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Antoine Faye

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Banderole décomposition

Gaceta de la Liga - Jornada 31

Le Real arrache un point avec une chance de champion tandis que le Barça rame en pleine scoumoune et pense à solder Ronaldinho. L’Atlético est de la partie avec Agüero, tandis que la Fédération pète un fusible et le calendrier...
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clasificacion_31.jpgLes résultats

Atlético-Almería : 6-3
Seville-Villarreal : 2-0
Athletic-Espanyol : 1-0
Murcie-Valence : 1-0
Majorque-Real Madrid : 1-1
Barça-Getafe : 0-0
Osasuna-Recreativo : 0-1
Racing-Deportivo : 1-3
Levante-Valladolid : 0-3
Saragosse-Betis : 0-3



Nouvelle semaine et nouveau soulagement pour le Real. Tenus en échec à Majorque, les Merengues ont vu Villarreal puis le Barça manquer une nouvelle occasion de revenir dans la course à la Liga. Souffrances madrilènes à Majorque, défaite de Villarreal à Séville, et domination stérile du Barça contre Getafe. Les Madrilènes conservent sept points d’avance sur le duo des poursuivants et peuvent soupirer: même en faisant tout pour ne pas gagner la Liga, ils sont tout de même en passe de la conserver.



gaceta32_2.jpgRouges et de l’île

“Petit point ou grand point?” s’interroge Tomás Roncero dans Marca. Car la prestation du Real Madrid à Majorque a consterné tous les observateurs, jusqu’aux supporters les plus viscéraux (1-1). Le match de samedi soir, disputé à San Moix un subtil mélange de médiocrité et de réussite, les Madrilènes n’ayant existé qu’avec Sneijder, qui a conduit la machine malgré sa forme encore un peu courte.
Le Real est tétanisé. En témoignent les nombreux accrochages entre les joueurs, qui affichent une nervosité inhabituelle. Sur le terrain, la prise de risque se limite à des duels en un contre un, dans lesquels excelle Robben. Gutí, lui, offre un récital de jeu à une touche de balle... systématiquement vers l’arrière.

Le jeu de main de Cannavaro
Après vingt minutes de domination stérile, le Real a donné à Majorque les rênes du match. Daúden Ibañez, l’arbitre, refuse même l’ouverture du score des insulaires après trente-deux minutes de jeu, pour une possible faute d’Arango sur Sergio Ramos. C’est à l’agonie que le Real se réveille: Robben dribble la défense majorquine côté droit et centre en retrait pour Sneijder qui marque sans opposition.
Avant la mi-temps, Cannavaro dévie – avec le bras– un centre de Varela. Main involontaire, certes, mais l’Italien est coutumier du fait: le bras fait barrage, à trente centimètres du corps, permettant de couvrir un l’espace que le corps ne couvre pas. Là encore, question d’interprétation, mais les supporters et les joueurs de Majorque se sentent floués.

En deuxième période, Le Real disparaît du match. Pour aider ses adversaires, Sergio Ramos prend un deuxième carton jaune injuste, et Schuster fait rentrer Diarra en défense centrale, car “c’était le seul qui s’échauffait”. Le Malien sème le chaos dans ses propres rangs, et Majorque n’a besoin que de trois minutes pour égaliser: Borja Valero, lancé dans l’axe par Arango, marque d’une frappe enroulée qui termine en pleine lucarne.
La rentrée de Torres, pour le Real permet de stabiliser la défense. Güiza, dans les dernières minutes, dispose de la balle de match: seul à deux mètres du but, l’attaquant mallorquín tope sa reprise qui termine sur la barre. Le Real sauve un point, et peut être le titre.





La poursuite à reculons

Flambant dauphin, Villarreal se déplaçait à Séville, chez un adversaire qui rêve encore de Ligue des champions. Malgré son erreur tactique contre le Real au Bernabeu, Manolo Jiménez a de nouveau improvisé en passant à une organisation en 4-2-3-1, titularisant Luis Fabiano en attaque, avec Renato en soutien.

