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Une Coupe du monde sous VAR

À marquer d'une croix blanche

Cette fois, ce n'est plus un concours de circonstances: en balayant la Suisse, l'équipe de France a fait la démonstration de ses forces. • Les observationsLes garsVu du forum

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Ça a commencé comme un France-Suisse, c'est-à-dire un peu comme un train de marchandises posé sur les rails de l'ennui, se dirigeant à petite vitesse vers un résultat nul: un pressing intense sur le porteur, un jeu vers l'avant limité et timoré des deux côtés. Mais assez vite, les Bleus ont démontré une capacité à récupérer le ballon et à s'approcher du but dont ne disposaient pas leurs adversaires, plaçant quelques mèches par Benzema et Cabaye. Le coffre cédait peu après, coup sur coup, accordant un avantage qui conforta la supériorité française – à peine entamée par le trio d'occasions obtenues par les Rouges avant la pause. Même l'échec sur le penalty a été rattrapé une poignée de minutes plus tard, Benzema semblant alors déchaîner les éléments dans la moitié de terrain confédérale.
 

Partie pour jouer en contre, la sélection d'Hitzfeld a été vouée à s'y faire prendre, sa domination au retour des vestiaires restant sans effet. Après l'heure de jeu, l'équipe de France égrenait un nouveau chapelet d'occasions, aggravant la marque à 5-0. Et si elle céda au relâchement dans les dix dernières minutes, celui-ci présente l'avantage de pondérer l'euphorie, et offre au sélectionneur des occasions de rappeler son groupe à la modestie.

 


 

Didier Deschamps aura aussi raffermi son autorité en voyant ses choix tactiques et de personnes récompensés, d'impressionnante façon, par le résultat. Ses deux titulaires surprise ont marqué, ce que l'on peut aussi dire des cinq joueurs les plus offensifs – puisqu'il faut bien compter Matuidi et Sissoko parmi eux. La formation qui en avait déjà passé huit à la Jamaïque a récidivé, indiquant un potentiel offensif que peu d'autres équipes ont montré jusqu'à présent, ainsi que la variété inattendue de ses ressources.
 

Il n'est pas dit que l'équipe de France ira très loin dans cette Coupe du monde. On a déjà vu, pour de belles équipes, des premiers tours euphoriques suivis de sèches désillusions. Mais les choses peuvent difficilement se présenter mieux pour celle-ci, qui entretient la flamme de novembre et s'inscrit dans l'élan de sa préparation, engrange de la confiance tout en continuant d'apprendre… et surtout de se révéler à elle-même au fil de la compétition.
 

 

 

 

 

Les observations en vrac

Le football est enfin vengé des précédents France-Suisse.


5-2, ça commémore bien la Coupe du monde 58.
 

Cabaye a encore plus raté le penalty de Benzema que Benzema.
 

Le réalisateur n'a même pas eu le temps de remettre le chrono avant le but de Matuidi. Il aurait quand même pu nous montrer l'engagement précédent au lieu d'exhiber la coupe de cheveux embarrassante de Giroud.
 

D'ailleurs, les mecs, le monde entier vous regarde, alors si vous pouviez arrêter vos conneries.
 

La médiocrité de la réalisation télé devient vraiment spectaculaire.
 

La fête n’aurait pas été complète sans une petite connerie de Koscielny.

 

 

 
 

 

 

Les gars


Une double parade face à Mehmedi et Shaqiri alors que le score était de 2-0 (30e), une bonne sortie au devant du premier (64e): Lloris a été efficace au moment où il le fallait, sans devoir s'employer dans les airs. Trahi par son mur sur le premier but suisse, il ne peut pas grand-chose sur le second.
 


Évra a fait de ce Mondial une question d'honneur. Cela implique de faire le spectacle en conférence de presse, nettement moins sur le terrain. Il avait dit devant les médias ne pas savoir pourquoi il n'était pas capitaine, mais à le voir garder le masque lors de la célébration du deuxième but et remettre ses coéquipiers dans le match, on comprend qu'il l'est officieusement. Il aurait pu marquer d'un extérieur sur un service de Cabaye (72e). Bon, il est resté très spectateur de l'appel de Xhaka sur le but de celui-ci.
 

Un apport offensif consistant, des lacunes dans le placement: les matches de Debuchy ont le mérite d'une certaine constance, mais la présence de Sissoko a permis de sécuriser son couloir et son profil convient bien à une équipe qui veut aller de l'avant. Un tacle important sur Shaqiri (30e), une distraction coupable quand il couvre Xhaka.
 

La contribution de Sakho ne s'évalue pas par la somme de ses gestes sur le terrain, même si son tacle à la Marcel et à la limite (47e) lui vaudrait plusieurs points. Il se blesse au moment de se faire déborder par Lichtsteiner, au terme d'une action suisse amorcée par une mauvaise relance de sa part, et conclue par une très nette occasion de Mehmedi (64e): un mauvais karma dont l'IRM mesurera mieux l'ampleur.
 

