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Ronald Déboire

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Goliath de Munich

Inter, Barca : matchbox croisées

Lazio-Inter et Barcelone-Valence – Les impressionnants leaders de la Serie A et de la Liga ont plané sur l'Europe ce week-end.
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Samedi, l'Inter achevait à Rome, face à la Lazio, une série de matches qui l'a vu écarter méthodiquement l'Udinese, Palerme, la Juve et Naples. Le Barca, lui, recevait Valence après sa démonstration sur la pelouse du FC Séville, et avant d'affronter le Real et Villareal. Les deux équipes vivent un début de saison similaire dans leurs championnats respectifs. Dix victoires, trois nuls et une défaite (lors du derby milanais, 5e journée) pour les Nerazurri, soit six points d’avance sur la Juve et le colocataire de Giuseppe Meazza. Dix victoires, deux nuls et une défaite inaugurale pour les Catalans, soit quatre et cinq points d’avance sur les clubs valencians. Meilleure attaque et défense de part et d'autre.


Mourinho vs Guardiola

Des débuts idéaux pour les deux formations qui ont changé d'entraîneur cet été. À Milan, Mourinho a succédé à Mancini pour donner du caractère à l’équipe et briller enfin au niveau européen, après trois titres nationaux sans saveur et des campagnes continentales décevantes. À Barcelone, Guardiola a remplacé Rijkaard pour ramener de l'ordre dans le vestiaire et le collectif après deux saisons qui ont vu le rival madrilène sacré.

Les deux coaches ont vite posé leur empreinte sur leurs groupes, plus encore dans la gestion des hommes que dans le jeu. Mourinho a ainsi écarté successivement Adriano, malgré son bon début de saison, les recrues Quaresma et Mancini, décevantes, et enfin Balotelli, dont le Special One fustige le manque de travail à l'entraînement.
Pep Guardiola a intégré les jeunes Busquets et Pedrito d’entrée pour montrer que la concurrence serait de mise et que les stars ne bénéficieraient d'aucun passe-droit. Il se dit même que les deux hommes partageraient la manie d'appeler les joueurs à leur domicile tard le soir pour s'assurer qu’ils ne cèdent pas aux tentations nocturnes. Ce qui pourrait passer pour des excès d'autorité semble pour l'instant bien accepté de chaque côté. Quand les résultats sont là, les procédés sont inattaquables.



Lazio de Rome – Inter Milan : 0-3matchb_inter_barca1.jpg
Buts : Samuel (2e), Diakité (csc, 45e+2), Ibrahimovic (54e)



Les gestes


• Le mouvement acrobatico-technique en haute altitude d'Ibrahimagic, plus précis que nos plats du pied, pour décaler Stankovic.
• Le contrôle de Foggia dans la surface, suivi d’un petit numéro qui met Maxwell sur les fesses.
• Le slalom à base de crochets courts de Zarate dans la défense interiste, qui interpelle sur les faibles résultats des Argentins en ski alpin.


Les anti-gestes

• L’apathie des Laziales qui regardent Ibrahimovic accaparer deux joueurs au premier poteau et laissent Samuel lancé à grande vitesse marquer de la tête.
• L’œuvre globale de Muntari qui remplacera bientôt Van Bommel dans vos cœurs.




La nalyse

Après un bon de saison, la Lazio marque le pas, avec trois matches sans victoire. Elle est carrément à l'arrêt sur un corner joué en deux temps et conclu par Samuel dés l’entame. Les Romains tentent de réagir sous la houlette de Foggia, mais les Interistes maîtrisent, deux frappes lointaines de Kolarov faisant office de demi-occasions. Le seul mouvement construit arrive à la demi-heure de jeu avec un double contact de Pandev côté gauche et un centre que Zarate, gêné, ne peut reprendre.
Stankovic met Carrizo à l’épreuve sur une belle frappe à mi-distance et la Lazio, pas mise en danger outre mesure, cède à nouveau dans les arrêts de jeu. Après un coup franc vite joué par Ibrahimovic, Maicon centre à ras de terre et le jeune français Diakité dégage dans ses propres buts.


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Et dire que les Italiens ne savent même pas que ça s'appelle une Coridon.


Ibrahimovic chambre
Après la reprise, les Laziale peinent toujours à mettre un rythme propre à déstabiliser un milieu interiste très regroupé, et sur un coup franc de Cambiasso, l’idole suédoise s'élève plus haut que tout le monde pour marquer de la tête. Mauri pense réduire le score sur un coup franc mal négocié par Julio César, mais l'arbitre avait sifflé pour faire reculer le mur. Quand ça veut pas...
Manquant de solutions sur les côtés et peinant à combiner devant, les joueurs de la capitale s'en remettent à des rushes de Zarate, mais la perle argentine se heurte à une équipe trop solide tactiquement. Les Milanais gâchent quelques contres, Ibrahimovic chambre avec un grand pont et quelques arabesques, et le match se termine sur ce score sévère, Carrizo n'ayant pas eu plus de travail que Julio Cruz.