Pari gagnant. Sur la pelouse, Séville a offert une prestation solide, dominant copieusement Villarreal (2-0), sous la baguette d’un Dani Alvés impérial et en exploitant les coups de boutoir de Capel et Navas. Après vingt minutes de jeu, Luis Fabiano ouvre le score sur une balle en profondeur de Alvés. Quant à Fabiano, face au but, il conserve, semaine après semaine, une efficacité remarquable.
Après une première mi-temps à l’avantage des Andalous, les hommes de Manolo Jímenez accroissent leur domination. Et même si Villarreal se crée une occasion franche, la supériorité sévillane finit par s’imposer. Dans les dernières minutes du match, Jésus Navas, fauché dans la surface, donne à Frédéric Kanouté l’occasion de mettre les siens à l’abri.



gaceta32_1.jpgLes poteaux ne sont pas toujours des amis

La crise couve à Can Barça. Pour la réception de Getafe, le Camp Nou attendait de pied ferme ses joueurs. Le faux-pas du Real devait permettre d’étalonner l’ambition des Blaugranas dans la lutte pour le titre après une victoire difficile contre Schalke et au moment de rencontrer l’autre européen de la Liga, Getafe – auteur d’un match nul méritoire à Munich face au Bayern, trois jours plus tôt.

La flamme s'éteint
Le Barça a tout tenté, pour ne récolter qu’un douloureux match nul (0-0). Et même si les attaquants ont envoyé trois tirs sur le poteau, ce match aux accents de test qui permet de révéler un candidat au titre, a démontré que les Barcelonais ne sont candidats à rien. La flamme s’éteint, peu à peu. Oubliées, les victoires épiques arrachées à la dernière minute: le Barça ne peut plus faire d’un bourbier le socle d’un triomphe.
Getafe, mis à part deux frappes isolées, a été transparent au long de cette rencontre dont il a récolté un point inespéré. S'ajoutant à la fatigue consécutive au rendez-vous de Munich, les banlieusards madrilènes ont vu successivement Pablo Hernández, puis Mario se blesser avant la mi-temps. En deuxième mi-temps, c’est Belenguer, le capitaine azulón, qui dût abandonner ses partenaires pour les mêmes raisons. Mais les joueurs de Laudrup ont conservé le score, avec autant de hargne que de réussite.

En fin de match, le Camp Nou a esquissé une pañolada importante. Pas une première sous l’ère Laporta, mais la première, oui, depuis près de quatre ans. Et pourtant, si le résultat n’a pas récompensé le Barça, les joueurs de Rijkaard ont tenté de forcer le destin. Sans rien obtenir. Alors, ne reste plus qu’à repousser la fin de saison. Jusqu’aux demi-finales de Ligue des champions peut être, ou jusqu’au Clásico de la 36e journée.






Football à set

Dans la lutte pour la quatrième place, l’Atlético a remporté une victoire salutaire, profitant du faux-pas de Santander à domicile (1-3, contre le Deportivo). Pour le Día del Niño, que l’Atlético célèbre par l’entrée gratuite pour les moins de douze ans, les joueurs rojiblancos  en ont mis plein les yeux de leurs jeunes admirateurs, avec une victoire 6-3 contre Almería et un scénario digne du football de leurs arrière-grands-parents.

Agüero pour le Kun de grâce
Un match délirant : 2-0 après cinq minutes de jeu pour les Madrilènes, grâce à Antonio López et Forlán, face à un Almería déjà réduit à dix. Les visiteurs reviennent pourtant au score: une première fois (2-2, à la 17e minute), puis une deuxième fois (3-3, 36e minute). Juste avant la mi-temps, le match plie définitivement: Juanito est expulsé, laissant Almería à neuf contre onze. Simao, dans les dernières secondes de la première période, marque le quatrième but colchonero
En deuxième période, Agüero se charge d’achever le travail. Un doublé, comme à la parade, et une victoire importante. Les Madrilènes ont repris trois points sur le Racing Santander et conservent leurs cinq unités d’avance sur Séville. Mais pour positive que soit la situation de l’Atlético, elle ne doit pas masquer deux évidences: si l’Atlético veut lutter pour le titre, il lui faudra renforcer sa défense et recruter un milieu axial capable de trouver les attaquants en profondeur. Sans quoi, l’Atleti risque de passer à côté de ses meilleures années.






