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Antoine Faye

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Ligue des champions : on ferme !

Gaceta de la Liga - Jornada 27

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clasificacion_27.jpgLes résultats

Mallorca 7-1 Recreativo
Racing 3-0 Betis
Athletic 2-0 Valladolid
Real Madrid 2-1 Espanyol
Sevilla 2-1 Levante
Zaragoza 2-1 Atlético
Osasuna 2-1 Almería
Valencia 2-2 Deportivo
Barcelona 1-2 Villarreal
Murcia 0-3 Getafe



Madrid fête les deux Raúl

Dans son match en éclaireur, le Barça ne jouant que le lendemain, le Real de Madrid a mis fin à la fébrilité régnant en son sein, née de l’élimination prématurée en Ligue des champions. Les spectateurs du Santiago-Bernabeu, qui ont réservé un accueil sifflant à leurs joueurs, se sont consolés avec le retour du célèbre triptyque madrilène version Bernd Schuster: victoire étriquée, match ennuyeux et trois points.

Higuain au billard
L’Espanyol était pourtant arrivé plein de bonnes intentions. Les joueurs d'Ernesto Valverde se sont montrés les plus dangereux dans les premiers instants du match, ouvrant le score sur leur troisième occasion, suite à une action 100% ex-madrilène. De l’aile gauche, Luis García expédie un long centre pour la tête de Valdo, tout seul au second poteau et qui marque sans opposition. Le genre d’action qui devrait inspirer à Ramon Calderón des clauses spécifiques dans les contrats des joueurs quittant le club.
Le temps d’essuyer quelques sifflets et le Real revient dans le match. Sur un coup franc venu de la gauche, Higuaín gagne une partie de billard acharnée le mettant aux prises avec Kameni, son poteau, le hasard et la chance. Le Franco-argentin égalise, du genou, juste avant la mi-temps.

En deuxième mi-temps, le Santiago-Bernabeu réserve deux ovations: la première à l’adresse de Raúl Tamudo, remercié pour ses bons et loyaux services lors du derby catalan de la saison dernière, la seconde pour Raúl, le capitaine madrilène, qui – une fois de plus – emporte le match à lui tout seul. Cherchant le duel dans la surface, le 7 merengue récolte un penalty qu’il transforme en prenant Kameni à contre-pied. C’est le 200e but de Raúl en Liga.





Barcelona orphelin de Messi

Sans le savoir, le Real venait de faire un nouveau break sur le Barça. “Sans Messi, il n’y a ni Barça, ni Liga”, soulignait lundi matin, le quotidien Mundo Deportivo. Un résumé simple et clair de la situation… car les Catalans ont perdu leur sens du jeu et leur créativité, et ont systématiquement buté sur un Villarreal très bien organisé.

Le Barça de cette 27e journée a même cruellement rappelé l’équipe qui s’était inclinée contre le Real de Madrid. Entre la menace de pluie, l’absence de Messi et les élections, le Camp Nou a connu sa plus faible affluence de la saison, malgré la réception de son poursuivant direct.
La torpeur des tribunes a rapidement gagné l’équipe locale, dont le jeu est vite devenu inoffensif par manque de confiance et de créativité. Seul Iniesta, sur quelques actions isolées, a semblé capable de perturber l’organisation du sous-marin jaune.

Rafale de cartons
Villarreal a opposé à ses hôtes une grande maîtrise collective, les tenant à sa merci pendant les quatre-vingt dix minutes, ou presque, après avoir pris les devants sur un penalty transformé par Guille Franco. En deuxième période, Xavi ponctue victorieusement une action brillante d'Iniesta pour remettre les deux équipes à égalité.
S’ensuit un gros pressing blaugrana et une farandole de cartons jaunes (quatre cartons et l’expulsion du délégué du Barça en cinq minutes chrono). Retombant dans sa torpeur, le match revient finalement à celui qui le méritait le plus. Villarreal, comme à la parade, reprend l’avantage: Cazorla lance intelligemment Eguren qui sert idéalement Tomasson pour son doublé.

Le match devient un long chemin de croix pour le Barça qui voit l’arbitre refuser l’égalisation à Eto’o (hors-jeu), et Ronaldinho envoyer une frappe sur le poteau. Les Catalans se consoleront en observant que, sans une erreur de Undiano Mallenco, Villarreal aurait inscrit un troisième but parfaitement valable.
La Liga n’est certes pas terminée, mais l'éventualité du titre paraît s’éloigner de nouveau.





Nouvelle donne pour l'Europe

La bonne opération de Villarreal est complète puisque son principal concurrent pour la qualification en Ligue des champions, l’Atlético, s’est incliné à Saragosse (2-1). Habitués aux performances en dents-de-scie – une marque de fabrique tout au long de l’histoire du club colchonero – les Madrilènes ont condensé leurs vices et leurs vertus.
La première mi-temps est marquée par un joli but de Simao et par l’égalisation, grâce un but contre son camp de Pablo – dans un mauvais jour. Après la pause, les hommes d’Aguirre sont dépassés par les joueurs maños, pourtant orphelins de Javier Irureta.

