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L'importance d'être à Constanta

France-Tunisie : les gars

Des trous d'air à l'arrière et des coups de vent devant: les Bleus évoluent dans une atmosphère instable, mais vivifiante.
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Une défense dans le vent

Mandanda se laisse prendre à angle fermé sur le but, qu'il inscrit même contre son camp. Les sélections passent et le Marseillais, sans démériter vraiment, n'en a pas profité pour prendre l'avantage sur Lloris.

Cette fois, Boumsong n'a pas laissé Abidal entrer dans le champ de la cassette de vidéosurveillance des fautes défensives: il lui a volé la vedette, avec en premier lieu une hésitation fatale sur la touche en retrait de Fanni, ne rattrapant le temps de retard volé par Jemaa avec son contrôle du coude que pour manquer son tacle. Il exercera ensuite un droit de représailles sur le buteur en le cisaillant peu après la remise en jeu, et reviendra plus tard sur le Lensois, lancé dans la surface, dans des conditions douteuses (37e). Sa deuxième mi-temps a été infiniment plus sereine.

Abidal n'a pas échappé à un match inégal, à l'image de ce retour au sprint sur Jemaa, dont il avait préparé la contre-attaque en ratant sa relance puis la balle très vite revenue (54e). Son entente avec Boumsong n'a pas progressé d'un iota, et on se demande quelle intervention de l'État pourrait restaurer la confiance des marchés dans son avenir en défense centrale.

Pas aussi souvent servi qu'il l'aurait souhaité, Clichy n'a pas non plus fait d'étincelles avec les ballons qu'il a reçus, ne confirmant pas le débordement précoce (2e) qui lui permet de délivrer un centre en retrait dans la surface. Si Boussaidi lui inflige un grand pont  cruel (10e), il n'a pas commis d'erreurs majeures sur le plan défensif même s'il lui a fallu gérer les incursions de Ben Khalfallah.

Malgré quelques maladresses, Fanni a proposé des solutions dans le couloir droit, en venant très souvent au soutien de Gourguff, Toulalan ou Ribéry. Il obtient un corner dès la 3e minute, et c'est son débordement puis son pressing qui permettent à Benzema de marquer. Le Rennais a effectué des débuts encourageants.


fra_tun_toulalan.jpg


Gourcuff et Ribéry, animateurs diplômés

Toulalan n'a pas déçu en dépit d'une influence offensive nettement moindre qu'en Roumanie. Il racle beaucoup de ballons et en fait souvent un usage intéressant. Dans l'axe, il a constitué un complément idéal pour Gourcuff (les deux hommes s'étant d'ailleurs échangé leurs numéros depuis Constanta).

Comme son acolyte, Diarra a souvent buté sur la défense tunisienne en ratant des transmissions vers l'avant en première mi-temps, mais il s'est dépensé sans compter. À défaut d'inspiration, son engagement a été précieux et il n'est pas pour rien dans l'inexorable reconquête athlétique des Bleus.

Malgré les signes d'une fatigue qui lui vaudra d'être logiquement remplacé à la pause, Ribéry a encore été indispensable pour porter le danger dans les trente derniers mètres. Il est à l'arrivée d'un solo d'Henry pour décocher une frappe du gauche en pivot, arrêtée de la main par Ghezal (12e). C'est encore lui déclenche un tir violent, toujours du gauche mais plein axe à vingt mètres, qui fuit le cadre de peu (29e). Il trouvera encore la tête d'Henry à la réception d'un centre bien ajusté (35e), mais c'est encore dans son rôle d'électron libre et d'accélérateur de particules qu'il a le plus apporté.

En retrait de ses deux dernières apparitions, Gourcuff a quand même été aussi utile qu'agréable, affirmant un peu plus son nouveau statut. Fréquemment affairé à des tâches un peu obscures, il a terminé fort la première période. Il soigne le deux de son une-deux avec Henry, le replaçant en position idéale pour marquer, puis lance Ribéry à l'issue d'un corner tunisien et enfin alerte Mathlouthi avec un coup franc lointain(40e, 43e et 44e).
Plus tard, il décale Benzema qui centre en retrait vers lui, et a le bonheur de voir sa tentative de volée arriver à Henry pour le but du 2-1. Ensuite, il assurera l'emprise bleue en touchant beaucoup de ballons. Un automne doré.


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Chassé-croisé pour Benzema et Henry


On aura tendance à ne retenir de Benzema que ses appels à contre-sens, ses dribbles avortés et ses tirs contrés à la sortie de la chaussure, en oubliant qu'il a quand même a été dans le coup de nombreuses attaques, y compris au cours d'une difficile première mi-temps. Ayant embarqué le gardien côté gauche de la surface, il tente ainsi une Pauleta sur Mathlouthi, hors cadre (33e), puis vrille complètement sa tentative du gauche en bonne position (38e).
Mais à la reprise, il participe au deuxième but des Tricolores, avec une bonne temporisation côté droit de la surface et un centre qui trouve Gourcuff (49e). Peu de temps après avoir mangé à lui tout seul un contre intéressant (53e), la réussite lui a de nouveau pleinement souri avec l'exécution impeccable de l'offrande des défenseurs tunisiens. Un but qui embellit à point nommé un bilan comptable en bleu (5 réalisations pour 18 capes) plus modeste que les ambitions qu'on lui prête. Gageons qu'il est pénalisé par une animation à laquelle il a du mal à s'adapter, et qu'il traverse simplement une période assez peu heureuse en sélection. On l'y retrouvera en meilleure posture.

Impeccable sur son premier but et opportuniste sur le second, Henry en est à son troisième match intéressant de suite, si l'on veut bien mettre entre parenthèses sa première mi-temps inconsistante en Roumanie. Ses stats ayant toujours été soignées, c'est surtout son image qu'il restaure avec ce doublé, tant le nouveau capitaine doit désormais justifier ses titularisations. Pas franchement ancré à gauche, il a pris quelques libertés, déboulant depuis l'axe à deux reprises marquantes: à la 12e minute pour servir Ribéry et surtout à la 40e pour égaliser. Ce dernier contre est canonique, mené à grande vitesse avant un relais au cordeau avec Gourcuff et un intérieur du pied sec comme une trique.


fra_tun_henry.jpg


Ben Arfa a d'abord fait des promesses, ne serait-ce qu'avec cette passe verticale et nette pour Gourcuff, qui permet au Bordelais de lancer l'action du deuxième but. Par la suite, peut-être perturbé par le contexte, il a eu tendance à jouer à l'envers, comme lors de cette récupération suivie d'un surréaliste départ en dribbles... vers le but de Mandanda. Il s'empêtre à plusieurs reprises dans ses propres pieds, et ses quelques prises de balle ne provoquent souvent rien d'autre que le bon sens. Ce joli footballeur va-t-il finir au musée des curiosités?

Entrants tardifs, Sinama-Pongolle et Briand ont permis de maintenir le jeu dans le camp tunisien en redynamisant l'attaque française. Domenech leur a réservé, comme souvent aux bizuths, une entrée en matière tout en douceur.
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