auteur
Christophe Kuchly


Dé-Manager, qui parle dans Vu du Banc et écrit pour l'AFP et dans La Voix du Nord.


Du même auteur

L'instant X de Miguel Palanca

Invité : L'Instant X – Quand un joueur anonyme se présente en duel devant le gardien lors d'un Barça-Real, il joue plus que le match.

Partager

 

Dans la vie comme dans le sport,chaque seconde peut faire basculer le cours de l’histoire. L’Instant X est un site multisports consacré à ces moments parfois oubliés dont tout le monde analyse ensuite les conséquences.

 

 

À vingt-quatre ans, bientôt vingt-cinq, il est un joueur comme un autre. Ailier droit au club d’Elche depuis la saison 2010/11, une formation qui caracole pour l’instant en tête de la Liga Adelante, la deuxième division espagnole, Miguel Palanca n’a rien d’une vedette. Il est un élément important de son équipe, mais n’est ni incontournable ni particulièrement décisif (43 titularisations pour 5 buts ces deux dernières saisons). À quelques centimètres près, sa carrière aurait pourtant pu basculer. L’énoncé de son nom n’entraînerait en tout cas pas cette froide et unanime réponse: "Qui?"

 


Le Clasico comme terrain de jeu

On est le samedi 13 décembre 2008, et c’est soir de Clasico. Le Barca de Pep Guardiola reçoit le Real de Juande Ramos, nommé le mardi en remplacement de Bernd Schuster. Sur le terrain, des stars (Eto’o, Messi et Henry d’un côté, Casillas, Sneijder et Raul de l’autre)… mais aussi quelques joueurs au nom un peu moins enthousiasmant (Gudjohnsen, Metzelder, Drenthe). Le match n’a pas encore l’intensité presque guerrière qu’il aura quelques années plus tard, mais sa portée symbolique et médiatique est tout de même immense. C’est déjà la 15e journée et le leader barcelonais peut assommer des Madrilènes seulement cinquièmes, à neuf points du rival.

 

 

Pour son premier match à la tête du Real, Juande Ramos ne bouleverse pas le onze de départ de son prédécesseur. Suspendu, Robben est remplacé par Drenthe, alors que Sneijder et Metzelder remplacent Van der Vaart et Marcelo, Sergio Ramos étant décalé au poste de latéral. Sur le banc, un petit jeune de dix-neuf ans jamais apparu parmi les pros : Miguel Palanca. Venu pour faire le nombre a priori, à l’image de Marc Muniesa en finale de Ligue des Champions l’année suivante, il n’est absolument pas destiné à jouer.

 

 

 

Le duel d’un match pour l’un, d’une vie pour l’autre.

Oui mais voilà, Sneijder se blesse après une demi-heure de jeu. Plutôt que de faire entrer Van der Vaart, Juande Ramos tente un pari et lance Miguel Palanca sur l’aile droite. Sans complexe, celui qui avait été recruté à l’Espanyol Barcelone pour renforcer la réserve apporte toute son envie et sa fraîcheur. La technique est parfois hésitante, l’intelligence tactique dans le positionnement aléatoire, mais Barcelone est quelque peu perturbé par le jeu de cet inconnu. Et même s’ils dominent largement, les Catalans sont incapables de prendre l’avantage alors que l’on s’apprête à entrer dans les dix dernières minutes, et restent sous la menace des contres madrilènes.


On joue la 79e minute, et c’est là que tout va basculer. Ou plutôt ne basculera pas. Miguel Palanca reçoit la balle sur l’aile à trente-cinq mètres des buts de Valdés. Deux crochets pour rentrer au cœur du jeu, un relai en une touche de balle avec Raul, et il se retrouve à 6m du but, dans un angle fermé. Plus de défense, aucun partenaire à servir, aucune question à se poser. L’action devient duel. Un duel entre un gardien alors souvent décrié et un gamin dont c’est le deuxième match en Liga, dix-huit mois après une courte entrée en jeu avec l’Espanyol. Un duel qui pourrait donner un avantage décisif au Real et son nouvel entraîneur dans le match le plus important de la saison.

