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La Gazette > 19e journée

La Gazette ferme le ban et s'assoit dessus en flemmardant un peu. Il lui sera beaucoup pardonné, pour avoir tant donné cette année.
> Le Classement en relief
> La Bannette
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Lens, premier dauphin> Pas de bagarre dans les tribunes
> L'envers du championnat
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Tout le monde, en cette ultime journée des matches aller où les scores étriqués se sont multipliés, a fait de son mieux pour figurer en bonne place sur la photo. Lens et Sochaux montent sur le podium virtuel, devançant Stéphanois et Lillois. Les Marseillais, en battant les Verts au Vélodrome en dépit d'un match de pétochards, ont enjolivé leur bilan de mi-parcours, tandis que Nancy et Bordeaux ferment ce bal des prétendants, un rang au-dessous…

Deux grupetti s'échelonnent dans le dernier tiers du classement, qui comptent leur lot de déchus du championnat: Rennes, Toulouse et Auxerre dans le premier, Monaco et Paris dans le second.
Mais il y a plus malheureux qu'eux: Nantes, Troyes, Nice et Sedan s'engluent en fin de tableau. Quoique, à y regarder de plus près, les écarts n'ont rien de rédhibitoire…


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Les résultats de la journée
Marseille-Saint-Étienne : 2-1
Sochaux-Nancy : 2-1
Valenciennes-Sedan : 2-1
Bordeaux-Le Mans : 1-0
Troyes-Paris SG : 1-1
Lille-Auxerre : 1-1
Lyon-Monaco : 0-0
Lorient-Rennes : 0-0
Nice-Lens : 1-2
Toulouse-Nantes : 0-4



La Bannette

Le charisme inexpliqué
Georges Eo (F365) : "Barthez a eu un discours qui a sans doute touché les joueurs même s'il n'a rien dit d'extraordinaire".

La démonstration d’incompétence
Gérard Houllier (AFP) : "L'objectif était d'avoir 52 points mais nous en avons 50".

Les kamikazes doubistes
Pablo Correa (L'Équipe) : "Sochaux s'est comporté de façon presque suicidaire derrière, en laissant beaucoup d'espaces".

L’entraîneur qui n’ira jamais bosser en Chine
Laurent Banide (AFP) : "C'est important de sortir de la zone rouge".

L'entraîneur qui donne envie de se battre
Jean-Marc Furlan (F365) : "Il va falloir faire preuve de sang-froid, de lucidité, de courage et de compétence dans la deuxième partie de saison".

La causalité à la rennaise
Pierre Dréossi (L'Équipe) : "À cause de la fatigue psychologique, on a été moins bien tactiquement".

Le coach qui essaye de refourguer des Ribéry à la sauvette
Antoine Kombouaré (AFP) : "Il faut rappeler que six joueurs de mon équipe de ce soir jouaient en National il y a 15 ou 16 mois".

L'entraîneur qui ne lit pas la Gazette
Antoine Kombouaré (F365) : "Je veux malgré tout féliciter Sedan: leur classement ne veut pas dire grand-chose".

L’entraîneur qui n’en rate pas une
Alain Perrin (AFP) : "Nous avons pris les choses par le bon bout".

Le Robocop 4
Antoine Kombouaré (F365) : "On a donc engagé un défenseur (...), et j'aimerais également un milieu, pourquoi pas un attaquant, pour renforcer ma colonne vertébrale".

Le séducteur de boîte de nuit
Laurent Banide (F365) : "Nous aurions pu tirer quelque chose de mieux mais il ne faut pas exagérer".

L'équipe de rugby
Élie Baup (L'Équipe) : "Il n'y a pas beaucoup d'analyse à faire sur un plan footballistique".

La bonne raison d’aller au charbon
Frédéric Antonetti (AFP) : "Dans ce club, il y a des mines partout".

L’entraîneur pas convaincu de ses propres compétences
Alain Perrin (AFP) : "En début de championnat, je n'aurais jamais imaginé que le FC Sochaux occuperait cette position".


Le Top "Anatomie"
1. Guy Lacombe (AFP) : "On joue petit pied".
2. Pablo Correa (AFP) : "On a baissé le pied en deuxième mi-temps".
3. Guy Lacombe (AFP) : "On fait 1-1 alors qu'on a le match en main".
4. Élie Baup (AFP) : "Maintenant il va falloir se serrer les coudes".
5. Pierre Dréossi (AFP) : "Les joueurs se sont battus avec leur cœur".

Le Top "SM"
1. Jean-Marc Furlan (AFP) : "En première mi-temps, le PSG était dominateur".
2. Ivan Hasek (AFP) : "C'est une défaite qui fait mal […] ce sera un combat jusqu'au bout car le championnat est très serré".
3. Élie Baup (entraîneur de Toulouse) : "C'est une humiliation".
4. Pablo Correa (AFP) : "Avec ce qui nous attend en janvier et février, il faut s'attendre à souffrir".

Le Top "Vœux pour 2007"
1. Yann Lachuer (L'Équipe) : "On veut faire du foot".
2. Frédéric Antonetti (L'Équipe) : "À partir du 2 janvier, je monterai une équipe commando".
3. Sébastien Squillaci (L'Équipe) : "En 2007, quatre compétitions nous attendent".



