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Pierre Martini

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Le Var est dans le fruit

La couleur de l'espoir

Avec l'aiguillon de la remontée, le haut niveau, c'est possible en L2. À tout point de vue lorsque les Verts reçoivent d'excellents Lorientais dans un chaudron en ébullition, pour un gros match entre un favori avéré et un éternel cheval de retour… Reportage.
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Un duel de prétendants ? Vendredi soir, Geoffroy Guichard retrouvait son équipe préférée et accueillait l'un des favoris du championnat, dont le statut est moins incertain que celui d'une AS Saint-Étienne une nouvelle fois en reconstruction. Des deux clubs, avant ce match, seul le FCL pouvait en effet se poser réellement en prétendant à la montée et sa venue faisait office de test pour ses hôtes. Si d'un côté le poids du mythe est bien réel et la ferveur intacte, de l'autre, les moyens financiers et les assurances sportives sont évidemment plus grands. Lorient, qui avait raté pour deux points l'accession en L1, a d'ailleurs recruté deux joueurs que convoitaient les Verts, Bastien et Pedron ayant préféré le challenge sportif et les conditions financières supérieures des Merlus. L'ASSE s'est surtout appliquée, comme la plupart des clubs professionnels, à débarrasser son effectif des salaires les plus lourds (départs de Baudry, Alex, Oliveira ou encore Casagrande) et à lui redonner une cohérence en s'appuyant sur une fin d'exercice 2002/2003 plutôt réussie. "Aujourd'hui, on fait du football" se réjouissait récemment Frédéric Antonetti… Un championnat de L2 est toujours compliqué et soumis aux aléas, mais il y a aussi beaucoup d'enseignements à tirer des premières rencontres, et surtout beaucoup de doutes ou de confiance à récolter pour les équipes. Idéalement, il s'agit d'enclencher une dynamique positive ("à la mancelle") en même temps que poser les bases du jeu. Un challenge déjà réussi par Lorient qui débarquait en Forez avec quatre points (glanés avec une victoire contre Le Havre et un nul à Gueugnon) et une qualité collective déjà tangible, tandis que Saint-Étienne avait connu une défaite jugée sévère à Châteauroux et une victoire arrachée dans les arrêts de jeu à Nancy. Soumis à la pression locale et relevant de deux saisons pénibles, les Stéphanois avaient donc autant à perdre qu'à gagner de ses retrouvailles avec son public.

Un chaudron fumant Et ce public, comment l'ignorer? 22.000 spectateurs en plein mois d'août, des tifos spectaculaires et pour couronner le tout, des revendications extra-sportives prenant la forme d'un tract commun aux deux associations (Green Angels et Magic fans — voir en bas de page) et de plusieurs banderoles. Il s'agit de s'opposer, dans une démarche qui fait écho aux actions menées la saison passée par les ultras, à la fois aux décalages intempestifs de matches par les télévisions et à l'application répressive de la loi Alliot-Marie (voir Ultras, moderne solitude et Nettoyage à sec). La principale pomme de discorde concerne l'emploi des fumigènes, théoriquement interdits mais dont les supporters défendent un usage contrôlé dans le cadre de leurs animations. Dommage que ceux-ci nuisent à leur propre cause, lorsque la surface de réparation se retrouve enfumée sur un corner lorientais, déclenchant l'intervention musclée et ciblée de trois agents en civil dans la tribune Jean Snella. Ils s'emparent du pyrotechnicien, non sans déclencher des réactions chez ses camarades qui n'ont pas identifié les policiers avant que ceux-ci ne dégainent leurs matraques…

