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newuser et Christophe Zemmour

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Dernier carré : les armées rouges

L'Ibère a été long

Matchbox : Portugal-Espagne : 0-0 (2 t.a.b. à 4) – Une demi-finale sur courant alternatif qui a finalement choisi le dernier qui a cherché à la séduire.

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Donbass Arena, Donetsk.

 

Portugal : Rui Patricio - João Pereira, Bruno Alves, Pepe, Coentrão - Veloso (Custodio, 106e), Raul Meireles (Varela, 113e), Moutinho - Nani, Hugo Almeida (Nélson Oliveira, 81e), Cristiano Ronaldo. Sélectionneur: Paulo Bento (POR).

Espagne : Casillas - Arbeloa, Piqué, Ramos, Jordi Alba - Busquets, Xabi Alonso - David Silva (Navas, 61e), Xavi (Pedro, 87e), Iniesta - Negredo (Fabregas, 54e). Sélectionneur: Vicente Del Bosque (ESP).

Arbitre: Cüneyt Çakir (TUR).

 

La nalyse

Débutant sur un rythme assez lent, le match voit une progressive mais pas très oppressante prise de contrôle du jeu par les Espagnols, notamment autour d’un Iniesta omniprésent dans la construction du jeu. Les Portugais ne se sont pourtant pas présentés en victimes expiatoires et se montrent dangereux grâce à un pressing constant dans les vingt-cinq mètres adverses et sur la relance de la défense rouge, particulièrement sur un Piqué pas très sûr dans ce secteur. Ronaldo cerné, mais de manière moins licite et contrôlée que lors du huitième de finale du Mondial 2010 (fautes sur lui aux 16e et 40e, dont une grosse obstruction de Sergio Ramos sur l’amorce d’un contre), le Portugal s’appuie sur Moutinho qui lance parfaitement dans la profondeur depuis son camp. La fin de la première mi-temps est plus difficile pour les hommes de Del Bosque et le jeu s’équilibre comme rarement dans un match dont l’Espagne est un des protagonistes.

 

 

La seconde période ne change pas la donne, avec une Roja qui multiplie les erreurs techniques et ne parvient plus à être dangereuse, au contraire d’un Portugal plus physique et plus direct qui obtient de bonnes situations devant le but, via des coups francs malheureusement mal exploités par Cristiano Ronaldo. Le Madrilène commence tardivement à peser sur le match... et rate l’occasion de le tuer dans les derniers instants sur une contre-attaque (90e). Il comptera 7 tirs pour aucun cadré. Le rythme a baissé et les équipes se sont montrées nerveuses, récoltant chacune une jolie collection de cartons.

 

Lors de la première période de la prolongation, les Espagnols, plus en jambes que leurs adversaires, haussent le ton et leur niveau de jeu. Ils imposent ainsi un gros temps fort sur les cages de Rui Patricio qui doit sortir un arrêt magnifique sur une tentative d’Iniesta à cinq minutes du final. L’entrée de Pedro a donné un coup de fouet à la Roja, qui passe beaucoup par le côté gauche où s’illustre également Jordi Alba. La suite est encore clairement à l’avantage des Espagnols qui ont repris les commandes du jeu et imposent toujours une grosse pression sur les Portugais. Ces derniers arrivent cependant à endiguer les assauts, malgré quelques frayeurs.

 

La décision se fait alors aux tirs au but, qui se concluent par le poteau rentrant de Cesc Fabregas. Cristiano Ronaldo n’aura même pas eu le droit de tirer son péno, et les champions en titre, sans convaincre ni cesser de dégager quelque ennui, sont une nouvelle fois en finale.

 

 

 

 

L’anti-geste

La contrôle poitrine-menton ventre à terre de Sergio Ramos dans sa propre surface qui a fait croire un instant à la possibilité d’un penalty.

 

 

 

Les observations en vrac

Ah, on a quand même attendu que Casillas et Cristiano fassent leur discours avant de lancer la pub.

 

Ah, on peut donc rentrer la mi-temps avec un 0-0 tout en se créant des occasions?

 

61e minute, le Pepe fact: un genou dans le dos de Xabi Alonso qui a eu l’outrecuidance d’aller au duel aérien avec lui.

 

La pub pour Pékin Express, finalement c’est moins classe que pour le Téléfoot du dimanche. Et ce n’est pas un mince exploit.

 

Les corners à la rémoise, qu’ils soient exécutés par les Français ou les Espagnols, ça a décidément un très faible taux de réussite.

 

Finalement, Sergio Ramos ne ressemble pas seulement à Val Kilmer. Il y a également du Fernandel dans ce garçon.

 

 

 

 

 

Les gars rouges

Comme à son habitude, Casillas a assuré, intervenant presque exclusivement dans le domaine aérien, assurant ses sorties comme sur le corner rentrant de Veloso de la 2e minute.

