auteur
Albert Lombre

Du même auteur

> article suivant

Double jeu à la française

> article précédent

Le coup de la panne

Jacques a dit

Scène de sélection au siège de la Fédé: Micoud 1, Anelka 0. C'est Santini qui explique et Albert qui raconte. Sur le vif.
Partager
Ils sont venus, ils sont tous là. Il faut dire que les places étaient chères. La foule des grands jours s’était en effet donné rendez-vous jeudi après-midi dans la petite salle de presse de la Fédération française de football. Du rarement vu depuis le départ du soldat Lemerre. Le menu était alléchant. L’annonce des élus pour le match amical du 31 mars aux Pays-Bas… Avec, en guise de plat de résistance, l’inépuisable affaire Anelka et la question piège "Z’avez reçu ses excuses, monsieur Jacques?" Ayant prévu le Micoud (voir le numéro 4), nous ne pouvions rater cela. Grimé comme il se doit (une combinaison du RAID des plus classiques, mais dans les tons jaune Le Mans), votre serviteur a donc scruté la scène en fond de salle avec les cancres. Du travail de Praud Le grand Jacques arrive, les photographes sont stoppés net (le sélectionneur n’aime pas être pris en photo pendant son allocution, c’est de l’info ça). La meute s’observe, chacun guettant celui qui osera le premier la question sur l’Anelka. C’est Pascal Praud qui s’y colle. Mais de travers… "Pascal, si vous faisiez correctement votre boulot… Certains l’ont écrit [Duluc dans L'Équipe du jour, enfin Pascal!] vous sauriez qu’il a reçu la pré-convocation, c’est qu’il est donc redevenu sélectionnable". Au temps pour lui. Reste la lettre d’excuses avec accusé de réception. "J’étais à l’étranger , précise d’abord Monsieur Santini [pas de bol], mais j’ai vite compris lorsque j’ai vu que ma messagerie de portable était bloquée", a-t-il ajouté. Et puis il répond assez laconiquement: "Je le redis, l'équipe de France ne nous appartient pas. Et le critère de choix reste la concurrence, qui est l’élément moteur de la sélection". Bonne réponse, non? Par contre, incontestablement, le débat le fatigue et les prises de position en interne des potes le déçoivent. Le Mancunien est sélectionnable, mais pour l’instant pas jugé dans une forme suffisante pour rejoindre ses copains. Finalement, le sélectionneur réaffirme à raison ses prérogatives et évite de passer pour un dur du Doubs en le déclarant "sélectionnable". Que de temps perdu et de copies pour rien. Micoud en douce Anelka écarté, il est largement question de Micoud, le ressuscité. Micoud and the gang: "Johan, comme on l’a toujours dit, était suivi, et au vu de ses performances avec son équipe du Werder Brême, leader de son championnat, il était important, dans l’intérêt de l’équipe de France, de le voir à l’œuvre". L’ombre de Zizou (à Cannes, Bordeaux et chez les Bleus) retrouve la lumière sur un match en l’absence de Sylvain Wiltord. Après, indirectement, on reparle d’Anelka : "Micoud en son temps avait parlé d’hypocrisie autour de l’équipe de France", interroge un journaliste (je n’ai pas bien vu de qui il s’agissait, mes verres fumés étant embués). Réponse de l’ancien Vert: "Son discours me paraissait différent". Le boss tient ensuite à répéter quelle est la stratégie qui "le guide" depuis sa prise de fonction. Histoire peut-être de ne pas être accusé de népotisme: "A chaque match, derrière les leaders naturels, j’ai toujours tenu à renouveler le groupe". La question "pourquoi Steve Marlet?" a suivi: "Il est déjà meilleur qu’il y a un mois et je veux voir où il en est". Et comme à chaque fois, Santini délivre ensuite un certain nombre d’accessits en divulguant les noms de postulants possibles. Il a ainsi noté "le retour en forme de Vincent Candela", a "observé à l’occasion de Sochaux-Inter Milan la prestation de Sabri Lamouchi", et ne néglige pas la capitale: "si le PSG est en passe de recoller aux places européennes, il le doit aussi à Fred Dehu". Il est même question de Laurent Robert. "On suit, on suit". Xavier Gravelaine? Pas un mot, écœurant. Bon enfin, à deux mois et des brouettes de l’Euro, Jacques Santini s’offre une dernière tournée d’effectif avant de passer aux choses sérieuses. En gros, il devrait communiquer sa liste des 23 au moment du France-Brésil du 20 mai. Toutefois, comme Aimé Jacquet en son temps, il n’exclut pas de retarder sa communication en raison du calendrier (finale de la Ligue des champions ou de La Cup par exemple) au cas où Pires se blesserait. En Santini, ça donne : "Tout dépend de ce qu’on appelle 23". Mais n’en doutons pas, l’homme est sage et organisé. Il avoue d’ailleurs "avoir deux-trois idées déjà derrière la tête". Comment en douter. La séance était levée. Pascal Praud déjà sorti.
Partager

> sur le même thème

Le coup de la panne

> du même auteur

Luis 1, Perpère 0 ?

> Dossier

Les Bleus

Les Bleus


MinusGermain
2020-09-10

Zones blanches pour les Bleus

Infographies – Huit départements n'ont jamais fourni d'internationaux à l'équipe de France. Explorons ces déserts footballistiques et recensons leurs représentants chez les pros. 


Jérôme Latta
2020-07-29

Revoir Guadalajara

Une Balle dans le pied – Qu’est-ce qui fait le mythe d’un match comme France-Brésil 1986, faut-il sortir de la légende du football une rencontre qui y est entrée, que peut-il en rester ?

 


Mevatlav Ekraspeck
2020-06-11

1986-1990 : les années noires des Bleus

[Épisode 1/3] Quand l'ère Platini s'achève, l'équipe de France plonge dans un tunnel de quatre années ratées. De nombreux joueurs y laisseront leur peau d'internationaux. 


>> tous les épisodes du thème "Les Bleus"

Les brèves

Je crois que bon bon

"Laurent Blanc à Lyon, ça ne colle pas pour deux raisons" (foot01.com)

Aucun

"Euro U17 : qui sont les joueurs majeurs de l'équipe de France ?"

Autobiographie

"Ribéry : Des débuts fracassants." (lequipe.fr)

Ô Pep !

"Un pays africain rêve de Bruno Genesio !" (dailymercato.com)

Ruuuuuuuuuuuuuuuuuuud van Nistelrooy

"PSV Eindhoven : Ruud van Nistelrooy prolonge sur le banc des U19." (lequipe.fr)