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Jamel Attal

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Quatuor massif

Fronce 98

À quel moment Bixente Lizarazu est-il devenu insupportable?
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De guerre lasse, on avait renoncé à évoquer dans la Revue de stress du numéro 43 sa dernière apparition dans le supplément "Sport & Style" de L'Équipe Magazine. Las, ces pages sur vélin à peine digérées, l'animal surgissait à nouveau sur le papier moins luxueux de l'hebdomadaire gratuit Sportweek. Toujours dans ce style d'acteur mono-expressif dont semble ne jamais se départir Bixente Lizararu, très soucieux dès que surgit un objectif. Un souci qui explique probablement cette double ride verticale constamment arborée sur son front, lui conférant cet inimitable regard pénétré.

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On se souvient du documentaire auto-filmé Merci beaucoup und au revoir que Canal+ avait produit sur sa fin de carrière à Munich (non, pas sa fin de carrière à Marseille), le montrant en train de faire sa lessive en slip, de se coiffer devant le miroir ou de baguenauder dans des pâturages philosophiques: "C’est quoi la vraie vie? Si je dois donner une image, tu vois, tu t’embarques sur un bateau, et tu as décidé d’aller à un endroit, et tant que t’es pas arrivé à cet endroit, il est pas question de rentrer, voilà, c’est un peu ça".

D'autres reportages a priori plus anecdotiques ont ensuite offert quelques chefs-d'œuvre à ce genre en soi (relire "Mi-homme, mi-planche de surf"). Et puis, en tant que consultant sur Canal+, l'ancien champion du monde a peaufiné son image en associant à ses savantes décoiffures une bande-son dans laquelle le taux de "moi je" approche celui du président de la République (en proportion inverse de l'utilité de ses analyses). Après un apéro et en plissant un peu les yeux, le téléspectateur peut même voir le monde tourner autour de Lizarazu.

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On l'aimait pourtant, le Liza footballeur de la fin du 20e siècle, bien avant qu'il ne devienne un rentier de 98 épris de grandeur océanique mais s'abaissant à allumer le sélectionneur comme les autres. Dans Sportweek, c'est le surfeur sapé qui est à l'honneur, celui qui "communie avec la nature", évidemment. Face à la mer, comme s'il attendait que l'hostie en surgisse. Les yeux tout froncés. Liza est inquiet. Liza est écologiste, il espère que la plage est bien propre.

Allez, peut-être vieillira-t-il bien, et puis on s'y fera de toute façon: l'amateur de football – comme le supporter du FC Metz, d'ailleurs – a développé un stoïcisme qui lui permet déjà de vivre avec Jean-Michel Larqué et tant d'autres tortures. Mais de grâce, Bixente, aide-nous un peu: défronce-toi.


Photos (détails) : Marcel Hartman (L'Équipe Sport & Style, décembre 2008); Pauce et Éric Chauché (Sportweek, 27 mars 2009).
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