 

Si Piqué a connu une première période particulièrement compliquée, notamment dans la relance, il a peu à peu retrouvé ses marques, en s’imposant physiquement face à Ronaldo (98e, 99e). Son compère Sergio Ramos a fait parler sa puissance dans les duels contre Cristiano Ronaldo, en étant souvent proche ou coupable d’une faute. Bloqués par le bon pressing portugais et à l’origine de beaucoup de fautes évitables, Jordi Alba et Arbeloa ont malgré tout pesé sur le match, l’arrière gauche de Valence débordant lors des prolongations et le latéral du Real a été l'auteur de la première occasion espagnole avec un tir qui a frôlé la lucarne.

 

Le très actif et très technique Busquets a encore été déterminant au milieu de terrain, temporisant ce qu’il faut pour effacer les Portugais au pressing et créer le décalage sur un geste. Xabi Alonso a évolué plus bas, en rampe de lancement, et tenta de lober Rui Patricio (66e), lequel détournera son tir au but. Xavi semble physiquement court sur cet Euro, mais son apport au milieu est toujours précieux. À la différence d’Iniesta qui rayonne sur cette équipe, dépositaire du jeu et principale arme offensive (104e), qui ne fléchit pas durant 120 minutes.

 

Pedro a réussi une belle entrée, percutant bien sur son côté gauche (104e, 119e), malgré des ratés dommageables au vu de la qualité des enchaînements qu’il produit. Il en va de même pour Navas, qui a parfois trop tardé à décaler son arrière latéral, mais a pu tenter sa chance (111e, frappe arrêtée en deux temps par Rui Patricio).

 

Grande énigme de cette Espagne version Euro 2012, le poste d’avant-centre a d’abord été occupé par Negredo, lequel n’a jamais pu s’imposer face au défi physique de Pepe, mais a su temporiser en protégeant son ballon dans la surface lors de l’action qui amène le tir non cadré d’Iniesta (29e). Son suppléant, Fabregas, a plus touché le ballon, mais s’est souvent cassé les dents sur l’arrière-garde lusitanienne. Une prestation peu flamboyante, réhaussée par son tir au but décisif.

 

 

 

Les gars blancs

Le gardien Rui Patricio a eu sur sa gauche le réflexe qu’il fallait face à Iniesta (104e), et a géré le reste du temps. Il a régulièrement choisi le bon côté lors de la séance de tirs au but, arrêtant même celui de Xabi Alonso.

 

Pepe a toujours été le premier sur le ballon dans ses anticipations (en particulier devant Negredo) et a assuré une forte présence défensive – jusqu’à réveiller son agressivité par moments. Moins en vue, mais malgré tout plutôt efficace, Bruno Alves a également récolté d’un carton jaune. Coentrão a livré une énorme prestation, impeccable dans les un contre un, se plaçant bien pour couper certaines passes espagnoles et sentant bien les décalages sur son aile pour la prendre, tout comme João Pereira.

 

Le trident du milieu Veloso-Raul Meireles-Moutinho a fourni une grosse activité de pressing et a été le premier responsable de la déficience du jeu espagnol en seconde période.

 

Devant, Cristiano Ronaldo a souvent tenté sa chance et a été dangereux (13e, 90e) quand il fut lancé dans la profondeur, mais maladroit sur coup franc (73e, 84e). Le nouveau titulaire de cette équipe du Portugal, Hugo Almeida, a apporté des solutions aériennes, même s’il n’a pas gagné tous ses duels dans ce domaine, et a pu tirer au but sans toutefois parvenir à cadrer (59e, 68e). La conduite de balle et la qualité de centre en position arrêtée (49e) de Nani lui ont permis d’être dangereux, compensant sans les faire oublier son irrégularité (contrôle raté à la 5e), ses difficultés dans l’impact face à Ramos (69e) et à Jordi Alba (89e) et quelques mauvais choix.

 

 

 


Le match de Jean-Michel Larqué

Le syndrome Valérie Bègue
“Les Espagnols jouent le jeu qui ont fait d’eux les champions d’Europe et d’Europe.”

 

Le saut de l’Empereur
“Il va falloir qu’ils sautent comme des pingouins bientôt les joueurs.”

 

De la relativité de la notion de courage
“Il s’est pas dégonflé Pepe”. C'est sûr qu'avec le coude bien en avant dans la clavicule de Pedro et le genou dans le ventre, cela aurait été dommage.

 

 

 


Vu du forum


=>> Mevatlav Ekraspeck - 21h44
Pour les relances, Piqué, il s'embarrasse pas : il balance et il se dit que quoi qu'il arrive, Shakira...


=>> Michel Rocky - 22h26
Ça y est, les Espagnols jouent sans attaquant, c'est-à-dire comme les Portugais mais avec un joueur en plus.


=>> LMD - 22h41
Et puis c'est super cette règle de remettre les cartons à zéro avant la demie: comme ça tout le monde peut s'en donner à coeur joie...


=>> Mevatlav Ekraspeck - 22h45
Un Allemagne Espagne est souhaitable en finale, rien que pour les photographes puissent avoir un éventuel duel Pedro-Lahm sur la pellicule.

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