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Pierre Martini

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Dugarry vers sa rédemption?

France-Portugal: aussi beau qu'on l'espérait

"Mille fois mérité", avait tonné Aimé Jacquet au terme du quart de finale de 1998 contre l'Italie. Cela doit faire dix mille pour cette demi-finale qui a tenu toutes ses promesses et soutenu une intensité dramatique et technique hors du commun. Lorsque le jeu, l'enjeu et la victoire sont réunis, c'est le bonheur, non?

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La seule confirmation au coup d'envoi est que décidément les Bleus passent d'un système à l'autre, avec le retour du 4-3-1-2 qui semblait avoir les faveurs en début de tournoi mais s'était un peu éclipsé entre-temps. Deux pointes donc devant Zidane, Henry et Anelka dont le duo n'avait plus été reconstitué depuis le match contre les Tchèques.

 

S'agissait-il d'un choix tactique effectué en fonction de l'adversaire ou des enseignements d'un France-Espagne durant lequel l'animation offensive avait été un peu limitée? Dans cette option de toute façon, pas besoin d'un Djoker. Youri reste sur le banc, ce qui constitue une petite surprise car ses coups de force (comme ses deux derniers merveilleux éclairs) lui assurent d'habitude de retrouver toujours sa place de titulaire, comme un chat retombe sur ses pattes.

 

Mais Roger Lemerre affirme beaucoup plus de personnalité que ne lui en prêtaient les analystes autorisés, ajuste en permanence son milieu et utilise toutes les ressources de son secteur offensif. Lors des deux dernières prestations, on aura ainsi vu défiler sur la scène de l'attaque Henry, Djorkaeff, Dugarry, Trezeguet et Wiltord…


En attendant, en cette première mi-temps, après une période de rodage raccourcie, les Bleus maîtrisent le jeu comme jamais depuis le 11 juin, avec pour toute récompense un coup de poignard chanceux de Nuno Gomes et une angoisse tenace qui durera quelque temps.

 

En seconde période, la belle domination se poursuit et se dote de plus d'occasions jusqu'à ce remarquable travail d'Anelka, conclu par le tir d'Henry qui semble enfin ôter tout le poids de nos épaules.

 

Car ensuite, l'équipe de France réussit à monter encore en régime et pendant 20 minutes elle offre tout simplement un des plus beaux visages de son histoire, tandis que son adversaire remplit sa valise de cartons (jaunes). Un but doit forcément couronner une telle supériorité, et on l'imagine vainement venir de l'un des innombrables corners obtenus.

 

Mais à dix minutes de la fin du temps réglementaire les Portugais – avec un Fabio Conceiçao déchaîné, un Figo toujours au bord de faire la différence et un Abel Javier qui place une ultime tête dorée mais pas en or – anticipent sur l'ouverture de la chasse au but qui tue. Et au début de la prolongation, la souffrance s'accentue avec la menace du couperet…


On connaît la suite et l'inattendu mais si logique dénouement. Roger Lemerre est peut-être chanceux, mais son coaching semble presque toujours faire mouche. Cette fois ce sont Trezeguet et Wiltord qui vont créer la balle de match et l'offrir à Zidane. Même la rentrée de Pirès a été une réussite qui vient s'ajouter à une longue liste de remplacements heureux.


Au bilan, un match exceptionnel qui restera autant pour la qualité de l'affrontement que pour sa conclusion cruelle. Le Portugal quitte plus que dignement un Euro qu'il aura illuminé de sa classe. Peut-être aurait-il dû donner un plus libre cours à ses qualités au lieu de laisser la possession de la balle à son opposant, mais cette stratégie a bien failli réussir, alors…

 

Un peu fatigués par un nouveau match très intense et prolongé, mais avec l'avantage d'un jour de repos supplémentaire, les Bleus se présenteront dimanche sans joueurs blessés ni suspendus, avec toutes leurs certitudes de champions du monde et celles d'un parcours ardu mais poursuivi avec une abnégation et une maîtrise exemplaire. Nous ne rêvons pas, ils sont à nouveau en finale…

 

PS: Jamel, qui a quelques obsessions, me demande de joindre ce commentaire.

Didier Roustan est vraiment un exemple formidable des journalistes qui prennent leurs impressions de spectateur pour un verdict d'expert et se croient obligés de dénigrer pour se poser en sages. A peine quelques minutes après la lucarne de Zizou, sur L'Equipe TV, il remet le couvert sur le caractère trop timoré de l'équipe de France, comme si le débat s'imposait au vu d'un tel match. Mais lui a trouvé que les Bleus "n'étaient pas conquérants" dans la première demi-heure et que le match a totalement basculé en seconde période, ce qui revient vraiment à confondre le score et la physionomie de la rencontre. "Ça manque un peu de fluidité", "On joue tout sur Zidane", chipote encore notre spécialiste de la fine bouche, qui prend bien peu de plaisir avec cette équipe de France.

 

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