Basques au vent

Si les écarts entre les équipes de la zone UEFA et les premiers pensionnaires du ventre mou se réduisent grâce à la baisse de régime de l’Espanyol, il est tout de même difficile d’envisager que l’Athletic Bilbao (vainqueur de l’Espanyol, 1-0 à San Mamés) ou Almería puissent prétendre à une qualification européenne. Consolation, ces deux équipes ne semblent plus être concernées par la relégation.

Derrière cette tête de pont, le Betis, Majorque (41 points chacun), Getafe et le Deportivo (40 points) semblent également en passe de se sauver. En revanche, derrière ces quatre équipes, Valence commence à donner de très inquiétants signes de faiblesse. Les joueurs de Koeman sont allés perdre à Murcie (1-0), actuellement relégable.



gaceta32_3.jpgLe malade imaginaire (Acte III)

Blessé pour six semaines, Ronaldinho a terminé sa saison, ce qui lui permettra de se préparer tranquillement pour les JO de Pékin, auxquels le Brésilien a fait acte de candidature dès l’an dernier. La blessure du Gaucho n'en est pas moins entourée de mystère et de polémique.
Mystère, car au cours de l’entraînement de jeudi, aucune des nombreuses caméras présentes n’a pu remarquer à quel moment elle est survenue. Polémique, car la presse se demande si les médecins du Barça n’ont pas caché l’état de santé réel du joueur pendant plusieurs semaines. C’est en tout cas ce que plusieurs radios barcelonaises insinuaient dans les heures suivant l’annonce de la blessure de Ronaldinho.

Les toubibs du Barça ont donc tenu une conférence de presse pour nier toute opacité ou manipulation des informations concernant la santé du Gaucho. Seule certitude, il a demandé à effectuer une partie de sa convalescence au Brésil.
Quant à savoir si on le reverra sous le maillot du Barça, tout indique que non. À l’offre de Fenerbahçe s’est ajouté l’intérêt officiel du Milan AC, par la voix de Silvio Berlusconi et Carlo Ancelotti. Ronaldinho devra probablement montrer publiquement son désir de rejoindre Milan, afin que les dirigeants lombards recrutent le joueur à moindre frais. Le feuilleton de l’été est prêt.



gaceta32_4.jpgEn coupe déréglée

Difficile de vivre une semaine sans que la merveilleuse Real Federación Española de Futbol (RFEF) ne vienne pourrir l’ambiance. Voilà dix jours, elle proposait – sans rire – la tenue de Betis-Barça au stade Vicente Calderón de Madrid, le jour même d’un Real Madrid-Séville, au stade Santiago Bernabeu, distant d’une petite quinzaine de stations de métro (avec changement à Alonso Mártinez).
Cette semaine, la fédération récidive avec une idée qui – sans doute – peut aspirer au titre de la Spirale intercontinentale du truc incompréhensible. Le mercredi 16 avril prochain doit se tenir, au stade Vicente Calderón, la finale de la Coupe du Roi, entre Valence et Getafe. Conscients de l’importance de la récupération pour préparer cet évènement, Valence a sollicité le droit de jouer le samedi 12 en championnat. La RFEF, dans un élan magnanime, a donc décidé de transiger et d'avancer le match de Valence, tout comme celui de Getafe.