Lens, premier dauphin

Est-ce enfin la saison du RC Lens, deuxième du classement derrière les stratosphériques Lyonnais? On avait déjà cru, en décembre 2005, à un retour des Nordistes au plus haut niveau: le club avait aussi terminé sa première partie de saison devant ses concurrents dans la course au titre de dauphin de l’OL. Avec 32 points, et une seule défaite en dix-neuf rencontres, le bilan des hommes de Gillot n’était alors grevé que par un impressionnant nombre de onze matches nuls. La phase retour s’était en revanche avérée catastrophique: avec seulement 28 points engrangés, les Lensois s’étaient vu distancer par leurs voisins Lillois, et, surtout, de surprenants Bordelais, qui avaient respectivement laissés les Sang et Or à deux et neuf points en fin d’exercice. Si une personne avertie en vaut deux, ces derniers doivent donc pouvoir caresser quelques espoirs de Ligue des champions pour la saison prochaine.

Malgré le méchant revers subi face à l’OL, Lens pratique en effet un jeu souvent solide et parfois séduisant. Et le club a renoncé à sa fâcheuse tendance qui consistait à abandonner des paires de points face à des adversaires prenables: l’équipe perd un peu plus souvent, mais gagne aussi un peu plus, ce qui, dans le système de la victoire à trois points, reste grandement bénéfique. D’ailleurs, avec un parcours identique à celui des matches aller sur les dix-neuf prochaines rencontres, le RCL finirait à 70 points. Un total qui aurait permis de finir champion devant l’OL, il y a encore trois ans…



Pas de bagarre dans les tribunes

C'était une des nouveautés du début de saison, avec le Classement de l'offensive: le Championnat de France des tribunes. On ne peut pas dire qu'il défraie la chronique, en particulier en ces temps d'amalgames entre Ultras et hooligans, en dépit de ses objectifs affichés: "encourager le caractère festif des matches en incitant le public à créer des animations et se rapprocher du monde des supporters pour mieux répondre à leurs attentes et favoriser les comportements positifs". Plutôt que d'accorder aux supporters une vraie représentation dans ses instances, ou d'établir un dialogue direct, la Ligue a préféré la pédagogie un peu infantile des "bons points". À la fin de la saison, les trois clubs sur le podium se partageront 100.000 euros, qu'ils devront affecter à des opérations menées par les supporters. Pas question d'attribuer directement ces subventions aux associations elles-mêmes.

Quatre critères déterminent l'attribution des points.
1. La fidélité, établie en fonction du taux de remplissage des stades. En guise de fidélité, c'est surtout la capacité d'un club à remplir son équipement qui prime, et mieux vaut qu'il ne soit pas surdimensionné – à l'image du TFC qui réalise le plus mauvais score (10 points au classement général après 19 journées, contre 24 à Monaco et Sochaux, ou 68 à Marseille). Notons que le remplissage de la zone visiteurs, en cas de déplacement, est également pris en compte. Un maximum de 4 points peut être accordé.
2. L'animation, elle, est évaluée par les médias partenaire, c'est-à-dire les envoyés spéciaux de RTL et l'USJSF (Union syndicale des journalistes sportifs de France), au travers de la "qualité des tifos et des chorégraphies" jugée "mauvaise" (0 points), "moyenne" (1), "bonne" (2) ou "très bonne" (4).
3. L'ambiance est jaugée par les mêmes acteurs et selon le même barème, pour "noter la capacité du public à jouer le rôle de «douzième homme» en encourageant son équipe durant tout le match (dans les bons comme les mauvais moments)" ainsi que "la qualité et l'originalité des encouragements et chants et leur caractère entraînant sur le public au sens large".
4. Le "bonus-malus" est attribué par le président de la Commission nationale mixte de sécurité et d'animation dans les stades (CNMSA) qui "s'appuie sur un jury composé par ses soins pour affecter - à titre exceptionnel - un bonus ou un malus suite à des événements survenus dans le cadre d'un match". Ainsi, pour la 18e journée, les Lensois ont eu 3 points de bonus pour leur soutien en dépit de la rouste infligée par l'OL. En revanche, la Ligue ne précise pas pourquoi Marseille se retrouve avec 6 points de malus au général...

Détail amusant : le règlement précise que l'USJSF doit désigner des "journalistes objectifs", ce qui indique qu'il en existe qui ne le sont pas. Le problème de ce système un peu complexe est qu'il justement qu'il s'apparente, finalement, à un jury de patinage artistique, avec ce que cela implique de biais. Surtout, on peut se demander qui ce classement intéresse, les Ultras ayant eux-mêmes d'autres préoccupations, en ce moment, que d'être bien noté par la Ligue. Et parmi le public plus large du football, qui sait, aujourd'hui, que le trio de tête est composé de Saint-Étienne (assez nettement détaché), Marseille et Lyon, ce trio devançant le "meilleur public de France™" lensois?



L'envers du championnat
Cette semaine, écris toi-même le commentaire du Classement à l'envers, sans te tromper de sens!

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