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Julien Tomas

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Que fais-tu là, Isabelle ?

La dernière victoire (en) date

Matchbox vintage – Saint-Étienne-Lyon, 5 avril 1994: 3-0 - C'était il y a bientôt seize ans. Avant dix-neuf matches sans victoires stéphanoises dans le derby contre l'Olympique lyonnais.
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Du point de vue stéphanois, le derby n'annonce plus rien de bon à des Verts relégués en grande banlieue lyonnaise depuis longtemps. Peut-être depuis la saison 1993/1994, qui vit la dernière victoire des décuples champions de France contre les futurs septuples. Depuis, il y a eu huit matches nuls et onze défaites.

Huit matches nuls... Certains heureux comme celui arraché à Geoffroy-Guichard par Roland Wolfarth sur un but dans les arrêts de jeu, lors de la saison 1994-1995. D'autres superbes comme celui de l'édition 1999-2000, aussi à domicile, au cours duquel Stéphane Pédron avait répondu à Sonny Anderson dès la 9e minute d'une belle frappe dans la lucarne de Coupet. De plus récents, frustrants comme celui de 2007-2008 quand Karim Benzema égalise sur coup franc dans les arrêts de jeu, après que Bafétimbi Gomis eût ouvert la marque avant la mi-temps sur une erreur de Grégory Coupet.

Onze défaites, dont deux à quelques mois d'intervalle en 2000-2001 – saison des faux passeports et du début de la période de la gloire lyonnaise, qui dispute là sa première saison de Ligue des champions. La première en championnat, à Gerland, avec un but en fin de match de Christophe Delmotte qui donne la victoire aux siens, fêtant son but de manière extatique tel Tardelli en 1982. La seconde en février, en Coupe de France, quelques jours après le début de l'affaire qui conduira l'ASSE en D2, juste après le départ de Toshack et l'arrivée sur le banc du duo Wallemme-Garcia. Les Verts alignent une équipe de jeunes remplaçants qui font mieux que lutter, poussent l'OL aux tirs aux buts après un but superbe de Karim Fellahi, mais qui s'inclinent pourtant.
Des défaites cruelles, aussi, comme celle de la saison 2004-2005 quand les Verts mènent 2-1 jusqu'à la 87e avant d’encaisser deux buts par Juninho et Govou en trois minutes. Enfin certaines, humiliantes: en avril 2006, Lyon gagne 4-0 à Gerland et fête son cinquième titre, et l'année suivante l'emporte 3-1 à Geoffroy-Guichard.


For Whom the Bell tolls


Saint-Étienne
Bell
Deguerville – Primard – Blanc – Harcheche
Swierczewski (puis Médaillon, 58e) – Delpech – Despeyroux – Moravcik
Wolfarth (puis S. Santini 86e) – Mendy

Entraîneur: Jacques Santini

Lyon
Olmeta
Flachez – N'Gotty – Marcelo – Amoros
Gava – Roy – Deplace – Rivenet (puis Chavrondier, 74e)
Debbah (puis Abou, 73e) - Maurice

Entraîneur: Jean Tigana


Toutes les deux calées dans le ventre mou du championnat au soir de cette 33e journée de Division 1, les deux équipes n'ont plus rien à craindre ni à espérer dans le championnat. La saison des Verts a été décevante: à la tête du club depuis le début de l'année, le duo Yves Guichard-Jean-Michel Larqué a promis l'Europe et dépensé l'argent en conséquence. Au moment de la rencontre, Saint-Étienne est neuvième et sait déjà que le retour européen ne sera pas encore pour cette fois. La fracture se creuse entre le public et son équipe, comme souvent à Sainté, l'attaquant de l'équipe fait office de bouc émissaire: Étienne Mendy est régulièrement pris en grippe par le Chaudron.


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Les germes du grand OL
À l'inverse, après deux saisons conclues par un maintien acquis au cours des dernières journées, tout va bien pour un OL ayant déjà réussi sa saison, qui se conclura par une bonne huitème place pour la première année de Jean Tigana sur le banc, après le long passage de Raymond Domenech.
Il faut dire que pour la première fois de son mandat, le jeune président Aulas avait mis la main au portefeuille afin de renforcer son effectif en début de saison, attirant trois joueurs de l’Olympique de Marseille, Abedi Pelé (absent ce soir-là), Manuel Amoros et Pascal Olmeta. La saison des Lyonnais est surtout marquée par l’éclosion du jeune attaquant formé au club, Florian Maurice – par ailleurs unique buteur à l’aller –, appelé à devenir l’un des leaders originels des succès lyonnais à venir.

Quelques semaines avant ce match, Joseph-Antoine Bell a été écarté par Jacques Santini, le gardien quadragénaire ayant publiquement remis en cause les options de son entraîneur. Jo va quitter l'ASSE, il va même mettre un terme à sa carrière pendant la World Cup 1994 – qu'il ne terminera pas, préférant quitter la compétition après une lourde défaite du Cameroun contre le Brésil. Pour ce dernier rendez-vous important de la saison, le club choisit de rendre hommage au gardien passé par Marseille et Bordeaux. Bell est préféré au jeune et prometteur Grégory Coupet, qui avait pris sa place lors des derniers matches.

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Images extraites du diaporama du progres.fr sur les derbies ASSE-OL

Mendy incandescent
Le stade est loin d'être rempli, puisque l'on compte un peu moins de 17.000 personnes à Geoffroy-Guichard à l'heure du coup d'envoi. Les absents auront du temps pour le regretter car c'est une véritable leçon d'envie que les Stéphanois vont donner aux Lyonnais. La première période est dominée par les visiteurs, mais cette maîtrise du ballon reste stérile et le score n'évolue pas jusqu'à l'heure de jeu. Alors Pascal Despeyroux, un des chouchous du public stéphanois, débloque le match en reprenant du point de penalty une passe en retrait de l'international espoir Étienne Mendy, auteur d'un slalom dans la surface lyonnaise.

Le second but arrive une dizaine de minutes plus tard, sur un contre mené par l'intenable Mendy, les Stéphanois se retrouvent à trois contre deux défenseurs lyonnais, Mendy décale Médaillon sur sa gauche, ce dernier centre au deuxième poteau vers Wolfarth, l'allemand remise de la tête vers Mendy qui prolonge de la tête la balle hors de portée d'Olmeta. En fin de match, Lubomir Moravcik récupère un ballon au milieu de terrain, il accélère et adresse une passe lumineuse pour Christophe Deguerville, monté aux avant-postes, le jeune latéral formé à Sainté contrôle puis frappe au but, la balle est contrée par un Lyonnais mais Etienne Mendy, incandescent, s'arrache et glisse dans le but avec le ballon.
3-0, la fête est finie, ou presque puisque c'est entouré d'une certaine émotion que Joseph-Antoine Bell entame un tour d'honneur pour recevoir une belle ovation.


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