Cette défaite donne un peu plus de sel à la lutte pour l’Europe, qui connaît un important resserrement ces dernières semaines. De déconvenues en corrections, de déroutes en débandades, l’Espanyol et l’Atlético ont permis aux poursuivants de recoller. C’est ainsi que “l’autre club de Barcelone”, reparti défait de Madrid, glisse à la septième place, c'est-à-dire hors des places qualificatives pour l'Europe.

Pour l’UEFA, on trouve toujours les deux mêmes candidats, que personne n’attendait là. Le Racing a dynamité un Betis (3-0) rapidement réduit à dix. Les Cantabriques, entraînés par Marcelino (dont les résultats, l’an dernier à Huelva, étaient déjà exceptionnels), sont en passe de battre tous les records du club. Séville, en revanche, a souffert pour battre Levante (2-1).



gaceta_sanmames.jpgUn silence de cathédrale

L'assassinat d'Isaías Carrasco, samedi, victime présumée de l’ETA, a suscité une réaction du monde du football. L’ensemble des stades de Liga a ainsi respecté une minute de silence en sa mémoire. Pour la première fois dans toute son histoire, l’Athletic Bilbao s’est joint au mouvement, demandant au public de la Cathédrale de San-Mamés de garder le silence en mémoire d’une victime attribuée à l'organisation séparatiste basque.

Au final, il n’y a pas eu de vrai silence, ni de minute complète. Une partie des supporters radicaux de l’Athletic Bilbao – attachée à l’idéologie abertzale –  ont exhibé des pancartes demandant le rapatriement des prisonniers nationalistes basques disséminés dans toute la péninsule.
Mais les dirigeants de l’Athletic ont été au bout de leur démarche. Ceux d’Osasuna, afin d’éviter des incidents avec des secteurs radicaux de leur public, ont finalement préféré ne pas s’y risquer.



Clemente à l'eau


On le voyait déjà s’exiler en Iran, s’installer à Téhéran et satisfaire aux coutumes locales… Javier Clemente a finalement échappé à son destin iranien, en troquant la Perse pour Murcie. Les Andalous, englués en 19e position du classement de la Liga, paraissent mûrs pour la Segunda.
Ces dernières semaines, l’équipe s’est montrée désarticulée et manque d’individualités pour enrayer le naufrage collectif… Après avoir longtemps attendu, les dirigeants murcians ont finalement opté pour l’électrochoc de la dernière chance, en demandant à Javier Clemente, de sauver les meubles.

Doctor ès “mission suicide dans les opération de maintien”, le Basque a vite compris l’ampleur de la tâche qui l’attend: “En jouant comme ça, on y va tout droit”, a-t-il commenté après son premier match sur le banc. À défaut de résultats, on pourra toujours lui reconnaître le mérite de la lucidité.



gaceta_soler.jpgValence se consolera

Juan Soler s’en est allé. Après quelques années d’un règne chaotique qui a brisé la progression du club, le président Valencien a fini par jeter l’éponge. Président, mais aussi actionnaire majoritaire, il a justifié sa démission par des problèmes de santé, qui n’ont toutefois rien de bien nouveau. Et s’il reconnaît des erreurs, il n’exprime pas de remords particulier…

Malgré le discours, restent des faits difficiles à contester. À son arrivée, Valence est une des équipes les plus en vue de la scène européenne. Sous la direction de Rafael Benitez, les che ont remporté la Liga et la Coupe de l’UEFA. Aujourd’hui, Valence n’est plus capable de rivaliser avec l’élite espagnole. Témoin en est la ribambelle de notables passés par le conseil d’administration ou le défilé de directeurs sportifs.
Quant à la liste des décisions incompréhensibles, elle peut sans aucun doute rivaliser avec celle du PSG version Colony Capital: on retiendra simplement l'augmentation de moitié de la masse salariale et le déficit de six millions d’euros par mois (selon AS). Peut-être est-ce pour faire oublier ces errements qu’il a fait adopter une dernière mesure très symbolique: la gratuité, pour les socios, du prochain Valence-Barça, en Coupe du Roi.

À l’heure de faire les comptes, une phrase résume l’œuvre du personnage: “Il y a très longtemps qu’on n’avait plus vu autant de joueurs du centre de formation”. Après avoir dépensé 137 millions d’euros sur le marché des transferts, dont une cinquantaine l’été dernier, il fallait oser. 