 

 


La belle histoire n’aura pas lieu

Plutôt que de tenter une hypothétique frappe croisée, le gamin tire fort, sans contrôle, droit devant. Le geste est juste, tutoie la perfection, mais ne fait que la frôler. Valdés avance pour boucher l’angle, écarte les bras, et dévie le ballon de l’épaule. Pas un réflexe, pas tout à fait un coup de chance non plus, mais le tournant du match. Le ballon sort en touche, Palanca met les mains sur sa tête et se rend compte qu’il a raté sa chance. A quelques centimètres près, son tir serait passé entre l’épaule et la barre transversale. En attendant, il y a toujours 0-0.

 

Trois minutes plus tard, Samuel Eto’o dévie la balle dans le but à la suite d’un corner. Dans les arrêts de jeux, Messi se charge de plier définitivement l’affaire. Victoire 2-0, et 12 points d’avance au classement. Le score paraît sans appel, mais le scénario infirme la théorie du long fleuve tranquille. L’histoire retiendra que Barcelone a fait un pas décisif pour le titre ce soir de décembre 2008, tandis que quelques mémoires affutées raconteront qu’un jeune ailier, habitué à la réserve, aurait pu tout remettre en cause.

 

Une semaine plus tard, Palanca entrait à l’heure de jeu contre Valence. Deux semaines après, il remplaçait Robben en fin de match contre Mallorca. Retourné en réserve pour la suite de la saison, prêté à Castellon l’année suivante puis transféré à Elche pour deux ans, avec une clause de rachat pour le Real qui ne sera sans doute jamais activée, il n’a plus jamais vu la Liga depuis.

 

 

Partager


Le forum

Paris est magique

aujourd'hui à 20h41 - Ibracadabra : Ma théorie du compo :Pour préparer le grand retour de Galatasaray au Parc (en partenariat avec la... >>


Histoire Football Club

aujourd'hui à 20h38 - Danishos Dynamitos : C'etait presque toujours comme ça avec Blanc: s'il faisait une connerie, il plantait un but... >>


Gerland à la détente

aujourd'hui à 20h37 - CHR$ : Encore une fois, un bon parcours ne nous tendait pas les bras hier. On pouvait finir premier,... >>


Foot et politique

aujourd'hui à 20h33 - Surdo : wikipedia dit TVA, CSG, IR, taxe foncière / habitation, TIPP, taxe sur l'alcool et le tabac, ISF... >>


Changer l'arbitrage

aujourd'hui à 20h24 - Metzallica : Tiens, un but accordé après avoir été refusé pour hors-jeu limite. Ça fait bizarre que ce... >>


Café : "Au petit Marseillais"

aujourd'hui à 20h21 - syle : Payet, j'espère vivement le voir retrouver une place en sélection, car je ne serais pas surpris... >>


CdF Omnisport

aujourd'hui à 20h17 - Dan Lédan : Oui ben y a Rennes Volley 35 contre des suisses au nom que j ai oublié et , vue le debut de saison... >>


Scapulaire conditionné

aujourd'hui à 19h53 - Sos muy Grosa, Adli bitum : Manifestement pas pour tout de suite la desescalade car les UB87 ont ete recus par le maire de... >>


Le fil dont vous êtes le héros

aujourd'hui à 17h29 - Kireg : Merci CouleurdisgracieuseLierre ! >>


Lost horizons

aujourd'hui à 17h21 - suppdebastille : Et tu apprendras au moins 1 mot en langue fon "yovo", quoique je ne sais pas si tu es "yovo". >>


Les brèves

Je crois que bon bon

"Laurent Blanc à Lyon, ça ne colle pas pour deux raisons" (foot01.com)

Aucun

"Euro U17 : qui sont les joueurs majeurs de l'équipe de France ?"

Autobiographie

"Ribéry : Des débuts fracassants." (lequipe.fr)

Ô Pep !

"Un pays africain rêve de Bruno Genesio !" (dailymercato.com)

Ruuuuuuuuuuuuuuuuuuud van Nistelrooy

"PSV Eindhoven : Ruud van Nistelrooy prolonge sur le banc des U19." (lequipe.fr)