’occasion d’un remake de la Coupe de France 1978 – version Coupe de la Ligue 2006. La comparaison avec Aamodt commencerait à prendre sens…



Vissés sur le banc
Cette saison, les relations tumultueuses entre présidents et entraîneurs de L1 ont pris un tour plutôt inattendu. Les équipes en position d'être reléguées n’ont pas jugé utile de se séparer de leur coach, et seul Courbis a tiré sa révérence lui-même. Un peu à l’image de Deschamps, sans que son président le lui demande, mais avec l’aval des supporters. Tout le contraire de Fournier, en fait.
Les résultats sont aujourd'hui contrastés: les reléguables ont n’ont que très partiellement comblé leur retard, mais montrent de bien meilleures dispositions qu’en début de saison. Comme quoi, changer d’entraîneur n’est pas forcément nécessaire pour que les joueurs se réveillent. Du côté du Rocher, Guidolin est tout proche de la place à laquelle Deschamps avait laissé le club, puisque Monaco n’est qu’à trois points du quinzième rang. L’Italien semble impuissant à enrayer la lente descente aux enfers des Monégasques. Deux ans après sa finale de Ligue des champions, le club a réussi l’exploit d’être éliminé de quatre coupes et décroché de la lutte pour l’Europe en à peine six mois.

Reste le cas le plus comique: Pierre Blayau s’était justifié du limogeage de Laurent Fournier en attestant que la marche en avant du club s’était sérieusement ralentie, et en décidant que ce dernier n’était pas en mesure de construire à long terme (voir ci-dessous). On peut donc se féliciter que la L1 n’ait connu qu’un seul "véritable" limogeage cette saison, mais celui-ci en vaut dix, au rayon des inanités...



1000e représentation à la Comédie de Paris
merchPSG5"C'est une rechute". Guy Lacombe, l’entraîneur du PSG a vite pris le pli et maîtrise déjà la communication de crise. Battu au Parc par une belle équipe du Mans, le club de la capitale – qui a pris 9 points sur 24 possibles –, serait donc de nouveau malade. Mais qui dit rechute, sous entend nécessairement chute initiale. Or, franchement, on ne peut pas dire que le PSG tombe de haut. Ou alors ça nous avait échappé. Le drame joué au Parc samedi tend pourtant à le prouver. Avec dans le rôle principal Vikash Dhorasoo, rentré directement chez lui sans attendre la fin du match. La cause? il a mal vécu son remplacement par Bonaventure Kalou: "Ce n'était ni pour attirer l'attention ni pour marquer le coup. C'est même l'inverse: cela veut dire que les choses me tiennent à cœur", a-t-il confié au Parisien. Donc c’était pour être discret et montrer qu’il était heureux, c’est bien cela? Jérôme Rothen, sifflé par le public du Parc lors de son remplacement par Christian Rodriguez, s’est pour sa part dirigé vers les vestiaires en signe d’apaisement et de karma positif.

Des supporters parisiens très présents qui ont ensuite poussé l’ironie jusqu’au bout en scandant à plusieurs reprises le nom de Laurent Fournier... L’ex-entraîneur évincé le 12 décembre dernier par Pierre Blayau... Le président "bénévole" du PSG qui, juste avant le match, s’était justement confié à L'Équipe: "Je suis satisfait du changement d'entraîneur (...) Je n'ai ni regrets ni remords". Il allait jusqu’à prédire l’avenir: "Ce que je ressens aujourd'hui, c'est une montée en puissance tactique et mentale du groupe". Etrange, car au lendemain de la défaite Guy Lacombe disait exactement le contraire: "On n'est pas au tennis ni au golf, le football est un jeu d'équipe qui se joue à onze". Oui, et à la fin, c’est Le Mans qui gagne.
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