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Cinq pour une place

Kiev, un soir de printemps (2018, UEFA Productions)

La finale de la Ligue des champions appelle plus qu'un compte-rendu: une critique de cinéma sur cette "épopée perverse dans les steppes ukrainiennes".  

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J'ai toujours aimé ces soirées quand le rouge apparaît brutalement sur le rectangle vert. Le choix de l'associer au blanc immaculé donne une photographie assez saisissante, digne du Godard de La Chinoise, ou des Almodovar les plus éclatants visuellement. Ces costumes relativement simples mettent bien en valeur la vivacité des acteurs, même si la chorégraphie menée tambour battant en début de métrage s'estompe ensuite, pour ne retrouver sa vitalité qu'épisodiquement.

 

En revanche, je n'ai jamais été un grand amateur des films racontés par une voix off, et celle du soir n'a pas fait exception, sa carrière étant franchement en déclin depuis sa fatale performance dans l'inconcevable C'est pas Gijon, c'est pas Valladolid (2017, UEFA Productions).

 

 

 

 

La direction d'acteurs donne assez dans le cliché pour appâter le grand public. Un méchant vraiment odieux. Un héros intrépide violemment ramené à la réalité quand il se fait arracher un bras. Un sujet de la reine qui déboule en traître au milieu du film pour punir ses plus-ou-moins-concitoyens (le moment où il se retourne, suspendu dans les airs, est la scène la plus réussie). Ou encore une guest star surpayée qui cabotine en vain tout du long (même sa coupe de cheveux et son maquillage sont ratés, quoique l'on puisse saluer l'effort de s'être constitué de tels abdominaux pour le rôle).

 

En bref, quelque chose d'assez classique dans le genre blockbuster européen, quoique la surprise vienne du fait que les méchants gagnent à la fin. Ceci dit, une certaine ambiguïté est entretenue quant au fait qu'ils soient si méchants que ça puisque leur leader, un chauve à la fois taiseux et charismatique, a tout de l'idole populaire assagie, après avoir géré sa carrière sur des coups de tête.

 

Malgré ces éléments qui démontrent, à notre sens, qu'on a là un spectacle justifiant le ticket d'entrée en salle obscure, on regrettera que le scénario constitue à ce point une faiblesse pour l'œuvre. On sait que les réalisateurs de ce genre d'épopées aiment à verser dans l'extravagant ou le suspense haletant, mais là, ils ont semble-t-il donné les clés de la narration à un pervers manifestement plus habitué à rendre des galas de catch les moins crédibles possible.

 

Songez donc que le clan des Rouges voit, nous l'avons souligné, son héros rendre gorge après moins d'un quart du récit (problème de budget ?). On pourrait supposer qu'il s'agit d'une bonne excuse pour développer un film choral dans lequel des sans-grades se révoltent contre cette injustice ou l'ordre établi. Mais le scénariste en vient à s'acharner purement et simplement sur le groupe en choisissant comme très évident bouc-émissaire un jeune éphèbe blond, rendu soudain responsable de tous les maux de son camp, si ce n'est de l'humanité.

 

On a rarement (jamais?) rencontré si pervers attachement à faire souffrir un acteur, tant et si bien que le spectateur sort de la séance mal à l'aise, plus soucieux pour la santé mentale de cet homme ouvertement humilié que pour le dénouement véritable du métrage. Certes, un Pierre Richard a fait carrière sur ce genre de personnage victimisé, mais on nous le rendait toujours sympathique et attendrissant, et ses films ne se terminaient pas sur des plans où il était couché, seul et en train de pleurer.

 

Note : 3,5/5
En résumé : un blockbuster regardable quoique limité sur la durée en matière d'effets spéciaux. À réserver aux amateurs de torture psychologique.

 

Texte initialement publié sur le fil Ligue des champions du forum.
 

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