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La chute de l'empire lyonnais

La Gazette > 12e journée

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L'info du mois, c'est donc que les Lyonnais ont perdu un point sur la lanterne rouge monégasque, qui [c'est quoi le contraire de "caracoler"?] à 23 points du leader. Mais leur nouveau dauphin nancéen est loin. En tout cas, le nord-est de la France fait bonne figure avec Lille, Lens et Sochaux sur la ligne du dessous. Assez logique, finalement, pour des Sochaliens qui ont discrètement squatté le Top10 depuis le début de la saison, en n'ayant passé que trois journées au-delà de la 10e place.

L'Olympique de Marseille, le compteur bloqué à 20 points depuis la 9e journée, se voit rejoindre par l'AS Saint-Étienne, dont l'irrégularité n'est pas sanctionnée dans ce championnat très disputé – du moins au Classement Max Havelaar.
Des Lorrains aux Verts, les six équipes présentent la particularité de compter six victoires, soit un match sur deux remporté…

Le Sud-Ouest n'a pas avancé non plus, ouvrant le bal des prétendants à un meilleur sort. Le bas-ventre mou s'étire un peu, jusqu'à Auxerre. Au milieu de ce panier: les vieux crabes parisiens et rennais, avec leurs bilans identiques et leurs maigres quatre victoires.
Cinq équipes sont coincées dans le bas du panier. Troyes, défait à Sochaux, ne profite pas des nuls de Monaco-Nice et Sedan-Nantes pour s'en extirper.


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Les résultats de la journée
Saint-Étienne-Toulouse : 3-0
Nancy-Bordeaux : 2-1
Rennes-Lyon : 1-0
Sochaux-Troyes : 1-0
Sedan-Nantes : 1-1
Monaco-Nice : 0-0
Valenciennes-Lille : 0-3
Auxerre-Le Mans : 2-3
Marseille-Lorient : 0-1
Paris SG-Lens : 1-3



Les gestes de la journée

> le double contact d’Aruna Didane dos à son vis-à-vis : intérieur du pied droit-talon gauche avec une volte supersonique pour se remettre dans le sens du but. Si Ronaldinho avait fait ça, on aurait encore crié qu’il réinvente le football.
> l'enchaînement double crochet-frappe tendue du gauche de Peter Odemwingie qui aurait mérité une meilleure fortune que la barre de Penneteau.
> le drible à 360° de Yohan Cabaye qui prend quatre Valenciennois à défaut avant d'ajuster Penneteau d'un sobre plat du pied.
> le contrôle aérien de Mamadou Niang qui effectue un grand pont du pointu sur une longue ouverture de Taïwo, avant de dévisser sa frappe qui finit juste sur la transversale... à 18 mètres près.
> le changement de main aérien du micro de Guy Roux, main droite–main gauche en direct face caméra et sans filet.



La bannette

Le projet sportif
Nicolas Fauvergue (lequipe.fr) : "Si nous pouvions enfoncer un peu plus Marseille, ce serait pas mal".

La culture d'entreprise
Pape Diouf (lequipe.fr) : "J'ai l'impression d'avoir vu une équipe qui démissionnait en jouant".

L'accident ferroviaire à la gare Saint-Charles
Pape Diouf (lequipe.fr) : "Les locomotives de l'équipe sont complètement à la rue".

L'accrochage
Achille Emana (C+) : "On n'a pas eu les couilles en première mi-temps". Et elle ne sont pas descendues en seconde.

L’entraîneur qui a trop fréquenté Vahid Halilhodzic
Pierre Dréossi (C+): "Ben, c'est évidemment plaisir".

Le nerazzurro
Habib Beye (lequipe.fr) : "Il faut mettre le bleu de travail et aller au charbon".

Le gars qui autorise les journalistes sportifs à exercer leur métier comme d'habitude
Gérard Houllier (AFP) : "Vous pouvez écrire le contraire de ce que vous disiez il y a quelques jours".

Les pantouflards
Albert Émon (lequipe.fr) : "Nous avons été très pauvres dans le jeu, alors que nous étions bien dans nos baskets durant la semaine". Ça ne vous dispensait pas de mettre des crampons samedi soir.

Le lancer du poids
Albert Émon (lequipe.fr) : "Notre gros problème, c'est que nous jetons facilement le ballon".

Le mec qui a tranché le débat sur la vidéo pour vous
Alexandre Ruiz (C+): "Le message est clair: la cami [NDLR: caméra isolée] est né-ce-ssaire pour laisser les arbitres prendre les bonnes décisions les plus justes, et pour donner l'exemple pour l'ensemble du football français".