48 heures
Problème : contrairement à Valence, le club de la banlieue de Madrid n’a pas eu le privilège d’être éliminé sans gloire de la Coupe d’Europe. Et le jeudi 10, c’est le Bayern de Munich qui se présente au Coliseum pour le match retour des quarts de finale de la coupe de l’UEFA. Difficile, par conséquent, pour les joueurs azulones, de jouer le samedi avec moins de 48 heures entre les deux matches.
Le président de Getafe a donc proposé la solution suivante : aligner l’équipe junior pour le match de Liga. Mais l’adversaire s’appelle Saragosse, qui est à la lutte avec plusieurs autres équipes pour le maintien. Et l’idée – évidemment – ne plait pas particulièrement aux adversaires directs des Maños, qui craignent que le championnat ne soit faussé. Et voilà comment, une décision prise après deux secondes de réflexion provoque un tollé durant deux semaines.
Comme d’habitude, il faut s’attendre à une longue série de menaces, rebondissements et autres situations comiques d’ici à ce que la RFEF, en catastrophe, résolve la situation. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?



Le prix Lionel Jospin du “gars qui ne sait pas quoi faire de ses soirées”

Décerné au taggueur anonyme de Barcelone et Sitges, dont les œuvres ont retenu pendant trente secondes l’attention de tous les médias espagnols. Un tag sur le mur de Johan Cruyff, un autre face au Camp Nou, demandant la venue immédiate de Mourinho et la démission de Laporta. Dans la reprise des informations, les médias n’ont pas jugé utile de remarquer que les deux tags ont été écrits de la même main.



Le prix Fabio Capello & Mark Van Bommel du bras d’honneur

Décerné à Javier Clemente, qui – avant de se déplacer au Santiago Bernabeu – ressort sa boîte à souvenirs: “Au Bernabeu, je m’amuse vraiment. C’est le stade où l’on entend le plus d’imbécillités. Les gens placés derrière le banc de touche sont très mal élevés et complètement incultes”.



Ils ont dit

• “Así gana el Madrid… Majorque a repris ce vieux refrain au vu du vol perpétré par Daúden Ibañez. Les Madrilènes ont pris un point grâce à un arbitrage honteux. (…) Il a annulé un but valable, a fermé les yeux sur le penalty de Cannavaro et provoqué un scandale” – Joan Pi (Sport).

• “L’arbitre n’a pas été bon, et nous non plus”–  Gregorio Manzano, entraîneur de Majorque, déçu du match nul obtenu face au Real.

“C’est ainsi que je me retrouve, deux heures après le match, avec une tête d’ahuri, face à mon écran, incapable de commencer le récit du 6-3 du Calderón. L’Atléti vaccine de beaucoup de maladies: mais il est toujours capable de surpasser. Les habituels 4-3 ou 3-4 de cette saison sont autant de plaisantes après-midi pour retraités, en comparaison des inoubliables péripéties auxquelles Almería a participé” – Alberto Barbero (Marca).



Les chiffres

24 min et 48 secondes. Durée moyenne s’écoulant entre deux arrêts d’Iker Casillas. Pour la cinquième saison consécutive, le portier madrilène aura sans doute les honneurs de la première place du classement du “gardien le plus bombardé de la Liga”.

54. Depuis 54 ans, jamais match de Liga n’avait offert sept buts au cours de sa première mi-temps. Il faut donc remonter à la saison 1953-1954, au cours de laquelle le Barça, à la mi-temps d’un match contre Valladolid, menait 7-0 à la mi-temps d’icelui.

68. Nombre de buts inscrits par Diego Forlán en Liga. Ce total respectable fait de lui le joueur uruguayen le plus prolifique de l’histoire du championnat espagnol. En inscrivant sur penalty le deuxième but de l’Atletico, Forlán a effacé des tablettes José Luis Zalazar.



L'équipe type de la 31e journée

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L'équipe pauvre type de la 31e journée

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Ces sélections sont établies sur la mauvaise foi des classements de la presse madrilène (AS et Marca, qui notent sur 4) et catalane (Sport, qui note sur 10) pour 50% de la note finale chacune.
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