Gros dilemme au guichet pour ce Celtic Boy : acheter un billet ou un autre pack de six?
Les verts passent à l'orange Un tel match, servi par un scénario haletant et un public de feu, n'est pas forcément représentatif de la qualité de jeu en L2, mais on peut souhaiter qu'il le soit, car le spectacle a été d'excellente facture avec un rythme élevé, un engagement réel mais très correct des deux équipes et une appréciable valeur technique. Il faut d'abord en remercier deux entraîneurs ambitieux qui ont cherché la victoire au moment où le score était partagé. Les locaux, qui percutent assez vite l'arrière-garde merluchonne avec un bon pressing, en procédant par accélérations et en tâchant de trouver dans la profondeur les remuants Compan et Marin, qui se procurent plusieurs occasions dans le premier quart d'heure. Bien organisés, les Lorientais répondent par Loko et surtout Koné, très mobile. À la 27e minute, Jau s'ouvre une fenêtre entre deux défenseurs et décoche une puissante frappe croisée qui oblige Audart à détourner la balle en corner. Le tireur l'exécute lui-même, déposant la balle au premier poteau sur la tête de Compan qui ouvre le score. L'équipe morbihannaise, dont le fier Gourcuff disait qu'elle ne se déplaçait pas pour subir, remonte logiquement d'un cran, sans se désunir ni offrir de prise aux contres, et les malheurs de Carteron commencent. Une longue balle délivrée par Bouard sur l'aile gauche trouve Morel, qui prend de vitesse le latéral stéphanois et vient tromper Janot de près malgré l'angle fermé (33e). Passé un premier quart d'heure équilibré, Lorient prendra nettement le dessus en seconde période, permettant à l'homme du match de s'illustrer. Jérémie Janot remporte en effet deux duels mal engagés face à Koné (60e et 65e), puis un autre devant Robson (80e), coupant aussi les centres dans les airs comme au sol. Les Stéphanois n'ont cependant pas renoncé à porter le danger dès qu'ils le peuvent, et le dénouement de cette rencontre indécise survient à la suite d'une touche bêtement concédée. Mendy se retourne et enroule un centre que coupe un Dogbe laissé étrangement seul par la charnière centrale. Après Nancy, le joker vert frappe une nouvelle fois dans les ultimes minutes et offre aux spectateurs un billet un billet pour des transports de joie. La nalyse Fidèle à lui-même, Christian Gourcuff a reproché à ses attaquants d'avoir manqué les occasions de prendre trois points, mais c'est pourtant le seul moment de déconcentration de sa charnière centrale qui lui a valu de n'en rapporter aucun. Il reste que les Lorientais, sensiblement supérieurs à leurs adversaires, sont fort bien armés pour jouer l'accession et donnèrent l'impression d'être déjà une équipe de L1. La valeur de l'effectif ne fait effectivement aucun doute, à l'image d'un Jérémie Morel qui suppléait Stéphane Pedron blessé, remarquable de vitesse et de précision sur un flanc gauche très performant. Boutruche, Bouard ou le solide Diop composent une belle défense et l'ambition de l'équipe s'exprime déjà au travers d'une attaque que Kroupi renforcera bientôt. On dira Antonetti a remporté l'aléatoire bataille du coaching en faisant entrer Frédéric Mendy et Mickaël Dogbe, et en abandonnant habilement la direction du jeu aux Lorientais pour procéder par impulsions et miser sur la combativité de ses troupes. Il peut faire le compte de nombreuses satisfactions, comme celle d'une défense centrale Hernandez-Morestin bien en place. L'ancien Castelroussin, d'un gabarit inhabituel à ce poste, a été l'auteur d'une prestation prometteuse, et il a été bien secondé par Meslien sur sa gauche. Le capitaine Carteron, à court de forme, devra reconquérir un public qui l'a sifflé — moins toutefois que Citony, peu en vue. L'activité et l'agressivité des récupérateurs (Sablé et Hellebuyck) n'ont effectivement pas compensé un déficit d'animation au milieu, malgré la bonne partie de Jau. Antonetti voulait recruter un joueur par ligne, on lui conseillerait de s'intéresser plus à l'entrejeu et aux latéraux qu'à la défense centrale (qui enregistrera le retour de Vincent Hognon) et à l'attaque. Le travail de sape réalisé par Lilian Compan et Nicolas Marin a payé. Le second, prêté par Auxerre où il a marqué quinze buts avec la réserve l'an passé, s'est parfois pris les pieds dans le tapis, mais il a bien illustré le concept de percussion cher à un illustre personnage local et est déjà adopté par le public. Quant à Dogbe, son ratio d'efficacité devrait lui offrir plus de temps de jeu à l'avenir. Les observations Citony ressemble à Stomy Bugsy dans "3 zéros" Si Janot a revêtu un maillot de camouflage taille XXL, c'est pour masquer une corpulence à la Ronaldo? Jérémie Bréchet et Rémi Garde étaient présents à Geoffroy Guichard. C'était pour voir ce qui les sépare d'un grand club? Après Cake Rocher, Casino ou Game One TV, la malédiction du gros sponsor rouge dégueulasse a encore frappé le maillot stéphanois. Le commentaire à forte valeur ajoutée Christophe Jammot (Eurosport) : "Nicolas Marin est marié à la cousine de Philippe Mexès". (1) Précision : d'après un membre des Green Angels qui nous a écrit, l'interpellation n'a pas eu lieu dans la tribune, les membres des forces de l'ordre ayant été repoussés. En revanche, un supporter aurait été appréhendé lors de la première mi-temps, alors qu'il se rendait à l'infirmerie. Pour plus d'information, voir le communiqué sur le site des Green Angels 1992.

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