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Kireg

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Reds Anatomy

L’écho du silence

Yoann Gourcuff n'aime pas s'exprimer. Surtout quand il s'agit de parler de lui-même. Peut-être faut-il aller chercher dans la Bretagne et la métaphore des mots pour décrire le caractère du natif du Ploemeur...

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"Je n’ai jamais envie de parler de moi. Je ne maîtrise pas. Ça prend beaucoup d’énergie." (Yoann Gourcuff)

 

"J’adore vraiment la Bretagne. […] J’aurais du mal à quitter cette région. J’aime me promener sur la côte, dans le Finistère." (Yoann Gourcuff)

 

"Je pense qu’il aurait dû réagir ; dire ‘trop, c’est trop’." (Laurent Blanc à propos des attaques répétées à l’encontre de Yoann Gourcuff)

 

Pourquoi faut-il que ce soit autrement? La coque glisse entre les écueils. Accoudé au bastingage, il observe le treuil dérouler son écheveau de mailles. La clameur n’est pas loin; mais d’ici, elle n’est qu’un murmure indistinct, un compagnon dont on s’accommode et qu’on finit par oublier. Quand il est à l’œuvre, ses sens se réorientent, ses gestes se font plus affutés. De l’aveu-même de ses collègues: ils peuvent être fulgurants.

 

Hélas, déjà les points indistincts prennent des formes grossières à mesure qu’il s’approche de la terre, et c’est comme un lent sas de décompression qui lui permet de retrouver le tempo du monde réel. Quelqu’un finit par jeter les cordes, marquant la fin de la dérive.

 

 

 

 

Au port, le pont avant du chalutier scintille sous la masse frétillante des prises du jour. Les visages sont marqués, les traits tirés – pour autant que l’on puisse le deviner derrière les barbes grises. Pourtant, des bras musculeux s’agitent sur les embarcations et tout autour du quai.C’est la partie finale de la chorégraphie, juste avant un repos qui, il le sait, sera trop court. Le déchargement? Il y participe, contraint, mais ce n’est plus son métier. Quelques engins – qui furent jaunes dans un passé lointain et luttent désormais pour ne pas s’écrouler sous la rouille – se faufilent rapidement entre les bittes d’amarrages, chassant les travailleurs imprudents et les distraits de leurs avertisseurs sonores.

 

Des barrières sont érigées pour contenir les vagues piaillantes de badauds en bermudas. Les marins ne les voient plus ces semblables qui les scrutent pendant deux mois, quand le jour s’éternise. Au cœur de l’action, les mots sont rares. Ils sont précieux. Les équipages se connaissent jusqu’à la trame. Le moment n’est pas à bavasser; il faut faire vite et bien.

 

Il est ici, au milieu des siens, indifférent à cette sincérité renfrognée, à la violence de leur condition. Son horizon, c’est cette courbe qu’il attaque chaque matin. L’endroit est dur. Il ne supporte ni les palabres ni la comédie.

 

Néanmoins, il continue, inamovible. Pourrait-il faire autre chose? Cette question, il se la pose trop souvent. Il s’est bâti dans la puanteur de la mer, là où le sel et le fer se mêlent aux odeurs de diésel pour imprégner les tuniques bleues et les salopettes. Caché sous sa casquette élimée, des accrocs d’hameçons et des brûlures de filets partout sur les bottes, il saisit les caisses de maquereaux à pleines mains, les doigts rougis par la glace qui déborde. Un touriste l’aborde, la voix haut-perchée; on a l’impression qu’il s’adresse à un idiot:

 

– La pêche a été bonne? ose-t-il, avec une nuance d’autosatisfaction. Le silence qu’on lui jette en retour est la plus criante des réponses. Mais, étranger à ce langage, le curieux insiste:

 

– Ça a mordu?

 

Las, l’homme à la casquette daigne planter ses iris délavés sur cet importun aux lunettes de soleil trop grandes avec son téléphone portable tendu au bout du bras. Une onde de désespoir le gagne quand il expire cet unique mot:

 

– Non!

 

Il faut couper court. Abréger. Tout faire pour ne pas se lancer dans du verbiage, dans l’alignement de phrases vides de sens. Le vent lui-même vient gifler le fouineur, comme pour marquer son accord tacite; son souffle froid emporte des commentaires que personne ne souhaite entendre. Au-dessus de la nasse humaine, les mouettes sont folles. Leurs ailes blanches tournoient au rythme de cris frénétiques. Elles aussi devraient pourtant savoir, à la longue, qu’elles n’auront rien.

 

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