Prix Harald Schumacher

Décerné haut-le-coude à Manolo Villanova, le nouvel entraîneur de Saragosse, pour ses conceptions défensives. À la veille de la réception de l’Atleti, et interrogé sur la manière dont il fallait arrêter Agüero, l’entraîneur néophyte (mais pas jeune pour autant) a répondu simplement: “Il faut le tuer”.
Sur le terrain, la consigne était un peu moins expéditive, mais tout de même… Si l’arbitre n’a sifflé que trois fois pour réprimander le jeu dur des maños à son encontre, c’est moins par laxisme que par loi de l’avantage, qui permet au défenseur-bûcheron de taquiner les chevilles de l’attaquant une fois qu’un partenaire a reçu le ballon.



Prix Marcel Béliveau

Décerné à Ramon Calderon pour s’être laissé abuser par un acteur italien, Paolo Calabresi, demi-sosie de Nicolas Cage, mais jouant à être le vrai. Si vous ressemblez de loin à une star et dominez l’anglais de manière approximative, vous aussi pouvez vous faire offrir un maillot du Real floqué à votre nom, un autre signé par Robinho et une carte de socio du Real. Avis aux amateurs.




Prix Total Recall

Ramon Calderón, lors d’un passage à Buenos Aires a livré une de ces confessions intimes dans lesquelles se mêlent sincérité et certitudes: “Il n’y a pas de doute. Schuster continue. Ça ne dépend pas de la Liga”. L’an dernier déjà, Ramón Calderón avait assuré: “La place de Fabio Capello n’est pas du tout en danger”. Et d’ailleurs, les résultats en Liga n’ont eu aucune influence sur son futur.



Les chiffres

2. Le nombre de joueurs expulsés après le coup de sifflet final lors de Real Madrid-Espanyol. Kameni et Tamudo, plutôt énervé par les décisions du corps arbitral. Et même si Kameni a employé les formules de politesse – “Vous êtes une crapule” – cet élan d’indignation lui coûtera une suspension.

200. Les buts inscrits par Raúl en Liga. Le capitaine madrilène, pour sa quatorzième saison professionnelle, n’a plus devant lui que des légendes… À 16 buts d’Alfedo Di Stefano (216 réalisations sous le maillot madrilène) pour le classement par équipe, et à 51 de Zarra – le mythique avant-centre de Bilbao et meilleur buteur de tous les temps en Liga – pour le classement général.

300. Les matches de Liga disputés par Iker Casillas. Lancé en septembre 1999 par John Toschack, le gardien madrilène a mis du temps à faire l’unanimité au Real comme en sélection. C’est en 2002 que San Iker se couronne: il sauve le Real en finale de Ligue des champions en remplaçant Cesar, lors de la finale, avant d’enchaîner sur une Coupe du monde qui le voit remplacer au pied levé Cañizares et au cours de laquelle il qualifie l’Espagne pour les quarts de finale. Depuis, son leadership n’a plus jamais été contesté.



Ils ont écrit

• “Rijkaard suit un scénario extravagant pour composer ses onze de départ. Quand Sylvinho et Xavi se détachent en Ligue des champions, ils restent sur le banc en Liga” – José María Rodríguez (AS).

• “A ce rythme, dans cinquante ans, les fidèles du Racing Santander réciteront de tête le onze qui écrit l’¡histoire du modeste club de Cantabrie. Parler de hasard, après 27 journées, est une blague” – Tomás Campos (Marca).

“Dire que Valladolid a été meilleur quand il perdait 2-0 peut paraître bizarre, mais c’est ainsi” – Fernando Carnerero (Marca).

“Hier soir, le Barça a fonctionné par impulsions. Même de loin, ce Barça ne ressemblait ni à une équipe, ni à un bloc” – Pichi Alonso (Sport).

“Dans le jeu collectif, Thierry Henry a failli. Pour beaucoup, son crédit s’est épuisé hier” – Pichi Alonso (Sport).

“Le jeu de Henry fait de la peine : il est à des années-lumière du rendement espéré” – Josep Maria Casanovas (Sport).

“Une caractéristique essentielle de Raúl est qu’il sait mesurer ses défenseurs au millimètre. Il n’a jamais été le plus rapide, le plus fort, ni le plus habile, (…) mais son astuce est superlative. Si un défenseur commet une erreur, il est condamné” – Santiago Segurola (Marca).

“Il paraît que les Etats-Unis sont le pays des opportunités. C’est faux. C’est l’Espagne. Si Pablo va à l’Euro, alors, Manolete peut devenir Miss Univers. Si on fait une compilation des actions les plus marquantes de la saison du défenseur, il s’agira du film le plus drôle depuis ‘La Vie de Brian’” – Iñako Díaz-Guerra (AS).



L'équipe type de la 27e journée

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L'équipe pauvre type de la 27e tournée

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Ces sélections sont établies sur la mauvaise foi des classements de la presse madrilène (AS et Marca, qui notent sur 4) et catalane (Sport, qui note sur 10) pour 50% de la note finale chacune.
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