Varane a eu le loisir de rester discret, hormis un bon sauvetage de la tête sur un coup franc excentré (70e), dégageant une belle impression de sûreté. Il accomplit l'ouverture, impeccable, qui envoie Giroud sur le chemin du but de Valbuena.
 


Les frappes de Cabaye finiront par trouver le cadre, mieux que sa reprise après le penalty repoussé, qu'il expédie sur la barre (32e). Il a évolué, sans forcément beaucoup de brio, comme un point d'ancrage et un métronome. On peut voir son jaune de fin de rencontre comme une façon de souffler contre l'Équateur, et de purger son compteur avant le huitième de finale.
 

L'attirance de Matuidi pour le but tourne à la passion. Clé de voûte voutée, il a fait mal dans l'entrejeu et ses projections vers l'avant se font toujours plus haut. Il donne aussi une impulsion décisive sur l'action du but de Sissoko (73e) avant de se heurter à Benaglio à l'arrivée d'une pénétration en pleine surface (77e).
 

Sissoko a joliment justifié sa titularisation en emboutissant avec constance le premier rideau suisse et surtout en marquant le cinquième but d'une impeccable frappe croisée. Il avait bien préparé le quatrième en servant Pogba après avoir fait le ménage sur un côté où il a régné, et d'où il servit aussi Valbuena au terme d'un débordement (76e).
 

 

 


Un peu plus discret qu'au cours de ses dernières apparitions, Valbuena a parfaitement exécuté le corner de l'ouverture du score et connu une très bonne période à l'heure de jeu. Il a disposé d'une belle occasion sur un centre de Sissoko, mais tire trop sur Benaglio pour s'offrir un doublé (76e).
 

Une frappe enroulée pour commencer (6e), un maraudage qui provoque le corner de l'ouverture du score (16e), une anticipation-interception enchaînée par une passe décisive pour le 2-0 (18e): Benzema est vite parti pour faire un grand match qui sera à peine contrarié – c'est dire –, par un penalty raté et un but refusé pour un coup de sifflet final cruellement précoce. Qu'il ait évolué en décrochage, sur toute la largeur de l'attaque ou en orchestrateur de contres, il a été un meneur offensif d'une redoutable justesse, auteur des deux passes décisives pour Matuidi et Sissoko. Son but a une nouvelle fois témoigné de son exceptionnelle coordination.
 

Remises, jeu de tête : Giroud a d'abord excellé dans le registre attendu de lui, contribuant significativement à la victoire tactique de son sélectionneur – ne serait-ce qu'en s'imposant pour l'ouverture du score. Cette fois, sa complémentarité avec Benzema n'a pas fait de doute: tous deux ont composé une attaque redoutable, aux armes variées. Le Gunner n'a pas seulement récité ses gammes, comme le prouve l'exécution du contre sur le but de Valbuena, auquel il délivre un centre idéal.


Koscielny n'a pas eu une entrée des plus heureuses: il concède le coup franc du premier but suisse avec une faute évitable, et est lobé par la passe décisive du second. Pogba, qui a remplacé Giroud, est venu se placer côté droit dans un rôle assez libre qui lui a permis, d'un extérieur de velours, de servir Benzema pour la juste récompense de ce dernier. En une dizaine de minutes, Griezmann a surtout vu les Suisses revenir deux fois au score.

 

 

 

Vu du forum


=>> Jean-Manuel Testris(te)
- 21:13
Senderos et Djourou. Wenger flippe un max avant de se rendre compte que les rouges, c'est pas Arsenal.
 

=>> Cush - 21:44
3-0 à la mi-temps contre la Suisse, le stade dominé par les chants des supporters français, Évra solide en défense... si ça se trouve à l'heure qu'il est, Sepp Blatter a des réserves morales sur sa gestion de la FIFA.
 

=>> Pascal Amateur - 21:56
À la lumière de cette première mi-temps, on peut donc raisonnablement penser que le foot suisse n’a aucun avenir.
 

=>> Mevatlav Ekraspeck - 22:02
Mettre une valise aux Suisses, fiscalement, c'est suspect...
 

=>> Gouffran direct - 22:06
Apoula Édelweiss sur le 2e but ça fait mal quand même.
 

=>> Josip R.O.G.
France: 5 Classement FIFA: 0
 

=>> Red Tsar - 23:15
On a fêté les 500 ans de Marignan un peu en avance...
 

=>> tatayé - 23h43
Benzema: trois buts selon les forces de l'ordre, cinq selon les manifestants.
 

=>> Tonton Danijel - 23h49
Non mais relativisons un peu les mecs. Cette équipe était une équipe très faible, managé par un sélectionneur qui n'a que deux ligues des champions à son palmarès. Non, vraiment, j'attends qu'on batte une vraie sélection, type Espagne ou Angleterre, pour vraiment m'enflammer.
 

=>> Mama, Rama & Papa Yade - 23h58
Pour le moment, la coupe du monde de Karim Benzema est un savant dosage entre Terminator et Pierre Richard.
 

=>> Coach Potato - 00h16
Le match des coiffeurs me fait peur. À cause des coiffures, justement.

 

 

 

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