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La Gazette > 11e journée

L'histoire vraie d'un transfert à l'OM

Bouteille - Le recrutement façon OM peut enclencher une mécanique infernale... Plongez dans la réalité très virtuelle d'une recrue marseillaise. Extrait du n°22 des Cahiers du foot, janvier 2006.
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Alors que vous coulez des jours paisibles sur un quelconque banc de L1, tout à votre joie de partager votre temps entre les tennis-ballon du dimanche matin et les restaurants gastronomiques de la région, vous vous levez un mardi matin et apprenez à votre grande surprise que vous figurez dans le «spécial transferts» de France Football. Curieux, vous vérifiez quels clubs s’intéressent à vous. Paniqué, vous identifiez l’OM. Terrorisé, vous constatez qu’Osasuna, Wolfsburg et Wolverhampton sont également sur les rangs. Vous n’avez plus qu’une seule option: vous devez à tout prix rejoindre la Canebière.


Le premier rendez-vous avec José Anigo.
C’est à ce moment là que vous vous rendez compte qu’en réalité, c’est sur la recommandation spontanée d’une standardiste du club que vous avez été présélectionné. Totalement ignorant de votre position sur le terrain, le directeur sportif vous précise qu’il est le dernier décisionnaire en matière de transferts et s’adresse à vous avec une faconde toute provençale alors que vous êtes Slovaque et que vous avez commencé à apprendre le Français trois mois plus tôt. C’est alors qu’Henri Biancheri fait irruption, fou de rage, en affirmant qu’aucun transfert ne peut se faire sans son aval. Totalement opposé à votre venue, il s’empresse de montrer à José Anigo une cassette de vos meilleurs matches – sur laquelle vous constatez qu’il s’agit en fait d’un de vos homonymes qui joue gardien de but dans le championnat belge. Vous êtes instamment prié de repartir sans avoir eu l’occasion de défendre votre cas.


La négociation
La presse ayant eu vent de votre passage, L’Équipe annonce votre prochaine signature. Vous recevez alors un appel de Josip Skoblar qui vous confirme en yougoslave qu’il est le seul à pouvoir décider de vous recruter, vous demande pourquoi l’OM vous veut, et à quel poste vous désirez jouer. En double appel, Thierry de la Brosse vous annonce que vos prétentions salariales (que nous n’avez pourtant pas encore données) sont en dehors de la grille et que votre venue ne pourrait se concrétiser qu’à condition de vous prêter à un autre club pendant au moins six mois. Afin d’en avoir le cœur net, vous décidez d’appeler directement la Commanderie et demandez à parler au président. Incrédule, la secrétaire vous demande lequel. Vous finissez par obtenir le numéro de portable de Jean-Pierre Foucault à qui vous annoncez vos véritables prétentions salariales, et concluez la conversation par un net et définitif «Oui, c’est mon dernier mot Jean-Pierre». Vous doutez de gagner les millions que vous avez demandés.


La ruse
Sans nouvelles du club à une semaine de la fin du mercato, vous profitez d’une journée portes ouvertes au siège du club pour vous faufiler avec discrétion dans le bureau de Pape Diouf où vous espionnez une scène incroyable : Jean-Pierre Bernès en train de convaincre le président du directoire de racheter Benoît Pedretti pour 11 millions d’euros. Déjà soucieux de la réussite de votre future équipe, vous courrez mander Louis Acariès, le prévenez de la catastrophe en train de se tramer, et le suivez vers le bureau du président où il chasse l’agent à coup de canne en hurlant «Je t’avais pourtant dit de ne plus jamais mettre les pieds ici! La prochaine fois, je lâche les ch... Je lâche Brahiiiim!» Vous avez enfin l’occasion de plaider votre cause devant les décisionnaires, et insistez sur la qualité de vos crochets dans la surface de réparation, rappelant que vous en aviez mis un à l’un de vos partenaires à peine trois mois plus tôt après qu’il eut négligemment oublié de vous faire une passe en retrait.


bout_ombarros.jpgLa signature
Devant la presse locale venue assister à la signature et la remise de votre maillot, floqué du numéro 37 (les 36 premiers étant déjà pris par d’autres joueurs également en contrat avec le club), vous savourez le fait d’avoir réussi à convaincre l’ensemble de la direction, quand Jean Fernandez débarque en demandant «Qui c’est celui-là?» Jean-Philippe Durand lui annonce qu’il s’agit de sa dernière recrue, un milieu de terrain défensif de tout premier choix. Vous êtes en train d’apposer le dernier paraphe à votre contrat quand l’entraîneur marseillais se jette sur vous, vous saisissant à la gorge en glapissant «On a déjà neuf milieux de terrain défensifs! Ne le laissez pas signer!» Il faut le concours de l’ensemble du staff dirigeant du club (dix-neuf personnes) pour empêcher l’entraîneur phocéen de créer des lésions irréversibles à votre cerveau par manque d’oxygénation.


Le happy end
En définitive, vous décidez d’un commun accord de signer le transfert en même temps que votre prêt à Wolfsburg, et votre femme, qui avait déjà inscrit les enfants à l’école à Marseille, vous quitte. Vous apprenez deux semaines plus tard que l’OM a recruté un gardien slovaque qui jouait dans le championnat belge.
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