La causalité inverse
Thierry David (C+): "Petits effets, grande cause puisque sur le coup franc à suivre N'Daw ouvre la marque".

La vie parisienne
Sylvain Armand (L'Équipe) : "On a pris trois buts, c'était un match vraiment bizarre". À Paris, chaque défaite est un peu spéciale.

Le total
Simon Pouplin (L'Équipe) : "Carew, Malouda, ce n'est pas rien". Ça fait 1,5 joueur environ.


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Mickaël Landreau : quatre mois à Paris, et déjà des cheveux blancs, alors qu'il a à peine 22 ans!



Aulas se répand

aulas_rennes.jpgBeaucoup continuent de certifier que si Jean-Michel Aulas est omniprésent dans les médias et concentre les polémiques sur sa personne, c'est pour dériver la pression qui pèserait sur ses joueurs et son staff. Cette tactique serait une preuve supplémentaire de l'intelligence supérieure du bonhomme.
On peut toutefois préférer juger celle-ci à des éléments tout aussi tangibles: les propos du président. En matière de hauteur de vue, de capacité de relativisation, de communication maîtrisée ou de largesse d'esprit, les réactions du président lyonnais à la première défaite de son club ont été parlantes.

> "Il faut que la Ligue se remette en cause de manière très claire car elle cautionne toute une série de petites coalitions contre Lyon en nous faisant jouer en dépit du bon sens".
> "Il y a une succession d’anomalies flagrantes qui sont faites pour freiner l’Olympique lyonnais dans son élan".
> "Lyon est là où il est parce qu’il a fait les investissements et bien travaillé depuis vingt ans. Il ne faut pas que la médiocrité se regroupe pour essayer de pénaliser les gens qui font bien leur travail. Les esprits chagrins vont se calmer pour nous laisser continuer à progresser pour l’intérêt du football français car l’intérêt du football français c’est d’avoir des équipes compétitives en coupe d’Europe".
> "Pourquoi avoir joué samedi après-midi alors qu'on a joué contre Kiev  mercredi soir? Chaque fois qu'on fait une demande à la Ligue, elle est refusée avec une argumentation nauséabonde".
> "Tout ceci fait que l'environnement médiatique est un peu désagréable".
> "Laisser penser que les arbitres avantagent Lyon et que Lyon plombe l'ambiance n'est pas agréable. Nous n'avons pas besoin de mansuétude, mais d'objectivité d'analyse".

Lors de la conférence de presse, JMA a brandi des coupures de journaux avec des extraits surlignés. Il s'est adressé à un journaliste en lui ordonnant: "Faites votre travail correctement, soyez plus éthique!" (sources: lequipe.fr et AFP).

Dans cet exemple, on se demande bien de quoi Jean-Michel Aulas a voulu protéger ses joueurs. Eux ont su rester parfaitement dignes en acceptant la défaite avec mesure et en rendant hommage à leurs adversaires.



La baraka frite

Lorsque France 3, dans son édition nationale, souhaite utiliser des images de rencontres de Ligue 1, elle doit se tourner vers Canal+, qui dispose des droits de diffusion. Ainsi, pour présenter le derby Valenciennes-Lille lors de son édition de dimanche midi, les images arboraient logiquement le logo de la chaîne cryptée. Quelques actions, les trois buts: rien que de très normal.

frites_va.jpgMais France 3 décidait de conserver une séquence utilisée dans Jour de Foot, présentant une vendeuse de frites enrubannant un kebab et son complément dans une feuille de papier. La séquence ne manquait pas de sel, mais uniquement au sens propre, car son intérêt était globalement nul. C’était pourtant à croire que les journalistes mangeaient au même râtelier, puisque la chaîne publique resservait exactement la même idée: "De Lille ou de Valenciennes, difficile de dire quel est le meilleur public. Ni laquelle offre les meilleurs frites". Mêmes images, même commentaire à quelques rares mots près.
Certains penseront que les journalistes de France 3, impressionnés par tant d’à-propos, n’auront pas osé changer un texte aussi pertinent. D’autres comprendront que Canal n’est plus seulement un ersatz fade de ce qu’elle fut, mâtiné d’esprit TF1, mais qu’elle inspire désormais les pires commentaires du service public, déjà soutenu par Xavier Gravelaine et Thierry Adam.