C'est la patte apporté par leur nouvel entraineur : si les Nerazzurri n'ont pas la faculté qu'avaient les Blues mourinhesques à pilonner mécaniquement les défenses adverses, ils laissent leurs opposants sans solution, à l'image d'un milieu de terrain extrêmement bien en place – au sein duquel a été replacé Zanetti, dont on oublierai presque les années de latéral, aux côtés de l'hyper régulier Cambiasso, Muntari, compatriote copie conforme d'Essien, et Stankovic, plus travailleur que jamais. On souhaite bien du courage aux équipes qui croiseront la route de l'Inter dans les prochains mois, en n'oubliant pas que cette équipe sera jugée à l'aune de ses résultats en Ligue des champions, pas glorieux mais suffisants lors du tour de poules. La jeune formation de la Lazio, elle, va revoir ses ambitions à la baisse.



Les observations en vrac

• Les Noir et Azur dominent les Ciel et Blanc : le côté obscur de la force est vraiment supérieur
Trois Italiens au coup d'envoi (tous côté romain) pour un match entre deux des équipes considérées comme les plus "à droite" du Calcio. La préférence nationale ne fait pas le poids face au football.
• En revanche, sept Argentins plus le fantôme de Crespo et pas une trace de Toque: il faut bien s'intégrer.
•  Dans la capitale mondiale de la mode, le Brésilien Maxwell court invariablement en serrant le bout de ses manches entre ses doigts, comme un enfant de sept ans dans un maillot XL.




Barcelone – Valence: 4-0
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Buts : Henry (19e, 24e, 79e), Alves (47e)


Les gestes

• Ceux de l’action qui amène le deuxième but: Marquez relance sur Xavi, double échange avec Daniel Alves qui trouve Hleb côté gauche pour servir Henry – qui rentre dans l'axe et double le score d'un plat du pied. Six passes, neuf touches de balles et douze secondes pour remonter cent mètres. Même si les Valencians manquent d'agressivité, la séquence est remarquable et démontre que la dernière passe n'est pas plus décisive que les précédentes.
• Le coup de rein décisif du papa de Xavi Hernandez il y a vingt-neuf ans.


Les anti-gestes

• Ceux d’énervement de Del Horno, peu aidé sur son côté et écœuré par Alves, Messi et Bojan.



La nalyse

Comme l'Inter, le Barca démarre fort et Xavi trouve le poteau après deux minutes. Le match est équilibré pendant un quart d'heure, les Blaugrana ne parvenant pas à déstabiliser le bloc valencian, bien ancré sur son milieu à trois. Après une frappe sans danger de Villa, Touré profite de l'absence de pressing pour remonter la balle au milieu de terrain et alerter Henry entre deux défenseurs, qui devance la sortie de Renan et le lobe, 1-0.
Villa réplique d'une tête non cadrée, et si une superbe action collective barcelonaise voit Xavi frapper au-dessus, une seconde fait mouche dans la foulée. Les locaux récupèrent le ballon très haut et s'appliquent pour le ressortir quand ce n'est pas le cas. Effacé dans une position axiale, Messi revient un instant briller sur le flanc droit. Le trio Touré-Xavi-Gudjohnsen règne sur l’entrejeu, les vieilles gloires Albelda et Baraja, de retour en grâce cette saison, sont dépassées, seul Fernandes étant au niveau.

La leçon du Barça
Au retour des vestiaires, Albelda à la lutte avec Touré met involontairement le ballon en retrait sur Hleb. Les visiteurs croient au hors-jeu et s'arrêtent de jouer à tort, Xavi lance Alves droit, 3-0. Villa multiplie les appels, mais est régulièrement signalé hors-jeu. Après plusieurs bons matches, Joaquin redevient invisible. Tout aussi discrète, la révélation Mata oublie souvent de défendre sur un Dani Alves revenu au top. Henry, positionné à gauche malgré l'absence d'Eto'o, finit encore dans l’axe un excellent travail du Brésilien et de Bojan.
Le score en restera là. Les Valencians ont certes fait preuve de naïveté derrière, manqué de mordant au milieu et d'inspiration devant, mais était-il possible de faire mieux? Après le 3-0 à Séville, le Barca donne à nouveau la leçon à un prétendant au titre, et pourrait en quatre journées prendre un avantage important si ce n'est décisif – comme l'a fait l'Inter en Italie au cours du dernier mois. Valence devra se relancer samedi prochain face à l’autre club barcelonais.

Mourinho et Guardiola ont su redonner une impulsion à leurs équipes et les rendre irrésistibles. Les deux hommes, souvent titrés, l’un comme entraîneur, l'autre comme joueur, savent cependant que si les trophées peuvent se perdre en hiver, ils se gagnent souvent au printemps.


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"Arrêtez, puisque je vous dis que je suis Henry, et pas Eto’o avec un masque!"

Les observations en vrac


Eto'o, Milito et Iniesta, côte à côte dans les tribunes du Camp Nou, n'ont pas affiché une joie excessive devant les performances respectives d'Henry, Marquez et Hleb.
Henry marque sur une passe de Hleb, ça a du faire plaisir à Wenger. D'ici à ce que Fabregas fasse l'avant-dernière la saison prochaine...
Morientes et Helguera oubliés sur le banc de Valence. Pendant ce temps, Cannavaro, Diarra et Van Nistelrooy sont blessés à Madrid.
Larsson, Gudjohnsen, Henry, Hleb : si on nous avait dit, il y a dix ans, que des joueurs venus de championnats britanniques se fondraient dans le moule technique du Barca...


Le match (infernal) de Thierry Henry

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