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Richard Coudrais

 

Pionnier du foot sur le Web avec Kick'n'Rush, historien pour les Cahiers et Footichiste pour son compte.


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Trente-cinq

Henry-Gallas 2009, la main du diable

Un jour, un but – Il y a dix ans, l’équipe de France inscrivait le but le plus controversé de son histoire et se qualifiait manuellement pour la Coupe du monde 2010. 

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On aurait tellement aimé que Thierry Henry aille voir l’arbitre Martin Hansson lui expliquer qu'il a contrôlé le ballon de la main, et qu'il faut annuler ce but de William Gallas. La France était malmenée, mais pas encore battue. Les Irlandais avaient juste comblé leur retard du match aller, l'égalité était parfaite.

 

Il n'est donc pas dit que si la faute avait été sifflée, si le but n’avait pas été accordé, l'équipe de France aurait été éliminée. Il restait encore une moitié de prolongation à jouer, qui sait si les Irlandais auraient trouvé suffisamment de ressources pour marquer un deuxième but ou s'imposer aux tirs au but?

 

Et puis, avec le recul, l'élimination aurait-elle été si grave? Ne nous aurait-elle pas épargné le lamentable épisode de Knysna, précipité un changement de sélectionneur attendu et accessoirement prolongé la carrière internationale de Jérémy Toulalan?

 

 

 

 

La victoire à vil prix

La France sportive n'aime que modérément les petits arrangements avec le règlement. Le Français garde une haute opinion de ce que représentent ses footballeurs et il préfère encore le parfum amer de la défaite glorieuse plutôt que l’odeur suspecte de la victoire à tout prix.

 

Sans doute Thierry Henry lui-même se dit-il aujourd’hui combien il aurait été beau d’avoir pensé à ce geste de fair-play ce 18 novembre 2009. Un petit mot à l'arbitre, lequel aurait assumé la bronca de la foule avant que le héros n'explique aux médias ce qui s'est passé.

 

Thierry Henry aurait reçu un prix du fair-play qui l'aurait placé au-dessus du commun des footballeurs. Il aurait laissé un souvenir prégnant dans la légende du football, avec un geste de seigneur. Plus fort qu’un palmarès et une collection de buts. Plus fort qu’un Ballon d’Or.

 

Bref, on aurait aimé que l'histoire soit un peu belle. Mais ce geste était peut-être impensable pour un enjeu si lourd. et l’équipe de France s’est qualifiée pour la Coupe du monde 2010 à la faveur d’un but qui n’aurait jamais dû être validé.

 

 

La main bleue

Les hommes de Raymond Domenech n’avaient obtenu que la deuxième place du groupe 7, derrière la Serbie, ce qui les avait contraints à disputer ce barrage contre l’Irlande. Au match aller à Dublin, les Français ont assuré l’essentiel (victoire 1-0, but d’Anelka).

 

Mais au retour au Stade de France, les Bleus réalisent un de leurs pires matches, au point de se retrouver menés 1-0 par des Irlandais entreprenants, et contraints de disputer les prolongations.

 

À la 115e minute, un long coup franc de Florent Malouda atterrit près du but irlandais, légèrement sur la gauche, au niveau de Thierry Henry. Le ballon lui arrive à hauteur du nombril. Il semble même s’échapper quand un réflexe commande au capitaine français de mettre son bras gauche en barrage.

 

Le ballon reste sur place et Henry le pousse à nouveau du bras, de façon consciente cette fois-ci, pour le mettre à ses pieds. L’arbitre n’a rien vu, Thierry Henry centre immédiatement pour William Gallas qui, en position d’avant-centre, envoie de la tête le ballon dans les filets.

 

 

 

 

Veille de désastre

Nous sommes déjà à l’heure des réseaux sociaux et le but d’Henry – pardon: de Gallas – a fait le tour de la planète avant même que le match ne soit terminé.

 

Chacun y va de son avis, y compris des personnalités françaises à qui l’on a rien demandé, mais qui tiennent pourtant à exprimer leur sens de la justice, persuadés que le foot, qu’ils méprisent par ailleurs, a un devoir de probité. Et si on faisait rejouer le match? Et si on laissait notre place aux Irlandais? Et si on inventait l’assistance vidéo pour les arbitres? 

 

C’est peut-être la première fois dans l’histoire qu’une équipe représentant le football français se qualifie au bénéfice d’une erreur d’arbitrage, de vilaine manière. Une situation inédite difficile à assumer. Autant la Mano de Dios de 1986 a renforcé l’image de Maradona en Argentine, autant celle de Thierry Henry s’est écornée avec cet épisode. 

 

L’équipe de France, sortant d’un Euro catastrophique, ne bénéficiait pas d’une cote de popularité très élevée. On ignorait encore qu’elle allait vivre la pire phase finale de son histoire, comme pour expier sa faute.

  

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