« …Et Juninho a été expulsé »

19 heures, ce samedi. Il n’y a plus de guerres dans le monde, d’élections aux Etats-Unis, de bébé disparu à Redon, de primaires au PS. Car Lyon a été battu. L’OL vient de perdre par un à zéro contre de valeureux Bretons, et le reste du monde cesse d’avoir de l’importance: toute la soirée, les flashes des principales radios nationales d’information (Europe 1, RTL, RMC Info) vont ouvrir sur cet événement. Il n’y a, jusque-là, guère de surprise tant la défaite des Lyonnais semblait chimérique à 17 heures.

Le petit étonnement tient au message délivré quinze fois, vingt fois dans la soirée, lors de tous les rappels de scores, points d’info, listes de résultats. Tandis que le journaliste se contentait d’indiquer "Sochaux a battu Troyes par un à zéro", la même information concernant Rennes-OL s’est systématiquement vue doublée de la précision suivante : "…Et Juninho a été expulsé". Également exclu dans le Doubs, Grégory Paisley n’a pourtant pas eu droit au même traitement médiatique.
Pourquoi, alors, avoir mentionné, à chaque annonce du score rennais, l’expulsion du capitaine lyonnais? Peut-être pour vilipender l’attitude de ce dernier, coupable d’une esquisse de coup sur un joueur stadiste, et dont la sortie contribua à empêcher les Gones de revenir à la marque? Ou pour atténuer la performance des joueurs rennais, qui ne méritaient pas pareille nuance?

En vérité, à force d’entendre les journalistes ressasser le rouge de Juninho, l’impression était celle d’une excuse : "Lyon a perdu [mais il faut dire que] Juninho a été expulsé". Sous-entendu, l’OL serait demeuré invaincu, naturellement, sans cet avanie. Cela sonnait comme une explication, une justification, une réduction de la victoire rennaise à la défaillance du Brésilien. En revanche, puisqu’il était normal que Troyes perdît à Sochaux, point besoin de l’expliquer par celle de Paisley. Que l’OL a été simplement battu par une équipe meilleure que lui ce jour-là, qu’il aurait sans doute perdu le match même s’il l’avait terminé à onze, voilà les phrases que l’on aurait aimé entendre pour accompagner les scores flashes samedi soir.



Le moment pathologique d’Alexandre Ruiz

"Là, je ne me trompe pas : normalement, moi qui joue au loto sportif comme beaucoup d'abonnés, sur mon Loto, je ne me pose pas de question concernant Valenciennes, depuis trois mois, je coche 1 à domicile et 2 à l'extérieur". À ce rythme-là, Valenciennes planerait quand même sur la L1 avec cinq bons points d’avance sur Lyon.



L'envers du championnat
Les Rennais sont les grands perdants de la journée. Confrontés au dernier de la classe, ils laissent échapper un résultat largement à leur portée sur le papier. Pourtant, la vérité du terrain aura porté un coup (fatal?) aux ambitions rennaises, et le moins qu’on puisse en dire, c’est que ce n’est pas immérité. Ce type de contre-performance est indigne, et la qualité de la prestation des hommes de Pierre Dréossi nuit singulièrement à la crédibilité et à l’image du club. Ce n’est pas en jouant ainsi que vous pourrez entretenir vos prétentions, Messieurs!

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Quatre des autres équipes lancées dans la course s’affrontaient, mais ni le Monaco-Nice, ni le Sedan-Nantes n’auront été décisifs. Tout juste noterons-nous qu’Ederson n’aura pas commis deux fois la même erreur, frappant cette fois son encombrant penalty du money time bien mieux que face à Marseille: comme un vrai compétiteur. Sa maîtrise permet à Nice de ne pas perdre le contact avec la tête, mais les hommes de Frédéric Antonetti laissent filer une précieuse occasion de reprendre le contrôle de la compétition.

C’est en définitive Sedan qui a peut-être réalisé la bonne opération de la journée. En préservant l’essentiel sur leurs terres face à leurs poursuivants immédiats, les sangliers pourraient bénéficier du déplacement délicat des leaders monégasques à Troyes lors de la 13e journée pour bonifier un résultat en déplacement à Toulouse – qui semble largement à leur portée. L’avisé président Urano avait préparé son coup depuis l’intersaison, il a enfin débarqué son entraîneur, recette qui a souvent fait ses preuves dans le Classement à l’envers. En plaçant José Pasqualetti à la tête d'un groupe déjà performant, il se dote du technicien qui fut la révélation de la saison dernière avec Ajaccio, et confirme qu’il est prêt à mettre toutes les chances de son côté pour succéder au mythique FC Metz.
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